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La Marocaine des Jeux: Les nouvelles niches

Par L'Economiste | Edition N°:3164 Le 07/12/2009 | Partager

. Bientôt des paris sur internet. Porter la contribution de 100 à 200 millions de DH au Fonds national du sport. Le nouveau DG répond à ses détracteursPour sa première sortie médiatique, Younes El Mechrafi, le tout nouveau patron de La Marocaine des Jeux, préfère plutôt décliner les enjeux de sa mission. Il compte explorer de nouvelles lignes de jeux et redynamiser les paris sportifs. Mais ses deux plus gros challenges consistent à doubler la contribution au Fonds national pour le développement des sports (FNDS), et décrocher le niveau 2 de la certification WLA. - L’Economiste: Comment vous expliquez que votre nomination fasse jaser. Vous sentez-vous pistonné?- Younes El Mechrafi: Absolument pas. La réaction était prévisible. Mais sincèrement, je ne me sens absolument pas pistonné. Comme dirait l’autre, droit dans mes bottes. Je dirais simplement que ce n’est pas moi qui suis visé à travers cette campagne. La question est de savoir à qui profite le crime? - Que voulez-vous dire? S’agirait-il, selon vous, d’un règlement de comptes politique?- Je ne sais pas. Mais ce dont je suis sûr est que je ne suis qu’un prétexte. C’est une campagne de presse qui dure depuis des mois et qui semble viser des gens qui n’ont rien à voir avec cette nomination. Il n’y a qu’à consulter ma lettre de nomination pour savoir que ce n’est pas le Premier ministre qui nomme le patron de La Marocaine des Jeux. - Maintenant que vous y êtes, dans quel état avez-vous trouvé l’entreprise?- Aujourd’hui, je suis dans une phase de prise de connaissance des problématiques et de l’écosystème. Mais je suis extrêmement étonné par l’expertise développée au niveau de La Marocaine des Jeux, par ses talents et son capital humain. Notre modèle RH est composé par une trentaine de personnes. En attendant, j’ai pris mon bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de mes partenaires, notamment les associations avec lesquelles nous avons des conventions (Fondation Mohammed V, Association Sport et Amitié…) pour les soutenir encore plus et mettre à contribution les valeurs du sport. Il y a aussi la fédération de football (FRMF) qui est un partenaire privilégié… Ce sont des partenaires avec qui nous comptons redynamiser les paris sportifs. - Concrètement, quelle est votre mission? - La Marocaine des Jeux a pour mission exclusive de participer au financement du Fonds national pour le développement du sport (FNDS). Le résultat net de l’entreprise est donc versé en intégralité à ce fonds. Autrement dit, la MJS ne réalise aucun profit. Nous sommes là pour générer des fonds pour la promotion du FNDS en plus du soutien aux associations caritatives… Notre objectif, doubler la participation au fonds à l’horizon 2012 pour la porter à 200 millions de DH. Nous avons versé 104 millions de DH en 2008. En 2001, ce montant était d’à peine 40 millions de DH. C’est donc un management par objectifs, contractuel. Par conséquent, le conseil d’administration attend de nous un business plan.- Pour doubler le résultat net, comptez-vous lancer de nouveaux produits/jeux?- Aujourd’hui, l’objectif est d’explorer de nouvelles niches de jeux en ligne, redynamiser les paris sportifs... Nous sommes d’ailleurs en train d’élaborer notre plan stratégique qui sera prêt dans 2 à 3 semaines.- Mais quel est votre plan d’actions?- Valeur aujourd’hui, je ne peux pas parler de stratégie. Mais il y a des challenges à relever dans l’immédiat. Ces défis sont intimement liés à de nouveaux modèles et aux canaux à explorer pour les jeux. Des canaux très liés aux technologies de l’information. Sachant que l’essentiel de notre métier est externalisé à un prestataire, GTech qui est le leader mondial de la loterie en ligne avec 65% de parts de marché. Ceci dit, cela fait 10 ans que GTech opère pour le compte de la loterie nationale et de La Marocaine des Jeux et des Sports autour de 1.600 points de vente. Le prestataire s’occupe du métier d’exploitation, le marketing des jeux. Le commercial est outsourcé. La Marocaine des Jeux conserve les prérogatives de recouvrement, fait de la communication institutionnelle, soutient les associations et l’organisation de manifestations sportives. - Pourquoi rester aussi longtemps lié au même prestataire?- Nous avons lancé récemment un appel d’offres international pour renouveler le contrat de concession. Il porte également sur la fourniture, l’installation et l’infogérance d’un nouveau système d’exploitation. Une démarche qui s’inscrit dans l’amélioration continue des process et de la sécurité du système de gestion. La Marocaine des Jeux et des Sports a initié cette démarche afin de renouveler son système d’exploitation et de trouver un prestataire pour la fourniture, l’installation et la maintenance du système, le contrat avec l’américain GTech étant arrivé à son terme. La procédure d’appel d’offres a été rigoureusement élaborée par une commission, de même qu’un cahier des charges détaillé. Cette décision de choix d’opérateur est structurante. Car elle devrait corriger la redevance qui est de 5% versés aux détaillants et 10% à l’opérateur. Or, selon un benchmark international, ce taux est autour de 6 à 7%.o


