Affaires

Formation continue: Une nouvelle culture managériale

. Près de 2.000 entreprises s'y sont mises. Mais plus nombreuses sont celles qui sont sous-informées. La formation n'est pas toujours très adaptée aux besoins de la PMEUne chose est sûre. La formation continue constitue un véritable levier de développement, de par le monde. Plusieurs exemples en attestent. Avant la première crise financière et en moins de 30 ans, la Corée du Sud est devenue la 6e puissance mondiale. Les économistes s'accordent aujourd'hui à expliquer cet élan spectaculaire par l'importance que ce pays avait donnée aux ressources humaines. Au Maroc, le clivage entre grandes entreprises et PME/PMI se fait aussi sentir au niveau des besoins en formation des cadres et employés. Alors que l'offre en formation se développe et se diversifie, que des structures financières et scientifiques s'ancrent, la PME qui constitue 90% du tissu économique n'y a toujours pas accès. L'offre n'étant pas adaptée à sa dimension et ses besoins. Par ailleurs, la PME marocaine se débat encore dans des difficultés d'ordre organisationnel en rapport avec sa trésorerie. Pour Hafid Kamal, directeur de la Formation en cours d'emploi à l'OFPPT, “c'est toute une culture managériale à mettre en place”. D'ailleurs, Formaction 2004, le forum international de la formation continue et des ressources humaines, qui se tiendra les 22, 23 et 24 avril à Casablanca, compte focaliser sur les moyens permettant un plus large accès à la formation. Cette deuxième édition, après celle de 1998, sera aussi l'occasion d'échanger les expériences mais aussi de mieux définir les besoins de l'entreprise marocaine. Le forum ambitionne, selon Mohamed Bachiri, président de l'AGEF (association des gestionnaires et formateurs du personnel, créée en 1971), d'être “une force de proposition. Mais aussi de lobbying au niveau politique”. En moins de 6 ans, l'offre en formation a été multipliée par cinq. De 400 entreprises, elles sont aujourd'hui plus de 2.000 engagées dans un processus de formation continue. Le nombre des cabinets de formation a aussi été multiplié par dix pour passer à 600. Tous ces indices montrent qu'une prise de conscience s'installe. Mais ce n'est pas suffisant. Un grand chantier de sensibilisation devrait être mis en branle. Les professionnels en conviennent. “La plupart des entreprises sont sous-informées”. Pourtant, dans un contexte d'ouverture économique, l'entreprise marocaine a plus que jamais besoin de compétences pour faire face à la concurrence et accompagner son propre développement. Le retour sur investissement n'est toujours pas bien pris au sérieux. Car l'évaluation de l'impact sur l'entreprise fait défaut. “ETF (European Training Foundation) qui est partenaire du forum, jouera le rôle de sensibilisateur en aidant les entreprises marocaines à mieux mesurer l'impact de la formation”, souligne Kamal. En tout cas, le Maroc dispose aujourd'hui de mécanismes capables d'améliorer le niveau et la qualité de la formation. Le nouveau code du travail impose à tout employeur de former ses employés. Le décret de 2002 garantit le financement de la formation et le dernier projet de loi sur la formation continue est considéré par les professsionnels comme la porte des innovations.


Premiers jalons

Formaction 2004 s'est tracé des objectifs bien précis parmi lesquels la mise en place d'une démarche nationale à même d'agréer des consultants et des normes. C'est primordial dans la mesure où la formation est appelée à devenir plus rigoureuse. Le forum essaiera par ailleurs d'instaurer les premiers jalons d'une ingénierie de la formation. Le concept est bien quadrillé dans les pays développés. Les spécialistes donnent la Malaisie comme exemple.Ce sont des démarches et techniques qui permettent de mieux identifier les besoins de l'entreprise en matière de formation. Aujourd'hui, le concept d'ingénierie n'est pas bien formalisé chez la plupart des entreprises marocaines.Mostafa BENTAK

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