Culture

Amir Ali, l’appel des origines

Par L'Economiste | Edition N°:2702 Le 29/01/2008 | Partager

. Après 20 ans à Walt Disney, il revient au Maroc pour sortir «Mina», son cinquième album. Sa musique est une rencontre entre l’Orient et l’Occident, ni dominant, ni dominé1986, une année que Abdelali Ajraoui n’oubliera jamais. Cette année, celui qui deviendra Amir Ali, le chanteur compositeur aux quatre albums à succès, traverse l’Atlantique vers les Etats Unis. Le violon dans la main, il quitte le Maroc sans jamais vraiment le quitter. Son amour pour le pays n’a pas pris une seule ride. «Je n’ai rien oublié», insiste-t-il. Surtout pas la musique. Plus de vingt ans après, il revient aujourd’hui: violon dans la main (toujours) et un nouvel album. Mina est son nom. Les prénoms à forte charge culturelle, ce n’est pas cela qui manque dans la nouvelle oeuvre de Amir. Fatima et Aïcha ont elles aussi leur chanson.Au total, dix titres de quatre minutes en moyenne chacune. Bladi, Lahbab, Mwalef, Yanass… une véritable passion du pays, sa terre, ses gens, ses couleurs, ses rythmes et ses sons. «C’est un travail qui a pris 6 ans, de 2000 à 2006», affirme Amir Ali. Six ans de voyage permanent vers les origines pour rappeler l’ambiance d’un monde que l’éloignement sublime, idéalise. Un pèlerinage qu’Amir effectue en dépit des exigences de sa vie américaine. Au pavillon marocain de Walt Disney, il se produit chaque jour devant un public venu des quatre coins du monde. Avec sa troupe Morocking (créée en 1999), il chante marocain et arabe en général, le tout habillé d’une tenue aux influences occidentales: jazz, hip hop, reggae, etc. C’est d’ailleurs, plus qu’une tactique marketing, un réel choix de style musical. «Mes compositions puisent dans mes souvenirs d’enfance et de jeunesse: Abdelwahab, Oum Kaltoum, Nass El Ghiwane, Houssine Toulali, Doukkali, Belkhayate et tous les autres. Mais l’arrangement, lui, respecte les standards de la musique moderne», explique le chanteur compositeur. Sa voix et sa façon de chanter reproduisent le même attachement aux sources. Et quand il parle des sources, la voix de Amir Ali change de timbre pour prendre un ton d’amertume: «Nous commençons à perdre notre trésor musical». Un reproche adressé aux nouvelles chansons «qui, avec leurs paroles indécentes et leur musique importée, défigurent le vrai visage de la chanson marocaine».Au sujet du piratage, l’artiste se montre plus sévère: «C’est tout simplement du vol», s’emporte-t-il. Mais il observe quand même une prise de conscience, «les jeunes d’aujourd’hui prennent de plus en plus conscience qu’acheter un CD piraté c’est priver l’artiste de son gagne-pain».Les controverses de côté, Amir Ali retrouve le plaisir d’embrasser son violon. Tous les soucis mis de côté, heureux comme un enfant, il joue ses morceaux préférés: Cléopatre, Rissala min tahti l’maâ, etc. Difficile de résister à son appel de voyage dans notre mémoire collective.Nabil TAOUFIK

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