Economie

Fécondité: Plus on est riche, moins on a d’enfants

Par L'Economiste | Edition N°:3138 Le 28/10/2009 | Partager

. Une étude qui confirme le cliché. Le niveau d’instruction conditionne les natalités. Baisse de la fécondité à 2,1 et 3,1 enfants respectivement dans les villes et la campagneLe Maroc est-il en train d’entamer la seconde phase de sa transition démographique? En tout cas, la baisse de la fécondité ne peut que le confirmer. Selon une étude d’Abdeljaouad Ezzrrari, économiste au HCP, «les facteurs de baisse sont dus essentiellement à l’utilisation massive des méthodes contraceptives et au recul de l’âge au premier mariage». Phénomène attribué principalement à l’augmentation de la scolarisation des jeunes filles.L’indice synthétique de fécondité est ainsi passé de 7 à 5,5 puis à 2,5 enfants de 1962 à 2004. Soit une baisse d’environ 4,5 enfants en 42 ans. Au cours des années 80 et 90, le trend baissier s’est plutôt accéléré. En effet, l’indice synthétique de fécondité a reculé de 3 enfants entre 1984 et 2004 (contre une perte de 1,5 enfant durant la période 1962-1982). Plusieurs raisons expliquent cette baisse: accroissement de l’âge au premier mariage, utilisation accrue des méthodes contraceptives, alphabétisation, urbanisation... Plus encore, cette baisse de la fécondité se manifeste de manière distincte selon le milieu de résidence. Ainsi, entre 1962 et 2004, l’indice de fécondité a baissé de 5,5 enfants en milieu urbain en passant de 7,6 à 2,1. Dans le milieu rural, cet indice a régressé de 3,8 enfants puisqu’il est passé de 6,9 à 3,1.Les écarts de fécondité s’expliquent aussi par des considérations d’ordre socioéconomique, la mortalité infantile, l’alphabétisation et l’urbanisation.Par ailleurs, l’on relève une augmentation de l’âge moyen au premier mariage et l’utilisation de la contraception.En effet, au début des années 60, l’âge moyen d’entrée en première union n’était que de 17 ans. En 2004, il a atteint près de 29 ans (soit une différence de 12 ans durant cette période). En fait, selon Ezzrrari, «l’âge moyen au premier mariage enregistré à l’échelle nationale n’est qu’une moyenne qui cache des petites disparités selon le milieu de résidence». Ainsi, l’écart entre l’âge au premier mariage des femmes citadines et des femmes du milieu rural a atteint 1,6 année en 2004 contre 4 années en 2007.D’autres raisons expliquent l’accroissement de l’âge au premier mariage, l’étude cite notamment le niveau d’instruction de la femme. D’après les données de l’Enquête population et la santé familiale (2003-04), l’âge médian au mariage passe de 19,5 ans chez la femme analphabète à 22,7 ans quand celle-ci a un niveau d’instruction secondaire ou supérieur. Cette dernière a donc une plus grande probabilité d’accéder au marché du travail. L’éducation confère ainsi à ces femmes un comportement comparable à celui de leurs partenaires masculins.Par ailleurs, la contraception, qui était quasi rare dans les années 60, détermine désormais la fécondité. Au cours de cette période, moins d’une femme mariée sur dix y avait recours. Depuis, l’usage de la contraception n’a pas cessé de croître pour atteindre 63% des femmes en 2004.A l’instar de l’âge au premier mariage, la contraception enregistre également des différences spatiales. Evidemment, c’est dans le milieu urbain que l’utilisation de la contraception est plus répandue. Elle touche 65,5% des femmes contre près de 60% en milieu rural. Plusieurs facteurs conditionnent également l’utilisation de la contraception tels que le niveau scolaire, le nombre d’enfants, l’âge de la femme… Par ailleurs, les données récentes sur la fécondité au Maroc indiquent que si l’indice de fécondité a atteint 2,2 enfants par femme au niveau national, il est de 2,7 enfants pour les femmes n’ayant pas été scolarisées. Cet indice s’établit à 2 enfants pour les femmes dont le niveau scolaire ne dépasse pas le primaire. Enfin, ce même indice est de 1,4 enfant seulement pour les femmes qui ont le niveau secondaire et plus.Autre constat, l’indice de fécondité ne cesse de diminuer selon l’amélioration du niveau de vie. Ainsi, il est de 3,1 enfants par femme chez les moins aisés et de seulement 1,6 chez les plus aisés. L’activité exercée par la femme constitue également un facteur réducteur de la fécondité. Le nombre d’enfants par femme exerçant une activité économique est de 1,8 alors qu’il est de 2,5 chez les femmes inactives.H. E. & J. B.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc