Culture

Pour apaiser son spleen, Claude Poirier traverse l'AfriqueTroisième épisode: Le village des alcooliques

Par | Edition N°:972 Le 09/03/2001 | Partager

Résumé des épisodes précédentsClaude, accompagné de son ami malien Kali, est à Adjohoun au Bénin (à 20 km du Nigeria). Il vient rendre visite à une Française qui y gère une ONG et qu'il avait rencontrée à Dakhla.Les rencontres béninoises ont été, là aussi, très chaleureuses. Les bourlingueurs font une halte de 8 jours. Claude en profite pour avancer dans l'écriture de son livre sur ce périple. Son amie lui déconseille de passer au Nigeria: On te braque en plein jour là-bas; c'est carrément le pays le plus dangereux de l'Ouest africain.A Cotonou (capitale du Bénin), il obtient son visa pour le Nigeria alors que tout le monde lui demande de laisser tomber. Kali n'a toujours aucun papier sur lui. Il faut dire que dans les pays de l'Ouest africain, un Malien n'a pas de problème pour circuler.Il entre, quand même, au Nigeria. Il atteint Lagos, la capitale, sans trop de problèmes. Il se gare devant l'hôtel Méridien, près d'un salon de coiffure. Trois minutes plus tard, ils reçoivent un carton de 12 bouteilles d'eau: cadeau d'Antonella, patronne du salon de coiffure. Il faisait excessivement chaud. Elle leur propose en plus de venir boire une bière à l'intérieur. Ils acceptent volontiers. Kali a droit à une coupe de cheveux gratuite. Ils prennent une douche et sont encore une fois heureux. A l'Ambassade de France, on leur conseille de passer par Calabar pour atteindre le Cameroun.Le lendemain, avant de reprendre la route vers la frontière camerounaise, Antonella vient prévenir Claude: «Tu vas traverser trois villes très dangereuses. Si tu es arrêté par la police, ne parle pas en anglais et dis que tu travailles pour l'Ambassade de France. Si en route, des groupes de jeunes te montrent les pneus comme s'ils étaient crevés, ne t'arrête pas, fonce le plus vite possible!« Et c'est justement ce à quoi il s'attendait.Tout au long de la route, des groupes armés essayaient de les arrêter. Mais comme Charly (la Toyota de Claude) avait des vitres fumées, les passants les ont pris pour des flics. Encore une fois, Claude et Kali sont tirés d'affaire. Arrivés à Calabar, ils apprennent que la frontière est fermée depuis des mois: merci à l'Ambassade de France! Malgré tout, Claude réussit à avoir son visa auprès du consulat camerounais à Calabar où il apprend que par Ekok, il est possible d'entrer au Cameroun. Direction Ekok, alors!Ils passent au Cameroun. Les routes sont là aussi impraticables. Ils s'arrêtent dans un village de la zone anglophone du Cameroun. Les hommes sont tous des alcooliques. Une vingtaine d'entre eux s'attroupent autour de la caravane pour quémander de quoi boire. Un moment, il cherche sa chienne, Zimba, et ne la retrouve pas. «Ils m'avaient piqué ma chienne ces boit-sans-soif!« Claude va voir le chef du village, complètement ivre lui aussi, et le menace: «Si dans deux heures ma chienne n'est pas là, je t'ouvre la gorge!« Pourtant, il y avait au moins deux cents hommes dans ce fameux village. Ils pouvaient les trucider tout les quatre (les chiens compris). Deux heures après, Zimba est de retour.Le lendemain, ils arrivent à Yaoundé. Ils sont accueillis dans le club des ressortissants français du Cameroun, tenu par des militaires. Dix jours de confort pendant lesquels Claude continue à écrire son livre et s'occupe du visa pour le Gabon (sa prochaine étape). Justement, l'Ambassade du Gabon à Yaoundé tarde à lui délivrer le visa.Un beau jour, il décide de prendre la route pour le Gabon sans visa, muni tout de même d'une lettre du consul français demandant aux autorités douanières de l'aider.En route, ils s'arrêtent dans une mission catholique où un forestier leur indique le chemin à suivre: «Une route en bon état et surtout sans barrages militaires«, précise-t-il.Le lendemain matin, ils atteignent la frontière gabonaise. Surprise: elle est fermée depuis 10 jours. Que faire?Abdelmohsin EL HASSOUNIVendredi prochain, L'épisode gabonais: le hasard et l'amour

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