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vendredi 31 octobre 2014,
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Groupe OCP
Les pensions version RCAR pour fin octobre

   
. L’externalisation de la retraite effective à partir du 21 octobre. Versement de 28 milliards de DH au RCAR. Négociations avec la CNRA pour transférer 5,2 milliards de DHDénouement d’un long processus. Le groupe OCP a enfin décidé de franchir le Rubicon en externalisant sa caisse interne de retraite. Dans un premier temps, il est question d’un transfert partiel de 82% de la pension OCP vers le RCAR (caisse de retraite, filiale de la CDG), soit un bas de laine de 28 milliards de DH. Au total, ce sont 34 milliards de DH qui devront être versés à des régimes de retraite professionnels. Mais pourquoi un transfert partiel? Cela s’explique par le fait qu’il s’agit du montant dont le financement a été bouclé et qui sera versé en totalité au RCAR dès le 21 octobre prochain. «Le choix du RCAR est dicté par le Dahir portant loi n° 1-77-216 du 4 octobre 1977 créant le RCAR lui-même du fait que l’OCP est soumis au contrôle financier de l’Etat», explique une source auprès du groupe. «Ce chapitre en appelle d’autres. La partie restante de la caisse interne de retraite (CIR) sera, à son tour, incessamment externalisée. En attendant l’aboutissement des négociations en cours avec la Caisse nationale de retraites et d’assurances (CNRA), l’OCP continuera à assurer la couverture des droits non transférés au RCAR», explique-t-on auprès du phosphatier national. Comme l’adhésion du personnel est tout indiquée dans ce genre de démarche, qui engage l’avenir de la retraite du personnel, l’OCP assure que «cette externalisation s’est faite dans le respect des accords conclus avec les partenaires sociaux en 2005».
Professionnaliser la retraite
Selon des responsables proches du dossier, «la retraite sera désormais gérée par des professionnels dont c’est le métier. De plus, tous les acquis du personnel seront non seulement maintenus, mais améliorés».L’OCP a mis en place une stratégie de financement à moyen et long termes, qui comporte plusieurs process. Mais pour pouvoir la concrétiser, l’externalisation du régime de retraite est un pré-requis. «Cela va nous permettre d’avoir une situation bilancielle avec laquelle nous pourrons aller sur le marché financier national et international dans les meilleures conditions possibles. Nos besoins de financement seront assurés par le cash-flow et une partie par l’appel aux marchés financiers, dans le respect des équilibres financiers fondamentaux», explique Mohamed El Hajjouji, directeur Pôle finance et supports de gestion.La stratégie du groupe OCP s’articule autour de plusieurs axes. Parmi eux, la diversification des sources de financement. «Il s’agit pour notre groupe de pouvoir s’adresser à différents compartiments de marchés et d’utiliser différents instruments de financement dans un objectif de performance et d’optimisation des conditions (coût, durée maturité, etc.)».
Plus d’investissements
Pour le financement de ses investissements, un groupe de l’envergure de l’OCP ne saurait être prisonnier du marché bancaire. «Notre objectif est de nous préparer pour le moment où les conditions du marché seront meilleures pour en tirer le meilleur parti».Autre élément fondamental de la stratégie de l’OCP, la flexibilité des sources de financement. En pratique, le groupe aura la possibilité de passer d’un compartiment à un autre et de faire des arbitrages entre les différents instruments. «De plus, nous pourrons aller sur des marchés où il y a plus de profondeur, ce qui n’est pas le cas du marché marocain compte tenu de la nature et de l’ampleur des besoins», explique El Hajjouji.Un autre élément constitutif de la stratégie de l’OCP, c’est d’assurer la liquidité nécessaire à la réalisation des investissements indispensables à son développement. «Mais pour le moment, pas question de lever des fonds sur le marché boursier parce que notre groupe n’est pas privatisable», précise-t-on du côté du top management du groupe. Quid de la titrisation? «Elle représenterait pour notre groupe une autre source de financement, mais pour le moment le marché est trop perturbé et n’offre aucune visibilité. En outre, les coûts d’émission et les primes de risque ne sont pas favorables et il n’y a pas de liquidité», explique El Hajjouji, pour qui la titrisation reste toujours une option pour l’OCP à laquelle il pourra faire appel en temps opportun.
Dispositif

C’est en juillet 2007 qu’un accord tripartite entre l’Etat, l’OCP et la CDG, en tant qu’administrateur et gestionnaire du RCAR et de la CNRA, avait été signé. Le dispositif induit l’affiliation de l’ensemble des personnes bénéficiaires (32.169 pensionnés et 11.874 cotisants) au RCAR, assortie d’une pension de retraite définie par l’OCP. Le RCAR prendra en charge la pension d’affiliation depuis la date de l’externalisation et les allocations familiales. La CNRA prendra en charge, sous forme de rente viagère, la partie fixe de la pension de transfert OCP capitalisée à la date de la transaction. Le groupe continuera d’assurer la couverture des droits non transférés en totalité ou en partie, au RCAR et à la CNRA. Concernant le financement du transfert de la CIR, il convient de signaler qu’il se fera à hauteur de 18,6 milliards de DH sur fonds propres et de 9,4 milliards de DH empruntés à des banques de la place.Les retraités pourront percevoir leur pension dès la fin du mois d’octobre via un guichet unique auprès de la CNRA. Hassan EL ARIF