Politique Internationale

Le Festival des Musiques Sacrées perturbé par la pluie

Par L'Economiste | Edition N°:332 Le 28/05/1998 | Partager

En mai, Fès devient le carrefour des musiques sacrées du monde. Pour la soirée inaugurale du Festival, Barbara Hendricks était au rendez-vous... la pluie aussi.


Le Festival des Musiques Sacrées de Fès a démarré samedi 23 mai sous le thème «Les hauts lieux de l'esprit», avec quelques perturbations climatiques. Le concert inaugural a été donné par «la voix des anges», Barbara Hendricks, venue spécialement des Etats-Unis. Malheureusement, la pluie et le vent sont venus se mêler au chant. Visiteurs et organisateurs n'ont pu apprécier le spectacle jusqu'au bout, puisque l'espace de Bab El Makina est découvert. Pour les premiers jours, il était question de déplacer la manifestation à l'Hôtel Jnan Palace qui dispose d'une salle couverte, avec la contrainte toutefois de ne pas pouvoir accueillir tous les visiteurs, la capacité de la salle étant de 1.500 places pour 6.000 entrées prévues.

Toujours dans le premier concert de samedi, les fans de la musique sacrée ont pu vivre au rythme du chant d'Ouzbékistan avec Monajat Yolcheva, dont la voix a séduit plus d'un lors de l'édition 97. «Nous n'avons pas pu sortir tous nos instruments de musique lors de la soirée», dit-elle lors d'un point de presse. Ceci s'explique encore par les conditions climatiques défavorables. Le grand piano, second du genre au Maroc acheté pour la circonstance, a eu droit à un bain.
Agée de 38 ans, Monajat représente en fait l'Asie centrale dont la musique s'inspire aussi bien du Moyen-Orient que de l'ancienne musique persane et arabe. Son rythme est structuré sous forme de maqamat (modes) et de suite (nawba).
Le Festival s'est donc ouvert sur deux traditions de chant avec deux femmes douées et d'origines lointaines. Leur point commun: chanter pour la bonne foi, aspirant vers l'universalité de la musique.
La deuxième journée a été consacrée au groupe irlandais Anuna et à l'Orchestre Philharmonique du Maroc. La première séance, qui s'est déroulée dans le patio du Musée Batha, a été réservée aux chants religieux et anciens celto-chrétiens. Anuna signifie en fait trois anciens types de musique irlandaise dont la traduction est respectivement berceuse, chants joyeux et complainte.

Ambiance


La musique de l'Eglise grecque orthodoxe a été également au programme. Présenté par le choeur byzantin de Grèce, ce chant a été apprécié par les auditeurs toutes confessions confondues.
Ce n'est qu'à la troisième journée que l'assistance a eu droit à de la musique marocaine. En fait, il s'agissait d'un mélange entre l'Andalou et le chant juif. C'est la tradition juive du Piyyout marocain qui a été présentée par Albert Bouhadanna, un natif d'El Jadida, accompagné par l'orchestre arabo-andalou de Mohamed Brioul. Bouhadanna a passé une bonne partie de sa vie au Maroc où il a été inspiré par la culture musicale andalouse. Pour lui, la musique sacrée diffère de la musique profane. Il est difficile en fait de chanter uniquement du religieux dans de telles manifestations, pense-t-il. C'est pourquoi il a décidé de créer un peu d'ambiance en s'associant à l'orchestre arabe de Mohamed Brioul.

Rappelons par ailleurs que le reste des concerts se déroule entre l'espace de Bab El Makina, le patio du Musée Batha et Volubilis. Figurent également au programme l'ensemble Sidi Thami M'Daghri pour Al Malhoun, Lande Novella de Suède, Hussayn Al Azami et l'Ensemble Al Kindri de l'Iraq.
En marge de ce Festival, d'autres activités culturelles ont été initiées: projections de films, conférences, expositions, visites de monuments.
En outre, la ville de Fès a connu l'inauguration de l'Ensemble Nejjarine. Financée par Mohamed Karim-Lamrani, la restauration de cet ensemble a coûté près de 18 millions de DH. Le Fondouk a été transformé en un musée des arts et métiers du bois.
Un programme de restauration des autres monuments historiques de la ville a été mis en place. Le Fonds de Développement Arabe a octroyé une assistance financière de 3 millions de Dollars pour ce programme, indique M. Mohamed Kebbaj, président du Festival, lors du discours d'inauguration en présence du ministre de la Culture. Ce budget est réparti entre la restauration de Bab El Makina (1 million de Dollars) et celle des anciennes fontaines et canalisations (réseau) d'eau de la ville (2 millions).

Hicham RAÏQ

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