Culture

La grand-messe du blues ce week-end à Casablanca

Par | Edition N°:895 Le 15/11/2000 | Partager

. Les Gospel Voices se produiront les 17 et 18 novembre au Théâtre Rialto. Le ticket d'entrée coûte entre 220 et 300 DHInitialement, il n'était prévu qu'une seule représentation, mais devant l'engouement du public pour la manifestation, les organisateurs (Hilart Productions) ont décidé que les «Gospel Voices« se produiront à deux reprises au théâtre du Rialto, le vendredi 17 et samedi 18 novembre. Créé il y a tout juste dix ans à Paris, le groupe antillais charmera certainement le public casablancais avec des morceaux d'anthologie tels «Oh Happy Day«, «When the Saints«..., mais aussi des chants de leur propre répertoire. Sous la direction de Max Zita, les Gospel Voices se sont peu à peu frayé le chemin du succès en France et aux Etats-Unis. Né dans une famille guadeloupéenne protestante, d'un père chef de choeur à l'église, le gospel il est tombé dedans depuis qu'il était tout petit. Zita crée son premier groupe à 16 ans. Quatre ans plus tard, il quitte son pays natal pour s'installer à Paris où il poursuit des études de musique, tout en continuant à diriger son groupe, dont les membres avaient progressivement rejoint la région parisienne. Les Gospel Voices rassemblent aujourd'hui douze choristes et musiciens. Originaires de La Guadeloupe, La Martinique ou l'Afrique, ils partagent tous une même valeur: l'oecuménisme. «Le gospel est le chant d'une détresse muée en espérance, il porte l'énergie d'une bonne nouvelle à venir et garde de son ancrage africain la pulsion vitale des rythmes syncopés«, souligne Max Zita. Issue du negro spiritual, cette musique est née dans les réunions des méthodistes noirs. Trouvant refuge dans les églises protestantes, ces derniers ont repris le répertoire musical des blancs auquel se mêle la rythmique africaine. Ce chant particulier est une formidable invitation au partage et à la prière. A la fin du XVIIIème siècle aux Etats-Unis, la ségrégation raciale n'aura donc pas suffi à faire oublier aux esclaves qu'ils sont avant tout des hommes. L'éveil de la conscience noire grandit progressivement. La population noire se réapproprie les cantiques imposés pour exprimer sa propre foi. Ainsi naquirent les spirituals. Ces chants de révolte, anonymes et bien souvent collectifs, revendiquent la dignité humaine. Les mélopées se popularisent et constituent un espace de liberté. Suite à la guerre de sécession, les Noirs voient en effet dans le Nord l'image de leur liberté reconnue et un travail assuré. Mais la grande dépression qui sévit entre 1925 et 1940 est un rude coup porté à ces immigrés. A nouveau, ils vont se tourner vers l'église. Les chants sont une expression d'espoir. C'est la naissance des «Gospel songs«, jonction entre le gospel blanc des églises et le blues noir de la rue. Les auteurs du gospel sont alors clairement reconnus. L'identité noire a enfin une existence, même si le racisme persiste.


Nicoletta et les Gospel Voices

A la fin de 1994 et à la demande de Nicoletta, le groupe enregistre avec elle la chanson «Comme une pluie d'étoiles« figurant sur son album. En septembre 1995, Max Zita est à nouveau contacté par Nicoletta qui lui propose de l'accompagner lors de sa tournée européenne 1996/97 dans les églises avec sa chorale. Proposition qu'il accepte avec joie et qu'il n'aura pas à regretter puisque la tournée a connu un grand triomphe. De cette collaboration va naître un enregistrement «Nicoletta & the Gospel Voices« chez BMG sorti en octobre 1996. F. T.

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