Entreprises

La fusion Ciments du Maroc-Asmar proposée aux AGE

Par L'Economiste | Edition N°:549 Le 13/07/1999 | Partager

· La donne du marché cimentier est bouleversée: Ciments du Maroc devient le deuxième groupe et la Cior passe à la troisième position

· Les groupes internationaux contrôlent totalement la production de ciments


La recomposition du marché du ciment est en marche. Les Conseils d'Administration de Ciments du Maroc, filiale de Ciments Français, et d'Asmar ont décidé la fusion-absorption d'Asmar. Cette décision devra être entérinée par une assemblée générale extraordinaire (AGE) convoquée pour la fin du mois.
L'opération intervient après que le groupe ait racheté il y a deux mois à la SNI 886.442 titres représentant près de 37% du capital d'Asmar. A cela s'ajoutent les parts détenues par Procimar, filiale de Ciments Français, dans le capital du cimentier de Marrakech. Ce dernier est devenu l'actionnaire majoritaire d'Asmar.
Si elle est entérinée par l'AGE, cette opération bouleversera la donne du marché cimentier. En effet, Ciments Français, contrôlée par le groupe italien Italcementi, détiendra désormais plus de 27% des parts de marché. Avec ce pourcentage, il devient le deuxième groupe après Lafarge Ciments (qui dispose d'environ 42%).
Les consommations de ciments au cours de 1998 le montrent. Les deux entreprises frôlent les 2 millions de tonnes. Sur les 7,152 millions de tonnes vendues, Ciments Français a écoulé 1,221 million de tonnes, les ventes d'Asmar pour la même période ayant totalisé 769.220 tonnes. La Cior occupera la troisième position avec près de 22% des parts de marché et des ventes évaluées à 1.558.199 tonnes.

Cette fusion-absorption est positivement perçue par les professionnels. Dorénavant, Asmar sera adossé à un cimentier ayant une envergure internationale. Cette nouvelle situation lui permettra d'améliorer la qualité du produit et bénéficier d'un savoir-faire et de la possibilité d'exporter. Les synergies à développer à l'avenir devront dégager des gains certains. Rappelons que le secteur cimentier compte jusqu'ici cinq entreprises qui exploitent un total de dix usines avec une capacité de production annuelle de l'ordre de 10 millions de tonnes.
Ciments du Maroc est détenue à hauteur de 53% de son capital par Ciments Français, lui-même contrôlé à 64% par l'Italien Italcementi. Dans sa structure du capital, la BNDE est présente à côté de la CIMR, la CNIA, la SNI et les divers. Ciments du Maroc exploite deux sites de production à Safi et Agadir. Le cimentier dispose d'un centre d'ensachage à Jorf Lasfar et de 5 centrales de béton prêt à l'emploi dont trois à Casablanca et une à Rabat. Ce groupe couvre toute la région sud. Le Nord est servi par Lafarge qui détient Lafarge Ciments à parts égales avec la SNI en exploitant quatre unités de production situées à Casablanca, Meknès, Tanger et Tétouan.
Quant à Asmar, elle a été avant cette fusion la seule cimenterie non filiale d'un groupe étranger avec comme principal actionnaire la holding SNI. Aujourd'hui, Ciments Français possède 1.330.257 actions sur un total de 2.371.600. Chaque action vaut 100 DH. Ces chiffres fournis par Asmar montrent que la BNDE détient 253.848 actions, le Fonds Abou Dabaï 323.400, la CIMR 205.600 et la SOMED 121.248. Fennie Brosset y est également présente avec 3.948 et les petits porteurs 55.396.
Cior (Ciments de l'Oriental) est filiale du cimentier suisse Holderbank. Elle possède deux unités de production, l'une située à Oujda, l'autre à Fès. Elle a un centre d'ensachage à Casablanca et un centre de broyage à Nador.

Mohamed CHAOUI


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