Entreprises

Avec le C15 de Citroën : L'utilitaire a sa version économique

Par | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager


Après la voiture et le vélomoteur économiques, c'est le véhicule utilitaire qui est touché par la formule. L'Etat abandonne les droits de douane sur les CKD et le constructeur rogne sur sa marge pour réduire le prix.

Citroën cherche sa revanche. Le constructeur français avait soumissionné à l'appel d'offres pour la voiture économique, au même titre que Peugeot, sa société sur et d'autres encore. Mais Fiat avait été retenu.
Aujourd'hui, la marque au chevron tente une percée avec son véhicule utilitaire économique, le C15, sur le marché depuis 1986. L'usine Somaca en montait 1.000 à 1.200 par an. Ce véhicule subit aujourd'hui un lifting et surtout une compression de prix, suite à un accord passé avec les pouvoirs publics. Il passe à 84.900 DH HT pour sa version diesel et 74.200DH pour sa version essence contre respectivement 134.500 et 99.000 auparavant.
La convention correspondante signée en 1995 stipulait pour l'Etat un effort sur les recettes douanières et fiscales: les droits de douane et le pré-lèvement fiscal à l'importation étaient supprimés sur les CKD, et la TVA sur le véhicule ramenée de 20 à 14%.
La convention Etat-Citroën porte jusqu'à l'an 2001. Au-delà, le démantèlement douanier prévu avec la zone de libre-échange Maroc-UE, et donc la déprotection pour le véhicule monté, change les données.

Plus que cela, l'Etat, par la Loi de Finances 96/97, a étendu à tout constructeur le bénéfice de ces avantages. Rien n'empêche donc Renault d'en profiter et de monter, dans ces conditions, son Express, concurrent direct du C15. Ou bien encore Daewoo, qui a affirmé son ambition sur le Maroc, notamment dans l'automobile, et peut commencer son entrée par là. Cependant, le géant coréen doit accepter le difficile jeu de l'intégration-compensation. Pour le véhicule utilitaire, l'intégration doit porter à 25% la contribution de la sous-traitance locale. Pour la compensation, ce sont 75% qui doivent aller à l'export.
«Avant la formule économique, le C15 intégrait déjà 10% de sous-traitance locale. Cette part doit donc être plus que doublée à la deuxième année», précise M. Ajana, directeur général de Sopriam.
A l'occasion, il précise que Sopriam appartient bien au groupe ONA qui y détient 92% des actions, le reste étant entre les mains de Peugeot.
Les fournisseurs potentiels ont déjà été réunis. Outre les batteries, radiateurs, pneumatiques... déjà achetés pour le montage sur les chaînes de la Somaca, ils peuvent proposer des pièces pour la nouvelle version en caoutchouc de tôle, de clignotants...
L'essentiel est qu'ils se plient aux spécifications, aux normes du produit.
En revanche, pour la compensation Citroën, ou tout autre donneur d'ordre étranger, on exigera des normes et des certifications des usines sous-traitantes.

Sous-traitance et petite série


Autre condition: les sous-traitants doivent être compétitifs en matière de prix, même s'ils produisent en petites séries comparativement à l'Europe ou l'Asie. A ce sujet, le directeur de Sopriam rappelle que PSA avait émis des réserves, pour la voiture économique, sur un niveau d'intégration de 50%. Pour le groupe français, il y a risque de surcoût pour des séries de 20.000 à 25.000 véhicules. Il faut servir des lignes productions de 100.000 véhicule pour rester compétitif. Les sous-traitants du C15 ont donc beaucoup à faire, car tout le segment est estimé à 10.000 ou 15.000 véhicules utilitaires, et encore dans les meilleures années. Citroën en revendique la moitié.
Pour améliorer cette part de marché, Citroën a introduit des améliorations «pour joindre l'utilitaire à l'agréable»: fermetures centralisées, lève-glaces électriques, baguettes latérales... vitre arrière coulissante..., et surtout, le véhicule doit être adapté aux 2 usages: transport ou «familial» avec banquette arrière rabattable. Citroën compte beaucoup sur ce double usage pour tirer ses ventes. Ainsi, un commerçant peut l'utiliser aux livraisons de jour, aux sorties familiales le soir.
A l'origine, le C15 était un dérivé de la Citroën Visa, auquel l'usine espagnole de Vigo a ajouté une «bulle», pour l'exporter aux quatre coins de l'Europe.
En outre, Sopriam compte récupérer des marchés publics, comme ceux de l'ONPT, des offices... qui étaient passés à la voiture économique pour des questions de prix.

K. B.


Sopriam


Avec 4.040 voitures vendues en 1995 et un chiffre d'affaires de 544 millions de Dirhams, Sopriam arrive au 3ème rang de ceux qui étaient appelés les constructeurs Fiat, et Renault. Sopriam distribue les véhicules Peugeot et Citroën et emploie 185 personnes, succursales comprises.
L'entreprise avait été créée en 1977 par l'ONA, Peugeot et Somaca. En 1984, l'ONA rachète les parts de Somaca. Sopriam qui assurait le montage de Peugeot fusionne avec Maden qui en assurait la commercialisation.
En 1986, Sopriam acquiert la distribution de Citroën et de Peugeot à Casablanca, assurée alors par SIARA.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc