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Grèce: Un accord mais à quel prix?
Une surveillance permanente sur les comptes
Une mission de la Commission européenne campe sur le sol grec
Consolidation du partenariat maroco-grec

Grèce: Un accord mais à quel prix?

L’infographie montre les plans d’aide accordés à la Grèce et détails des tranches versées par l’UE et le FMI

   

Un accord pour la Grèce mais à des conditions presque «humiliantes»! C’est le serpent qui se mord la queue. C’est le cas de le dire puisque le plan de sauvetage conclu le 20 février par les ministres des Finances de la zone euro prévoit de renforcer la surveillance de la Grèce et d’imposer une présence permanente de la mission de la Commission européenne sur place. Objectifs: «assurer la bonne marche technique du programme et en surveiller la mise en œuvre».
La Grèce se retrouve ainsi sous quasi-tutelle. Malgré la colère de la rue, le gouvernement Papademos souhaite rassurer d’abord les investisseurs. Comment? Il se prépare à «gratter» 3,3 milliards d’euros supplémentaires dans les déficits publics à travers les budgets de l’assurance-maladie, du salaire minimum et de la défense. Et de surcroît, il a accepté une surveillance permanente de l’UE et du FMI sur ses comptes. Athènes avait toujours refusé toute tutelle européenne, mais elle a fait des concessions pour sa survie: «mise en place d’un compte budgétaire bloqué dont l’objectif est de garantir le remboursement de la dette et le paiement des intérêts». Il s’agit bien d’un gage de confiance qui expliquons-le «revient à servir les créanciers étrangers avant d’engager le moindre sou de dépense publique nationale».
Un sauvetage très cher mais consenti par les gouvernements, le FMI, la BCE ainsi que les autres banques centrales de l’euro. La Grèce aura coûté depuis vingt mois plus de 350 milliards d’euros à l’UE, aux banques et aux institutions internationales. Un montant qui intègre toute assistance, remise de dettes et contribution confondues.
L’aide européenne d’un montant d’au moins 130 milliards d’euros, affiche des appétits plus sobres que le 1er plan de 110 milliards présenté en 2010, mais elle ne garantit pas un allègement du fardeau de la dette (120% du PIB en 2020). Bref, certains économistes n’attendent pas que  ce nouveau plan de renflouement règle tous les problèmes économiques grecs mais il faudra du temps pour y parvenir. «Lorsqu’on observe, ce qui est le cas en Grèce, un déficit extérieur structurel, une taille très faible de l’industrie, donc l’incapacité à rééquilibrer le commerce extérieur et à stabiliser la dette extérieure, on conclut que le pays est insolvable», explique Patrick Artus, chef économiste chez Natixis dans une récente note. «Il ne sert à rien de lui prêter davantage, puisqu’il ne peut pas rembourser ses dettes, et, dès le départ, il aurait fallu, non pas prêter plus mais annuler une large partie de la dette publique et aider la Grèce à recréer des activités et des emplois: on a fait exactement l’inverse», dit-il.
Pour l’analyste: «Que ce soit avant, pendant ou après la crise des dettes publiques de la zone euro, les mêmes insuffisances apparaissent: manque d’analyse théorique (par exemple distinction entre crise de liquidité et solvabilité, nature du Prêteur en Dernier Ressort), obstination dans des pistes inefficaces (gestion de la crise grecque) et utilisation de normes simplistes (ratios de finances publiques du traité de Maastricht ou Règle d’Or) qui se substituent à une vraie analyse macroéconomique».

Coopération

En 2011, l’économie grecque s’est contractée de 7% et devrait connaître une cinquième année consécutive de récession en 2012. Ceci dit, il fallait tout faire pour sauver la Grèce mais aussi pour éviter la contagion des faillites au Portugal, à l’Espagne ou encore à l’Italie. Le grand défi reste celui d’une large coopération. Car, les Européens sont d’abord des partenaires économiques des pays du pourtour de la Méditerranée et du Maroc.
D’où la visite du président du Parlement grec, Philippos Petsalnikos, du 19 au 22 février au Royaume. Il a eu des entretiens, lundi 20 février à Rabat, avec le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, axés sur les moyens de promouvoir les relations bilatérales dans différents domaines. Petsalnikos s’est félicité de la convergence de vues entre Rabat et Athènes concernant la conjoncture que traverse la Grèce. Et d’affirmer que «la démocratie effective, le dialogue et la coopération demeurent des conditions nécessaires pour développer les liens de partenariat entre les pays de l’Union européenne, ceux du Maghreb et de la région en général».
C’était l’occasion aussi d’aborder d’autres thématiques comme la crise financière internationale et ses répercussions sur la région, les défis que connaît le Maroc en termes d’émigration clandestine, à la sécurité et au crime transfrontalier.


F. Z. T.