Culture

Le Ramal, luth traditionnel du Maroc, ressuscité

Par L'Economiste | Edition N°:3190 Le 14/01/2010 | Partager

. Deux spécimens de luths anciens viennent d’être fabriqués . Bientôt, un centre international de musiques traditionnelles à Tanger Le «Oud Ramal», un ancien luth traditionnel du Maroc sera la star d’une journée prévue samedi 23 janvier au Palais des institutions italiennes «Moulay Hafid» à Tanger. Après cinq mois de recherches et d’efforts, le luthier espagnol Carlos Paniagua, installé au Maroc depuis quatre ans, a finalisé la fabrication de deux spécimens, avec des cordes en boyau. Il a transmis son expertise dans le domaine à de jeunes marocains, afin que l’expérience soit perpétuée. Ce projet a été initié par le luthiste et pharmacien Omar Metioui, président de l’association “Confluences musicales”, qui oeuvre depuis quelques années à la sauvegarde du patrimoine musical arabo-andalou. Côté financement, ce projet a pu voir le jour grâce à l’aide apportée par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), qui a fait don à l’association de 20.000 euros. En fait, le luth Ramal est tombé en désuétude depuis les années 1920. Il a été détrôné par le luth égyptien, importé du Caire, qui est encore utilisé partout au Maroc. D’après Omar Metioui, «c’est sous l’influence de chanteurs égyptiens comme Mohammed Abdelouahab, Farid El Atrache, entre autres, que le luth oriental est devenu à la mode». Si au Maroc, le Ramal a disparu, des modèles très ressemblants sont encore utilisés en Algérie et en Tunisie et c’est d’ailleurs en Tunisie que Omar Metioui a découvert des exemplaires en 1994. En coopération avec Carlos Paniagua et l’artiste Begona Olavide, il a créé un orchestre, «Rawafid» pour commencer à utiliser des instruments anciens, appartenant à la civilisation arabo-andalouse, comme le kanoun, le psaltérion et le rebab, dont des spécimens ont été fabriqués au cours des dernières années à Tanger. L’association «Confluences musicales», dont le siège se trouve au Port, dans une ancienne forteresse portugaise datant du XVIIe siècle, va bientôt accueillir «un centre international des musiques traditionnelles». Ce centre va englober un atelier de lutherie (pour la construction d’anciens instruments), un petit musée d’exposition, un espace de formation pour les jeunes et une salle polyvalente pour les concerts et les conférences. A noter que l’association a déjà une antenne à Fès, où un musicologue français effectue des recherches dans ce sens. Prochainement, l’association envisage d’étendre son domaine d’influence à Casablanca, puis dans d’autres villes. Ainsi, le luth pourra être réhabilité, après une disparition de 90 ans.La journée du samedi, ouverte au grand public, promet d’être animée. Au programme, des conférences, une exposition photographique, des projections de films et un concert de l’orchestre «Rawafid». Prochain évènement de «Confluences musicales», la deuxième édition de «Tarab Tanger», en juin prochain.Nadia BELKHAYAT

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