Régions

Essaouira: Un programme de valorisation de l’artisanat

Par L'Economiste | Edition N°:3491 Le 22/03/2011 | Partager
31% de la population active vit de ce secteur
Raréfaction de la matière première, manque de formation… les boulets

Parmi les artisans d’Essaouira, 58% travaillent le bois de thuya. Or, ce bois rare et précieux met environ 100 ans à se renouveler. Des efforts de sensibilisation des artisans sont donc menés par les autorités compétentes pour éviter le gaspillage

L’artisanat fait indubitablement partie de l’âme d’Essaouira. Les échoppes des artisans s’alignent en rangs serrés et constituent l’essentiel de l’activité dans la médina. Pour avoir une idée de l’importance du secteur, rappelons que 31% de la population active de la province travaille dans le secteur artisanal. Les filières les plus en vue sont la marqueterie (travail du bois), la bijouterie, le tissage et plus récemment la vannerie (rafia). Malgré cet engouement, les difficultés ne manquent pas pour maintenir l’artisanat à flot. Retenons notamment une faible productivité, une raréfaction de la matière première du bois de thuya, un manque de formation des artisans…Pour assurer à ce secteur un bel avenir, un plan d’action ambitieux a été donc mis en place dans la province pour la période 2011-2015, et qui fait partie du plan du développement de la région de Marrakech (PDRA).
Le premier axe de ce programme consiste en le déploiement des centres d’appui technique. Concrètement, il s’agit de favoriser le regroupement des artisans, et donc le transfert des connaissances. Ces derniers auront à leur disposition du matériel de pointe, constitué de diverses machines, qui permettra de doper la production d’objets artisanaux. Ce matériel est un apport du secrétariat d’Etat chargé de l’Artisanat, tandis que les constructions et les aménagements des locaux sont du ressort de l’INDH (Initiative pour le développement humain). Dans la médina d’Essaouira, un centre d’appui à la bijouterie, dont les travaux de construction sont finis, sera inauguré prochainement. «Un centre d’appui technique à la marqueterie va également voir le jour cette année. De plus, une coopérative de marqueteurs est en cours d'aménagement», indique Amal Ismaïli, déléguée de l’Artisanat à Essaouira.
La création de plusieurs «Dar Lamâalma» est également prévue dans la province. Il s’agit de centres d’aide à la production dans les métiers du tissage et du tapis rural; deux unités sont en cours de construction à Tafetacht et à Smimou et une troisième est en projet à Tamanar. A Hanchane, c’est la mise en place d’un village artisanal multi-métiers qui est à l'ordre du jour. Dernier projet de taille, l’intégration de l’artisanat dans la nouvelle zone industrielle qui sera située à Douar Laraab. Dans cette zone, il s’agira notamment d’ériger un centre de bois pour le traitement de la matière première.

De notre correspondante,
Marie-Noëlle RASSON

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc