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    Banyan Tree choisit le Maroc pour sa stabilité

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:4864 Le 27/09/2016 | Partager
    Un 1er resort avec 92 villas et piscine ouvert depuis quelques semaines à Tétouan
    Il ciblera les clients européens mais aussi ceux venant d’Asie
    Le groupe est intéressé par Casablanca, Marrakech devra attendre
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    «Tamouda Bay n’est pas encore entièrement développée ni surpeuplée, il s’agit d’une destination émergente, une caractéristique que nous apprécions à Banyan Tree. Généralement, nous aimons être parmi les premiers et non des suiveurs»  indique Ho Kwon Ping le fondateur de Banyan Tree (Ph. BT)

    - L’Economiste: Le Banyan Tree Tamouda Bay est votre premier hôtel en Afrique du Nord. Qu'est-ce qui a motivé votre choix pour le Maroc?
    - Ho Kwon Ping:
    Nous avons choisi ce pays d’abord pour sa stabilité. D’autres destinations sont comparables, mais aucune n’est aussi stable que le Maroc. Une autre raison est que cette région, Tamouda Bay, n’est pas encore entièrement développée ni surpeuplée, il s’agit d’une destination émergente, une caractéristique que nous apprécions à Banyan Tree. Généralement, nous aimons être parmi les premiers et non des suiveurs.
    De plus en plus, les gens aiment le tourisme d’expérience et n’aiment plus bronzer idiot. Nos hôtes ont besoin de vivre des expériences. Et pour cela, il faut une destination, un pays avec de la culture et de l’histoire.
    Au Maroc nous avons été émerveillés non seulement par la beauté de la nature mais aussi la culture locale comme à Tétouan ou Chefchaouen par exemple. C’est grâce à tous ces éléments que nous considérons que c’est un bon endroit pour démarrer.

    - Tétouan et sa côte sont aussi connues pour leur forte saisonnalité, comment comptez-vous vous y attaquer?
    - La saisonnalité est une donnée qui ne va pas disparaître de sitôt. Et chez Banyan Tree, nous la voyons comme un défi à relever. Une manière de s’y attaquer est d’amener des touristes qui ne craignent pas la saisonnalité pendant la basse saison. Aux Maldives, pendant la période des pluies, les Européens ne viennent pas, mais ce sont des touristes venant des Emirats Arabes Unis qui les remplacent. Dans le cas du Maroc, je crois que le marché émetteur chinois peut être une excellente alternative. Pour ce pays, l’hiver marocain est tout à fait acceptable et si on ajoute la culture et le développement en cours des relations économiques, je crois que c’est un marché qui promet beaucoup.

    - Est-ce que cela veut dire que vous allez laisser l’Europe de côté?
    - Au contraire, l’Europe sera notre cœur de cible, nous pensons qu’elle représentera 40% de notre clientèle. Le marché local est lui aussi très important pour nous et si on part sur des cercles concentriques, les pays arabes et musulmans aussi. Pour ces pays nous croyons que l’attrait du Maroc sera important, il s’agit d’un pays musulman mais avec une forte touche de modernité comme l’est la Turquie ce qui augmente son attractivité.
    - Et concernant l’Asie, votre marché «domestique»?
    - Le marché asiatique va prendre un peu de temps. Ce ne sera pas pour demain, mais on peut être surpris de la rapidité avec laquelle il peut croître. Le marché chinois peut monter de zéro à 10% en 2 à 3 ans, et là il s’agit de gros chiffres. La Chine pourra, j’en suis sûr rentrer dans le club des 15 plus grands pays émetteurs en peu de temps.
    Il s’agit de touristes très actifs, qui, à cause de leur culture plusieurs fois millénaire, adorent l’histoire et la culture. Ils ne sont pas attirés par le soleil mais préfèrent marcher et découvrir et je suis sûr que le produit Maroc et Tamouda Bay saura les attirer.

    - Comment comptez-vous commercialiser ce concept novateur de villas individuelles dotées d'un service hôtelier?
    - Nous avons démarré par ce concept de villas car c’était pour nous la seule façon de nous démarquer. Nous aimons être différents quand il s’agit de nouvelles destinations afin de marquer l’esprit des gens. Dans ce cas, nous lançons un produit formé exclusivement de villas avec piscines qui offre ce qu’un hôtel conventionnel ne peut pas offrir. Avec ces villas nous allons attirer des familles, des personnes en quête de romantisme ou détente, un marché différent. Mais un hôtel Banyan Tree n’est pas forcément que des villas avec piscine. A Casablanca par exemple, nous installerons un city-hôtel.

    - Casablanca la métropole vous intéresse, et Marrakech?
    - A Casablanca, nous sommes à la recherche d'opportunités pour y installer un hôtel, un ‘urban resort’. A Marrakech, nous sommes déjà présents via notre enseigne Angsana. Nous y exploitons plusieurs ryads de luxe. Mais je crois que la ville est actuellement saturée, nous attendrons un peu. Marrakech a de très beaux hôtels et je crois qu’elle aura un Banyan Tree un jour. Nous sommes en pourparlers avec les propriétaires des murs sur l’éventualité de lancer de nouvelles destinations, sous la marque Banyan Tree ou d’autres. Nous avons une gamme très large et ne nous limitons pas seulement au tourisme de luxe. Nous voulons aussi lancer des unités hôtelières qui insistent sur le design et l’expérience.

    Ho Kwon Ping,  un patron hors du commun

    Ho Kwon Ping, président du groupe Banyan Tree est un personnage charismatique d’une grande amabilité et dont la modestie fait oublier qu’il est le fondateur de l’une des enseignes hôtelières les plus prestigieuses en Asie. Ancien journaliste, il manie bien le verbe et sait donner à ses phrases une tournure plus vivante, loin des concepts économiques froids et aseptisés. Il s’agit d’un véritable self made man qui est toujours accompagné de son épouse, Claire Chiang, elle-même gérante de plusieurs affaires.

    Propos recueillis par Ali ABJIOU

     

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