Economie

Phosphate: Le détail du pipeline

Par L'Economiste | Edition N°:3400 Le 08/11/2010 | Partager

. 235 km à construire sur 28 mois . Pour un investissement de 4 milliards de DH. Le marché enlevé par l’entreprise turque Tekfen C’est parti pour le pipeline phosphatier. Le marché vient d’être attribué à l’entreprise turque Tekfen, en l’occurrence. Entreprise déjà connue au Maroc à travers sa participation à la modernisation de Samir. Il s’agit d’un projet clés en main commandité JESA, une joint venture à participations égales entre l’OCP et Jacobs Engéneering. Sa mise en service est prévue pour janvier 2013 moyennant un investissement global de 4 milliards de DH. Sur cette enveloppe, plus de 2,5 milliards de DH ont été levés auprès de l’Agence française de coopération, et le reste sera assuré par des fonds propres. Projet d’envergure, il se trouve au cœur de la stratégie du groupe OCP qui cible la multiplication par 2 de la capacité de production à l’horizon 2018. Celle-ci sera portée à près de 50 millions de tonnes à l’horizon 2018 contre 28 millions actuellement. Et pour cause! Les réserves prouvées jusqu’à présent sont estimées à 85 milliards de m3, soit 75% du potentiel mondial. D’où l’ambitieux programme d’investissement à déployer sur la prochaine décennie. Il devrait culminer à quelque 70 milliards de DH. Le tout en infrastructures d’exploitation. Car, 80% de la production sera valorisée localement. Mais la quête continue de la compétitivité impose la maîtrise des coûts. «C’est une obsession chez le groupe», martèle le PDG Mostapha Terrab. Or, c’est le coût du transport qui grève le plus l’exploitation du minerai. Il se situe actuellement à 8 dollars la tonne. L’objectif est de le ramener à 1 dollar avec la mise en service du pipeline.

Economie d’eau et d’énergie
D’une capacité de 38 millions de tonnes, le pipeline permettra de transporter 60% de la production des mines de Khouribga vers le complexe chimique de Jorf Lasfar. C’est la totalité de la production à l’état humide. A cette fin, deux autres mines seront ouvertes en plus de celles de Sidi Chennane et de M’rah Lahrach. Avec les mineroducs secondaires, la longueur totale du pipeline est de 235 km. Mais la consistance du projet englobe aussi d’autres infrastructures. Il s’agit de 5 réservoirs de stockage de la pulpe à la sortie des laveries, chacun d’une capacité de 6.300 m3. S’ajoutent aussi 3 stations de pompage pour alimenter les laveries existantes et celles en projet. Ce sont ces infrastructures qui seront reliées aux mines par les pipelines secondaires d’une longueur totale de 48 km. Le principal, lui, long de 187 km, sera relié à la station terminale de Jorf Lasfar composée de 10 réservoirs totalisant une capacité de 63.000 m3. Le tracé prévoit bien évidemment des stations de vannes et de contrôle de pression. «Le mode de transport s’avère fiable et rentable pour acheminer de grands volumes de phosphate de façon continue, sécurisée et maîtrisée», assurent les ingénieurs de l’OCP qui ont procédé au benchmarking de projets analogues, mais réalisés dans des conditions géographiques jugées plus difficiles. Sa durée de vie va au-delà de 20 ans. Il s’agit d’une conduite d’acier enduite d’un revêtement anti-corrosion et de protection cathodique sur la totalité du parcours. Le tout enterré à 2 mètres de profondeur. A cet effet, le recours à l’expropriation a concerné 58% des terres nécessaires au linéaire. Mais, quelques tronçons ont dû bénéficier du tracé de l’oléoduc de l’Office national de l’eau potable. Comme signalé, le projet sera livré clés en main. Mais fidèle à sa tradition de grand donneur d’ordre, le groupe OCP a exigé une valeur ajoutée locale représentant 25% à céder sous forme de sous-traitance aux entreprises marocaines. Mieux encore, le groupe envisage de mette à contribution l’antenne turque d’Exim Bank, cette institution américaine d’assurances. Car, l’investissement demeure néanmoins considérable. Et les retombées attendues sont aussi à la hauteur des ambitions du projet. Tout d’abord, une exploitation continue du minerai assurant un disponible supérieur à 98%. Ensuite, une économie d’eau correspondant à l’humidité naturelle du phosphate qui varie entre 12 et 17% du volume. Les autres avantages tiennent à la maîtrise des problèmes liés au climat, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (93.000 tonnes/an) et des poussières (78.000 tonnes). Sans oublier la libération à moyen terme du port de Casablanca. Quel impact alors sur l’Oncf? «Il ne sera que positif», souligne le staff du groupe. Dans la mesure où le transporteur ferroviaire peut s’activer à outrance dans le domaine du phosphaté séché et dont la production est appelée à doubler. De même qu’il peut intégrer le transport par camion, est-il suggéré.A. G.
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