Economie

Viande bovine: Un géant s’invite au Maroc

. Le Brésil présente son «Churrasco» à Rabat. Qualité et compétitivité à toute épreuve. Arrêt des importations marocaines en 2005Rien ne vaut un barbecue pour apprécier la bonne chair. Dans les règles de l’art de la braise et des convives. Surtout quand elle provient d’élevages évoluant dans des pâturages à dimension continentale. La viande est brésilienne. Et c’est l’Association des industries exportatrices de viande bovine qui est à l’origine du barbecue (fameux Churrasco) organisé samedi dernier à Rabat. Officiels, responsables de la restauration et fournisseurs des collectivités y étaient invités. L’occasion? Faire la promotion de la viande bovine auprès des décideurs et professionnels du marché de l’importation. «Ce n’est pas parce que le produit n’est pas connu au Maroc», tient à préciser Andréa Verissimo, directeur marketing de l’association. Le Brésil comptait, il y a à peine deux ans parmi les fournisseurs du Maroc en viandes rouges. Mais notre pays a dû stopper ses importations avec l’apparition au Brésil de l’épédimie de la fièvre aphteuse. Aujourd’hui, rassure Andréa Verissimo, la maladie est complètement éradiquée. Et d’autres pays, qui avaient interrompu leurs achats pour la même raison, ont repris leurs importations. On n’en veut pour preuve que la situation du marché mondial de la viande bovine. En 2006, 1Kg sur trois importés dans le monde était d’origine brésilienne. La même année ce géant de l’élevage bovin a produit 9 millions de tonnes équivalents carcasses dont 2,4 ont été exportées. C’est que les Brésiliens sont également de gros consommateurs de viande : 37 kg/habitant et par an.Les principaux importateurs sont les pays de l’UE qui absorbent le tiers des expéditions du Brésil. Ils sont suivis par la Russie, 22%, l’Egypte 11% et les Etats-Unis 8%. Le reste est consommé en Afrique et en Asie. Cette position dominante, le Brésil la doit à la compétitivité de ses produits. C’est le pays au prix de revient le plus bas parmi les grands fournisseurs de viande bovine. Le coût de production du kilo se situe entre 0, 90 et 1 dollar américain alors qu’il est de 1,30 en Argentine, 1,90 aux Etats-Unis et 3 en Irlande, selon l’association. Mais aussi à la qualité de ses produits et au réseau de fabrication et de distribution sur lequel s’appuie la filière. L’association des industries exportatrices de viande bovine est liée à 19 entreprises partenaires qui disposent de 80 usines d’abattage et de préparation. Au-delà, le Brésil est un pays à vocation d’élevage. Il dispose d’immenses pâturages couvrant 220 millions d’hectares. Cette réserve naturelle d’alimentation explique à elle seule la qualité qui distingue la viande brésilienne, maigre en graisse. L’eau ne fait pas défaut et le climat est également propice à la conduite de grands troupeaux. L’élevage brésilien est constitué de 204 millions de têtes. Il connaît une croissance soutenue: 4,4% en 2004 et 5,5% en 2005. Ce taux est tombé à 1,8% en 2006 suite à la fièvre aphteuse. C’est le plus grand troupeau du monde, dépassant l’indien et le chinois. Il est composé d’environ 80% d’animaux des races de «zébu» d’origine indienne. Ce bétail est caractérisé par sa rusticité et son adaptation aux variations du climat. La race «Nelore» y est prédominante avec 90% des bêtes d’origine indienne distribuées au long du territoire. Le bétail taurin d’origine britannique, présent aussi, est principalement concentré dans les Etats de la région du sud dont le climat ressemble beaucoup à celui de l’Europe. Les taurins de taille moyenne sont connus par leur précocité reproductive. Ils assurent une viande «d’excellente finition en terme de graisse ». Et la reproduction démarre à un âge précoce.


Et le Maroc ?

Le débat sur la réforme de la filière marocaine des viandes rouges est vieux de plusieurs décennies. Auparavant, il se limitait surtout aux réaménagements à apporter au niveau des structures d’accompagnement, notamment la commercialisation sur pied et l’abattage. Mais avec la perspective d’ouverture du marché marocain, la réflexion s’est portée sur d’autres axes. La spécialisation de certaines régions à vocation pastorale est désormais avancée comme solution pour valoriser le cheptel ovin national. D’autant plus que la qualité et la diversité des races existantes au Maroc sont de nature à favoriser l’émergence de produits de terroir. Créneau exploitable aussi bien pour le tourisme que l’exportation. En revanche, la rentabilité du cheptel bovin dans les conditions de concurrence et d’utilisation de la ressource hydrique n’est pas évidente. Une tonne de viande de bœuf nécessite 42.500 m3, selon la Banque mondiale. A. G.

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