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lundi 20 octobre 2014,
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Step d’Afourer: Une expérience inédite en matière de production d’électricité
De notre envoyé spécial, Mostafa BENTAK

   
. Elle permettra d’assurer 5% de la demande globale en énergie. La production ne dépend pas des contraintes de disponibilité de l’eau. Mise en marche en début 2005L’oeuvre est unique et la solution est ingénieuse. Car elle répond à une contrainte. La Station de transfert d’énergie par pompage (STEP) d’Afourer (à 30 kilomètres de Béni Mellal) a résolu un problème qui taraudait jusqu’ici l’ONE: Comment optimiser sa production d’énergie sur le plan économique? En d’autres termes, comment diminuer au maximum la fluctuation de la courbe journalière de besoin en énergie sur le plan national? La Step d’Afourer permettra ainsi de réduire l’écart entre les heures de pointe, où la demande atteint son pic et les heures creuses de 1,8 à 1,4. La station stockera l’énergie sous forme hydraulique durant les heures où la demande est faible pour la restituer en heures de pointe au réseau électrique. Deux usines installées à différentes altitudes sur le versant du barrage de Bine El Ouidane permettent en heures creuses (23 à 7h) de pomper l’eau vers un bassin supérieur. Lorsque la demande augmente en cours de journée (18 à 23h), l’eau emmagasinée est libérée pour faire tourner les turbines des deux usines et alimenter le réseau national. Les turbines sont réversibles. Elles tournent dans les deux sens, une fois pour refouler l’eau au bassin supérieur et une autre pour produire l’énergie. Le pompage dure 7 heures et le turbinage 5. A terme, la Step produira 800 millions de k
Wh par an. Ce qui représente environ 5% de la demande en énergie électrique en 2003. Elle assurera aussi 10% de la puissance globale qui est de 4.445 MW. La puissance totale de l’ouvrage est de 463 MW. Selon Abdelaziz Houachmi, directeur de la production à l’ONE, la Step d’Afourer est unique en son genre en Afrique et au Moyen-Orient. Certes, il en existe une en Afrique du Sud. Mais en termes de puissance et de technologie utilisées, celle d’Afourer reste la plus importante. L’ONE tend désormais à développer une expertise dans ce type de réalisation. Localement, la mission à terme des 25 cadres marocains travaillant à la Step est de garantir un “retour d’expérience dans les nouveaux projets”. Une visite du site organisée par l’ONE, mardi 27 avril, a permis de constater l’avancement des travaux. Mais aussi de comprendre la technicité de pointe qui a été mise en oeuvre. Le chantier s’étend sur 6 kilomètres. Selon un responsable sur place, la seule contrainte rencontrée est l’éloignement l’un de l’autre des deux usines installées en série. La partie génie civil assurée par la société marocaine SGTM est presque à 100% réalisée. Quant à la mise en service de la station, elle est à 15% de son avancement. Le délai de mise en marche définitive est prévu pour le début 2005. En attendant, les essais vont bon train et se font au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Il est vrai qu’eu égard le caractère novateur de la Step, l’ONE n’a pas droit à l’erreur. Au-delà de sa finalité qui est celle de rationaliser la production en minimisant les coûts, la complexité du projet exige des précautions supplémentaires. En effet, pour faciliter le contrôle et la gestion optimale de la station, un système capable de prendre en considération plusieurs facteurs à la fois a été mis en place. Les besoins d’irrigation de 170.000 hectares de la plaine de Tadla ont été aussi pris en compte, comme la production d’autres usines de l’Office. la particularité de la Step, c’est son autonomie. Elle est indépendante des aléas naturels qui normalement rythment la production de l’énergie. La puissance de la Step est garantie à 100% indépendamment de la pluviométrie. Elle est par ailleurs indépendante des besoins agricoles puisqu’elle a été conçue en cycle fermé. En situation de sécheresse, c’est toujours la même eau servant à produire l’énergie qui est refoulée en périodes creuses au bassin supérieur. Cette configuration utilisant deux usines sans bassin intermédiaire est considérée par les responsables de l’ONE comme “une première mondiale pour les Step de grande puissance”.
Le nouveau et l’ancien

La réalisation de la Step d’Afourer a été adjugée en janvier 2001 au groupement franco-marocain Alstom-SGTM. Le chantier a été ouvert en juin de la même année. Le montant de l’investissement est de 1,6 milliard de DH, financé par la BEI et le Fonds arabe de développement économique et social. L’étude de rentabilité du projet a fait état d’un TRI (taux de retour sur investissement) de 17,94%. Le site d’Afourer a été choisi en raison de la présence de la chute brusque du massif de Tazerkount vers la plaine de Tadla. La Step est intégrée au complexe de Bine El Ouidane-Afourer existant depuis 1953. Il est prévu, selon les responsables de l’ONE, de lier la Step à l’ancienne usine par le biais d’un système de contrôle intelligent.