Economie

Un réseau de villes intelligentes en projet

Par L'Economiste | Edition N°:3279 Le 19/05/2010 | Partager

. Un label sera créé pour récompenser les opérateurs qui participeront à l’aménagement . Un forum prévu en automne prochain Créer un réseau de villes nouvelles et intelligentes autour de la méditerranée. L’idée peut paraître abstraite, mais c’est pourtant le projet de Fadela Amara, secrétaire d’État française chargée de la Politique de la Ville. Ella a choisi Rabat, proclamée récemment «Ville Verte», pour décliner son projet lundi dernier. Ce choix pour engager cette réflexion n’était pas un hasard. La capitale connaît une grande dynamique sociale et économique depuis quelques années. «Rabat peut désormais être considérée comme un exemple à suivre de cette politique que nous souhaiterions mettre en place», a déclaré Fadela Amara. «Cette conférence sera la 1re pierre pour bâtir un label et un réseau des villes nouvelles et durables en Méditerranée», a-t-elle affirmé.Ce projet sera également au menu du 2e sommet de l’Union pour la méditerranée (UPM), prévu le 21 et le 22 juin prochain. «Rien qu’en Méditerranée, plus de 2 habitants sur 3 vivent en ville. Notre avenir est donc irréversiblement lié à la ville. Elle est d’ailleurs le lieu qui reflète le mieux l’efficience et l’efficacité de nos politiques publiques. En définitive, la ville est le miroir de l’action politique», a-t-elle indiqué.Ce projet permettra d’accélérer le développement économique et social des villes méditerranéennes. En effet, pour faire partie de ce réseau, il faudra remplir certaines conditions. Et ce, «en permettant une mobilité facile, un environnement sain, un accès aux services publics, au logement salubre, aux lieux de divertissement et à l’emploi», pour reprendre les termes de Taoufiq Hjira, ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, également présent à cette conférence. Par ailleurs, le qualificatif «intelligente» devrait désigner «des villes où les avancées en matière de nouvelles technologies sont observées dans tous les domaines», a noté la secrétaire d’Etat. Concrètement, les pays voulant inscrire leurs villes dans cette perspective doivent opter pour des politiques favorisant le désenclavement des quartiers et l’égalité des chances en mettant l’accent sur l’économie sociale et en profitant des nouvelles technologies. Et afin de garantir l’engagement de tous les acteurs politiques et économique, un label sera créé pour récompenser les opérateurs qui participeront à l’aménagement de ces villes. Un forum sera également organisé à l’automne prochain pour approfondir la réflexion sur les critères requis pour l’obtention de ce label. Pour ce qui est du partenariat au niveau méditerranéen, «l’Union Européenne se doit d’apporter les finances nécessaires, mais à condition que les politiques adéquates pour la réalisation de ce projet soient mises en place», a confirmé de sa part François Leblond, président de la Confédération française de l’habitat et de l’urbanisme (Cofhuat).


Trois questions à Fadela Amara
Pour Fadela Amara, une ville intelligente l’est à travers le numérique, en utilisant toutes les nouvelles technologies au service des citoyens. C’est également une ville capable de créer de l’emploi, de mettre au service de ses habitants des transports de haute qualité et de garantir une grande mobilité. S’ajoutent aussi un logement salubre, un accès aux soins, à l’éducation et au divertissement. Le forum prévu à l’automne prochain devra permettre à l’ensemble des participants de déterminer des critères et d’élaborer une charte qui va penser le concept de ville nouvelle.- L’Economiste : Quelle est votre définition de ville nouvelle et intelligente?- Fadela Amara: Je n’ai pas encore de définition précise pour ce concept, mais de façon très sommaire, je dirais qu’une ville nouvelle aura la possibilité d’offrir tout le bien être nécessaire à ses habitants. Elle sera intelligente à travers le numérique, en utilisant toutes les nouvelles technologies au service de ses citoyens. C’est également une ville capable de créer de l’emploi, de mettre au service de ses habitants des transports de haute qualité et garantir une grande mobilité. Il s’agira de fournir un logement salubre, un accès aux soins, à l’éducation et au divertissement. La création d’un réseau autour de la méditerranée permettra de créer une dynamique économique et sociale importante dans les villes qui y adhéreront. - Pour faire partie de ce réseau, quels sont les critères à remplir?-C’est toute la réflexion que nous mènerons lors du forum que je souhaite mettre en place à la rentrée. Il permettra justement à l’ensemble des participants de déterminer des critères et élaborer une charte qui va penser une ville nouvelle, verte, solidaire et intelligente. - Quels sont les domaines prioritaires pour construire ces villes intelligentes?-Je pense qu’il faut accorder une priorité au logement et au transport. Il faut en effet, œuvrer davantage à construire des maisons intelligentes qui respectent les critères environnementaux penser au désenclavement des quartiers en permettant à tous les habitants un accès au transport et à la mobilité. Il faut aussi agir sur l’humain, et mettre en place des politiques sociales pour que les habitants puissent s’approprier leurs villes et s’y sentir bien. Bouchra Alaoui Ismaili
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