Les Cahiers de l'Émergence

«Oujda Urba Pôle»
Un nouveau concept de la ville

Par L'Economiste | Edition N°:3508 Le 14/04/2011 | Partager
Objectif: créer une métropole urbaine et 1.500 emplois
Des voiries sans trous à l’horizon 2013

Oujda est rassurée sur son avenir. Mais d’ores et déjà la ville attire de gros investissements. Selon les chiffres du Centre régional d’investissement (CRI), la région a drainé entre 2003 et 2010 près de 50 milliards de DH

Le projet de la restructuration du centre-ville d’Oujda est à mi-chemin. Il est connu désormais sous l’appellation d’Oujda Urba Pôle. D’un coût global de 2,5 milliards de DH, il devra générer plus de 1.500 emplois. Sa première tranche nécessitera 350 millions de DH. L’objectif est de doter la cité d’un projet urbain intégré, susceptible de marquer le début d’une nouvelle dynamique urbaine de grande qualité. La compétitivité territoriale nationale et internationale étant visée.
Ce projet permettra le repositionnement de la ville au niveau régional en tant que métropole urbaine. Il contribuera, notamment, au renforcement du potentiel de la Région dans les domaines de l’immobilier professionnel et résidentiel, de l’hôtellerie et du commerce. Pour ses concepteurs, ce projet vise la création d’un pôle multifonctionnel intégrant, outre une gare ferroviaire nouvelle génération, des espaces commerciaux, des bureaux, des quartiers résidentiels, des infrastructures hôtelières et touristiques ainsi que des complexes de loisirs et d’animations. S’étalant sur une superficie de 30 hectares, «Oujda Urba Pôle» sera réalisé en quatre phases. La première sera livrée en 2013. Appelée «Quais verts» (4,6 ha environ), elle sera dédiée à la construction d’espaces résidentiels intégrés comprenant, outre des immeubles d’habitation, des plateaux de bureaux et des commerces.
Selon Omar Hejira, président du Conseil municipal d’Oujda, le budget communal ne dépasse pas les 300 millions de DH. Toutefois, tous les projets menés sont financés dans le cadre de partenariats multiples regroupant un ensemble d’acteurs. Y figurent, entre autres, la Commune urbaine, la wilaya, les ministères de l’Intérieur, de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace, des Habous et des Affaires islamiques, de la Santé, de la Jeunesse et des sports, de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, le secrétariat d’Etat chargé de l’Artisanat, et l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces de l’Oriental. Ainsi, pour le développement de l’infrastructure routière, à titre d’exemple, une convention multipartite a été signée en 2010. Définissant les engagements financiers et opérationnels des partenaires engagés dans le projet, cette convention (2010-2013) est une composante complémentaire du programme de réhabilitation et de mise à niveau urbaine de la ville, qui mobilise un budget global de plus de 3 milliards de DH. Elle a pour objectifs l’extension du réseau de voiries sur une longueur de 300 km, particulièrement dans les quartiers sous-équipés, la réhabilitation des anciennes routes avec l’aménagement des chaussées, la plantation d’arbres d’alignement, le renforcement des réseaux d’éclairage public, d’assainissement liquide et de drainage des eaux de pluie.
«Ce projet est mis en œuvre pour parachever les efforts de développement urbain déployés au titre du programme de mise à niveau de l’ensemble des quartiers de la ville, notamment en matière d’amélioration des conditions de roulage et de circulation, efforts qui contribuent amplement à favoriser l’accès de la population aux services publics et aux prestations de base», explique Hejira. Contribuent au financement de ce projet, les ministères de l’Intérieur (100 millions de DH), de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace (80 millions de DH) et l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces de l’Oriental (20 millions de DH). La Commune urbaine d’Oujda y contribue à hauteur de 150 millions de DH à travers un prêt du Fonds d’équipement communal (FEC). Notons qu’un budget global de plus de 514 millions de DH a été débloqué pour le programme de réhabilitation et de mise à niveau urbaine d’Oujda au cours de l’année 2010. En somme, les projets programmés au titre de la période 2006-2009 dans le cadre de ce programme ont mobilisé 2,509 milliards DH. Ces projets se répartissent entre les axes suivants: renforcement des infrastructures, amélioration des conditions d’habitat, protection de l’environnement, développement des équipements culturels et sportifs et réhabilitation de l’ancienne médina.
En tout cas, grâce à ces projets, Oujda est rassurée sur son avenir. Mais d’ores et déjà la ville attire de gros investissements. Selon les chiffres du Centre régional d’investissement (CRI), la région a drainé entre 2003 et 2010 près de 50 milliards de DH. La réalisation de l’ensemble de ces investissements permettra à terme de générer plus de 65.200 emplois directs. Un véritable exploit dont se réjouit Driss Haouat, président de la CCIS d’Oujda qui souligne au passage que la région est sortie de sa léthargie depuis le discours royal du 18 mars 2003. «Autrefois délaissé par l’Etat qui consacrait beaucoup plus d’intérêt aux provinces du Sud, l’Oriental connaît actuellement une grande dynamique appuyée par les multiples visites du Souverain, mais aussi par l’intérêt qu’il lui porte en particulier», ajoute Haouat.
Reste à signaler que les promoteurs se disent rassurés grâce aux projets de construction de l’autoroute Fès-Oujda, d’aménagement de la rocade méditerranéenne, de dédoublement de la voie Oujda-Nador, de construction de la voie ferrée Taourirt-Nador, du port West-Med à Nador et du nouvel aéroport Oujda-Angad (cf. www.leconomiste.com).

Assurance

Dès qu’il y a l’appui de l’Etat et des investissements publics, le privé est acquis. Ainsi, de 2003 à 2010, les investisseurs privés ont mis le paquet. Le tourisme arrive en tête des secteurs économiques ayant drainé le plus d’investissements (67%), suivi du secteur du bâtiment et travaux publics (16,14%) et de celui des industries de transformation (8,34%). Le reste étant réparti entre les services, le commerce, l’énergie, les mines et l’artisanat (8,52%).

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