Economie

Moulay Bousselham: Un potentiel sous-exploité

Par L'Economiste | Edition N°:1826 Le 05/08/2004 | Partager

. La station balnéaire reçoit en moyenne 80.000 visiteurs chaque été. Mais peu d'efforts sont consentis pour son développement Malgré le manque flagrant d'infrastructures touristiques (2 campings et un hôtel non classé), la commune de Moulay Bousselham attire plus de 80.000 visiteurs alors qu'elle ne compte que 1.500 habitants. Ce nombre important de visiteurs dope l'économie de la ville mais fait aussi flamber le prix de l'immobilier. Beaucoup d'habitants s'improvisent, dès lors, agents immobiliers pour louer leurs maisons ou celles de leurs familles. Les prix atteignent leur sommet en août. Ils varient entre 400 et 800 DH la journée. Pour les petits budgets, il y a la solution du camping, mais les moustiques dérangent. La proximité de la lagune, dont l'eau stagne tout au long de l'année (elle est retenue derrière le cordon littoral), engendre leur multiplication. L'engouement pour Moulay Bousselham est justifié, selon un responsable local, par la qualité de l'eau de baignade et celle du sable qui la classe en catégorie A. Pour sauvegarder ce “statut”, la commune a signé une convention avec l'ONE. Ce dernier a mis à la disposition de la commune une trentaine d'agents qui vont s'occuper durant toute la période estivale de la propreté de la plage. L'ONE a mis aussi la main à la poche en finançant la construction de quatre blocs de sanitaire. La Sogeta assure la propreté du centre d'estivage. A la plage (3,5 km), on assiste à un phénomène socialement curieux. Pour les connaisseurs de Moulay Bousselham, la plage est divisée en trois parties. On les appelle première, deuxième et troisième “piscines''. La première “piscine'' est fréquentée par une population défavorisée qui vient surtout des villes avoisinantes (Souk El Arbaâ, Sidi Yahia, Arbaoua). La deuxième “piscine'' est essentiellement “réservée” aux habitants de la commune. Pour y accéder, on n'a pas besoin d'être motorisé. Pourtant les populations de la première zone ne s'en approchent jamais. La troisième partie est fréquentée par les classes aisées. Ceux qui y viennent ont des voitures ou accèdent directement de leurs villas à la plage. La particularité de Moulay Bousselham est sans aucun doute la zone humide Merja Zerga qui couvre 70 km2. Ce site est de renommée internationale. Il est inscrit dans la convention relative aux zone humides d'importance internationale que le Maroc a ratifiée en 1980. Pour y accéder, il faut faire la traversée dans des barques. Cela ne coûte que 2 DH aux autochtones qui habitent l'autre rive (douar Sidi El Masbahi). Il en coûte 5 DH à l'étranger au village. Merja Zerga vient d'être jumelée avec la Petite Camargue (France). Cette dernière est également inscrite dans la convention relative aux zones humides. Même si la Merja Zerga est une lagune atlantique et que la Petite Camargue est méditerranéenne, des études ont révélé de nombreux points communs entre les deux sites.


Tourisme: Un secteur défavorisé

Mettre en œuvre une stratégie foncière pour créer un environnement favorable à l'investissement touristique au Maroc. C'est le principe majeur de l'accord-cadre 2001-2010 entre le gouvernement et la CGEM qui consiste donc en la constitution d'une réserve foncière regroupant les terrains à vocation touristique. Dans la région du Gharb, 13 sites à haut potentiel touristique ont été identifiés dont 3 à Moulay Bousselham. Malgré cela, le secteur touristique reste sous-exploité dans la région alors qu'il peut être une source de création d'emplois et de richesses. A titre d'exemple, seulement 1,7% des projets réalisés dans la région ont concerné le tourisme. De notre correspondant,Yacine Amine


. «Flamants Loisirs« pour les amoureux du camping«Un rêve de 20 ans qui s'est réalisé en seulement 3 ans«, affirme Annie Mansouri, propriétaire du camping Flamants Loisirs. Annie est une Parisienne. Elle s'est mariée depuis une trentaine d'années à Mohamed Mansouri, originaire de Figuig. Dans un premier temps, elle a réussi à convaincre son mari de s'installer en France où il a fait des études en sociologie du tourisme. Mais finalement, Annie rentre au Maroc et le couple décide d'investir dans ce camping aux normes européennes. Flamants Loisirs est aménagé sur une superficie de 7,5 ha. Il est situé en bordure de la lagune «Merja Zarga» à 1,5 km de la mer. Sous un bel ombrage d'eucalyptus, le camping peut accueillir plus de 100 tentes et 60 emplacements pour les véhicules. Les tarifs sont de 24 DH pour un adulte, 12 DH par enfant et 50 DH pour un emplacement voiture-tente. Côté hygiène, le bloc sanitaire est bien agencé et nettoyé en permanence. Une partie du bloc sanitaire est réservée aux handicapés. Le Flamants Loisirs dispose d'une piscine, une aire de jeu pour les enfants et un café-restaurant où l'on peut déguster des plats à base de produits venant des fermes avoisinantes. Les 13 bungalows dont les prix de location varient entre 350 DH/jour (petit bungalow) et 450 DH (grand bungalow) ont tous une petite terrasse avec une vue sur la lagune. En hiver les prix oscillent entre 240 DH et 330 DH. Une réduction de 20% est appliquée dès la deuxième nuitée. Pour attirer les clients dans ce camping, Annie Mansouri compte beaucoup sur le bouche-à-oreille. «Je ne cherche pas du tout à être dans les catalogues des agences de voyages parce que le tourisme de masse, je n'en veux pas», explique-t-elle. Malgré son aversion pour la publicité, le Flamants Loisirs figure dans un catalogue. Un auteur français de guide sur les campings était venu incognito. Il a classé le camping dans la catégorie «recommandé».Y. A.
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