«Je ne suis pas fils de…»

Prédestination? Non! Si l’on tente de se montrer plus cartésien et que l’on s’en remet au parcours de Younes El Mechrafi, chiffres à l’appui, les statistiques semblent lui prédire un avenir encore plus prometteur. A seulement 44 ans, il est nommé à la tête de La Marocaine des Jeux et des Sports (MJS) par son ministre de tutelle, à qui revient le droit de nommer tous les responsables à la tête des directions et établissements publics relevant de son département. Mais il n’en fallait pas plus pour déchaîner les pures haines. «A qui profite le crime?», s’interroge sans cesse El Mechrafi, qui ne doute pas un seul instant de ne pas être à sa place, à la direction de la MJS. «Je ne suis qu’un prétexte», insiste-t-il. Un bac C au lycée Descartes de Rabat en poche, Younes El Mechrafi met cap sur Lille, en France, où il décroche un Deug en Maths-Physique. Il s’ouvre les portes de la Miage pour une maîtrise en méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises. En 1988, il obtient un DESS en génie informatique de l’Université de Lille. C’est le début d’une belle carrière professionnelle. Il est enseignant-chercheur dans une unité du CNRS à Valencienne avant de travailler pour le compte de la DRET (direction de recherches et techniques de l’armée française). De retour au Maroc en 1992, Younes El Mechrafi, comme toute sa génération aux affaires, formée dans les grandes écoles, il s’essaie dans les affaires familiales. Deux ans durant, il (re)noue avec «la vraie vie, la vie du terroir». Sur les terres de ses ancêtres, Oujda, il est aux commandes de Somav, société moderne avicole créée par son père. Suite à quoi, il monte une entreprise de services en informatique, SS2I. Qui chasse le naturel… Ce cabinet, spécialisé dans l’intégration et le développement de logiciels, a opéré essentiellement auprès des marchés publics. Après dix ans dans le privé, Younes El Mechrafi intègre l’équipe de l’ancien ministre de la Justice, Bouzoubaa, en tant que conseiller spécial en charge des projets de modernisation. Les chantiers structurants qu’il a initiés avec ses équipes lui valent encore le sobriquet de «l’informaticien de Justice». Parmi ces chantiers, l’on cite e- justice, un projet qui consiste à mettre en ligne un certain nombre d’informations sur l’ensemble des tribunaux de commerce du Royaume. Une sorte de greffe numérique qui donne en temps réel la décision du juge. Son dernier poste avant La Marocaine des Jeux et des Sports, la direction générale d’Archos Conseil, filiale de Mercure.com, holding nouvelles techniques du groupe ONA, que vient de racheter Tenor Group.Propos recueillis par Bachir THIAM & Amin RBOUB

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