fermer
Accueil

L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

dimanche 23 novembre 2014,
En cours de chargement ...
Votre newsletter

L'Africa-Ré améliore la part des cessions conventionnelles

   

Avec un chiffre d'affaires de 575,3 millions de DH (61,2 millions de Dollars US) en 1996, la Société Africaine de Réassurance (Africa-Ré) a amélioré sa production de 15% par rapport à 1995. La part des cessions conventionnelles est aujourd'hui majoritaire dans le portefeuille de cette société.


LA Société Africaine de Réassurance (Africa-Ré) a réalisé au titre de l'exercice 1996 un chiffre d'affaires de 61,2 millions de Dollars US(1) en progression de 14,9% par rapport à 1995. Sur ce total, les primes conservées se sont élevées à 54,1 millions, soit 88,3 du volume brut. C'est ce qui ressort de son rapport d'activité pour l'année 1996.
La progression du volume de primes souscrites est attribuée notamment à une action commerciale plus vigoureuse. Celle-ci a permis de générer des primes additionnelles dans des régions caractérisées par des «risques de pointe». En témoigne la part des cessions conventionnelles. Celles-ci représentent en 1996 près de 71% du chiffre d'affaires de l'Africa-Ré contre à peine 40% en 1992. Ces primes s'ajoutent à celles que reçoit l'Africa-Ré, conformément à ses statuts, sur les traités de réassurance effectués par les compagnies d'assurances de ses pays membres. Il s'agit des 5% de cessions légales.
La progression des cessions conventionnelles a été constatée notamment en Afrique du Nord. Au début des années 90, la part des cessions conventionnelles repré-sentait dans cette région à peine 5% de son chiffre d'affaires. En six ans celle-ci a atteint 51,80% de sa production.
Autres indicateurs en progres-sion: les fonds propres et le résultat comptable de la société. Ces indicateurs se sont élevés respectivement à 40,25 millions et 6,6 millions de Dollars contre 33,54 millions et 6,11 millions en 1995.

La répartition du chiffre d'affaires par centres de production n'a pas varié par rapport à l'année dernière. L'Africa-Ré retient dans sa classification quatre centres de production: l'Afrique de l'Ouest anglophone, l'Afrique centrale et occidentale francophone, l'Afrique du Nord ainsi que l'Afrique orientale et australe.
L'Afrique orientale et australe occupe le premier rang avec 23,18 millions de Dollars, soit 37,8% de la production globale, suivie de la région Afrique du Nord avec un volume de primes de 19,05 millions de Dollars, soit 31,09% de l'encaissement total. L'Afrique occidentale et centrale francophone, elle, a souscrit 9,13 millions de Dollars de primes (12,35%). Quant à l'Afrique de l'Ouest anglophone, elle a contribué à hauteur de 12,35% (7,57 millions) de la production totale.
Le solde (2,35 millions de Dollars) représente la production du marché international.
Par branches, l'incendie & accidents figure en tête avec un chiffre d'affaires de 44,02 millions de Dollars en progression de 19,26% par rapport à 1995. La branche maritime et aviation arrive en deuxième position avec 14,84 millions contre 15,62 millions une année auparavant. La branche vie ferme la marche avec 1,64 million avec toutefois une progression de 3,14% par rapport à 1995.
Concernant les résultats techniques, le ratio de sinistre brut s'est élevé en 1996 à 47,58% contre 42,75% en 1995.

Ce ratio, qui permet de déterminer la sinistralité, correspond au rapport des sinistres encourus (sinistres payés+mouve-ment des réserves) sur les primes acquises. La sinistralité a baissé en Afrique du Nord, passant de 33,83% à 32,41% ainsi qu'en Afrique orientale et australe: 39,39% contre 39,95%. En revanche la sinistralité a progressé tant sur les marchés d'Afrique de l'Ouest anglophone (25,76% contre 24,42%) et d'Afrique francophone (41,73% contre 26,89%). «La relative bonne sinistralité (brute) de 1995 s'est confirmée en 1996 malgré la mauvaise tenue des affaires non africaines», note le rapport de l'Africa-Ré. Raison pour laquelle il a été décidé de résilier une partie du portefeuille international, ramenant son encaissement de 3,02 millions en 1995 à 2,35 millions en 1996. «Cette décision s'explique par le choix stratégique fait par l'Africa-Ré d'une souscription au besoin modeste mais en revanche rentable, au lieu d'un volume de primes important mais de qualité médiocre».

(1) Ce montant correspond aux primes nettes d'annulation.


Carte visite


Rallye? non. Safari africain? non plus.
Bien que son nom puisse prêter à confusion, l'Africa-Ré, créée sur recommandation de la Banque Africaine de Développement (BAD) en 1976, est en fait une société de réassurance qui affiche de sérieuses ambitions: mobiliser des ressources financières à partir d'opérations d'assurance et de réassurance, placer les fonds ainsi mobilisés en Afrique pour accélérer le développement du continent, et promouvoir le développement de l'assurance et de la réassurance en Afrique en favorisant la croissance des capacités de souscription et de rétentions nationales, régionales et sous-régionales.

L'accord portant création de la société fut signé entre 36 Etats membres (devenus actuellement 42) de l'OUA et la BAD. Le capital initial autorisé de la société est de 30 millions de Dollars US, divisé en 3.000 actions de 10.000 Dollars chacune. Les deux tiers de ce capital-action sont offerts à la souscription des Etats membres de l'OUA et de la BAD tandis que le tiers restant est réservé à leurs organismes d'assurances/réassurances.
Au 31 décembre 1996, 668 actions d'un montant nominal de 6.680.000 Dollars ont été souscrites par ces institutions dont 5.265.000 millions effectivement libérés. La société détient des participations dans l'Afreximbank, la Sonavie (Mali), la Nationale d'assurance (Côte-d'Ivoire), la CNA (came-roun) et la Shelter Afrique.

Initialement, les recettes de l'Africa-Ré provenaient essen-tiellement des cessions légales de ses Etats membres: 5% sur les traités de réassurance des compagnies d'assurances opérant dans ces pays. L'Africa-Ré a pu néanmoins développer la part des cessions conventionnelles qui constituent aujourd'hui 71% de son portefeuille.
La société, qui emploie 116 personnes dont 103 cadres, bénéficie de nombreuses facilités dans les pays où elle est implantée: exonération d'impôt dans les marchés, immunité diplomatique pour le personnel de la société, possibilité de transférer les fonds librement et d'ouvrir des comptes convertibles.
L'Africa-Ré dispose de bureaux à Lagos (où se trouve le siège de la société), Casablanca, Nairobi, Abidjan, Johannesburg et Ile Maurice.

Mohamed BENABID