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mardi 23 septembre 2014,
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Maroc/AELE: L’autre accord de libre-échange

   
. Signé avec l’Islande, Liechtenstein, Norvège et la Suisse. Multiplicateur d’influence dans leurs relations commerciales
PEU de gens le savent. L’accord avec les quatre pays de l’Association européenne de libre-échange (AELE) que sont l’Islande, Liechtenstein, Norvège et la Suisse, et l’ALE avec l’Union européennes ont été signés presque en même temps. D’ailleurs, le Maroc et les pays de l’AELE ont mis en vigueur, dès le 1er décembre 1999, l’accord de libre-échange signé deux ans plus tôt, mais il a pris simultanément effet avec l’accord d’association conclu avec l’UE. Tous deux prévoient la mise en place d’une zone de libre-échange. Et chaque bloque choisit sa manière d’évaluer l’état d’avancement de cette relation. Avec les pays de l’AELE, c’est un comité mixte qui se tient tous les deux ans par alternance au Maroc et en Suisse. Ce comité se charge de la mission d’évaluation dont la 5e session s’ouvre ce mardi à Rabat. Occasion pour les partenaires de faire le point sur les thématiques les concernant directement et l’état du commerce mondial. Parmi les échanges d’informations au menu de la rencontre de Rabat, «le point sur les écarts statistiques entre le Maroc et les pays de l’AELE», mais également l’élaboration d’une feuille de route pour porter à débat les marchés publics et la concurrence. L’accord avec l’AELE couvre les produits industriels, les produits agricoles transformés, ainsi que les produits de la pêche. Conformément aux dispositions du protocole, les pays membres ont procédé, immédiatement après son entrée en vigueur, à un démantèlement tarifaire. Le Maroc le fera au cours d’une période s’étalant sur 12 années. Ainsi, sur le régime préférentiel, les avantages fiscaux et tarifaires prévus ont été accordés dès 2000. C’est le cas pour l’exonération du droit d’importation de certains produits, à raison de 20% par an, accordée par les pays de l’AELE que le Maroc a appliquée 4 ans plus tard. A noter que les produits agricoles de base font l’objet d’un arrangement bilatéral séparé entre la Suisse et le Maroc: ces produits bénéficieront des mesures tarifaires préférentielles correspondantes. L’accord avec les pays de l’AELE s’inscrit dans le prolongement de la décision de leurs ministres de Commerce extérieur, prise en 1995, de nouer des relations de libre-échange avec des pays se situant en dehors de l’Europe. Selon Khalid Sayah, directeur des Relations comerciales internationales au ministère du Commerce extérieur, «cet accord reflète en plus la volonté des membres de l’AELE de renforcer leur coopération avec les pays du bassin méditerranéen en vue notamment de l’établissement d’une vaste zone homogène de libre-échange euro-méditerranéenne». La Suisse, chef de file de cette association et plus active, croit encore plus dans cet ensemble. Mais pour les pays qui forment cette AELE, non membres de l’Union européenne, leur principal intérêt est de constituer un multiplicateur d’influence dans leurs relations commerciales avec le reste du monde. En effet, «en agissant en tant que groupe plutôt qu’en négociant seuls, les pays de l’AELE paraissent plus attrayants pour leurs partenaires commerciaux potentiels».Bachir THIAM