L'Edito

Re-branchement

Par | Edition N°:898 Le 20/11/2000 | Partager

Parfois les rapports de la Banque Mondiale sur le Maroc sont très décevants, mais ce n'est pas le cas pour celui qui vient de sortir sur le système financier.D'abord, il cesse de couper le secteur en morceaux indépendants. Au contraire, il remet ensemble les intervenants: Banque centrale, Trésor, banques, bourse. Le rapport re-branche ces intervenants les uns aux autres, tels qu'ils sont branchés de facto dans la réalité. Ce faisant, il analyse les positions, les critiques et revendications des uns envers les autres, un travail qui n'a plus été fait au Maroc depuis les grandes réformes du début des années 90.C'est un travail qui manquait beaucoup au secteur financier. C'est ainsi que, d'année en année, l'approche de la politique financière est devenue de plus en plus étroite. Chaque intervenant la voit par le petit bout de sa propre lorgnette et tente d'imposer sa vision aux autres, en passant, naturellement, par les ministres des Finances: les boursiers sont persuadés que les banquiers ont réussi à circonvenir les autorités politiques; les banquiers trouvent anormal que les ministres des Finances soutiennent la Banque centrale quand elle presse les taux d'intérêt; la Banque centrale critique la politique du Trésor, lequel soupçonne les boursiers des pires menées... et ainsi de suite!Ce n'est pas ainsi que se fabrique une politique ambitieuse. Tout au plus fabrique-t-on des défiances tenaces, voire des haines farouches, parmi lesquelles l'intérêt général est parfaitement incapable de retrouver son chemin. L'exercice de "re-branchement" réalisé par la Banque Mondiale est donc salutaire. Mais il n'aura d'effet que si les partenaires du marché financier font le même exercice et comprennent enfin qu'ils rament pour le même navire. Nadia SALAH

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