Entreprise Internationale

En fusionnant Zenith Data System avec Packard Bell : Bull se débarrasse de son plus gros foyer de pertes

Par L'Economiste | Edition N°:217 Le 15/02/1996 | Partager

Zenith Data System (ZDS), la filiale micro-informatique de Bull, va fusionner avec Packard Bell, quatrième constructeur mondial de micro-informatique derrière Compaq, IBM et Apple. Selon le protocole d'accord signé entre les parties, Bull et Nec, qui détiennent chacun 19,9% du capital du constructeur américain, ceux-ci vont conserver leur niveau actuel de participation dans le nouvel ensemble. En échange des actifs de ZDS, Bull va recevoir 283 millions de Dollars (1$US=8,75DH) en obligations préférentielles convertibles ainsi que des obligations non convertibles pour 84 millions. De son côté, Nec, actionnaire à 17% de Bull, va investir 283 millions de Dollars en actions préférentielles dans le nouveau groupe.
Au terme de cette fusion, Packard Bell pèsera plus de 5,5 milliards
de chiffre d'affaires, ce qui le placera en tête des constructeurs américains de micro-informatique avec plus de 13% du marché.
Si le montage financier est déjà arrêté, les modalités pratiques de l'opération, comme l'intégration des équipes de ZDS, n'ont toujours pas été fixées.
Pour M. Jean-Marie Descarpentries, PDG de Bull, ce premier "mouvement stratégique" constitue "une alliance mondiale gagnante jouant un rôle majeur dans les marchés en forte croissance des micro-ordinateurs et du multimédia". Il sera immédiatement suivi par une restructuration en profondeur du groupe, est-il précisé.

C'est une "étape décisive de notre coopération à long terme visant à développer la présence des trois partenaires sur le marché mondial de l'informatique", a indiqué le président du conseil d'administration de Nec. De son côté, le vice-président Europe de Packard Bell se félicite "d'avoir racheté ZDS".
"Packard Bell est arrivé à une telle part de marché aux Etats-Unis, près de 44% sur le marché grand public, explique-t-il, qu'il est impossible ou suicidaire de croître davantage sur ce segment. La fusion nous permet de nous diversifier et de prendre pied sur des segments de l'administration, de l'éducation et de l'entreprise".
Racheté en 1989 par Bull pour 511,4 millions de Dollars, ZDS était à l'époque le numéro deux mondial des fabricants de portables derrière Toshiba et affichait un chiffre d'affaires de 1,4 milliard de Dollars et une rentabilité avant impôts de 4%. Cette acquisition devait permettre de donner un nouveau souffle à l'activité micro-informatique du constructeur français. ZDS apportait à la fois la taille critique, une expertise technologique dans les portables et d'importants contrats avec le gouvernement fédéral américain.
Ce qui devait être une bonne affaire se transforma en échec: ZDS perdit sa position sur le marché des portables, ses ventes stagnèrent et le gouvernement américain lui refusa ses contrats.

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