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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

samedi 02 août 2014,
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Abdou Cherif: «Pour rendre votre vie plus rose!»

   
. Le chanteur de charme en concert à Casablanca le 26 juillet. «Le piratage toléré tue la chanson marocaine«. Pourquoi ne soutiendrait-on que la «Nouvelle Scène»?Demain, 26 juillet, Abdou Cherif chantera pour que la vie des gens soit plus rose. Il oppose, ainsi, le rose de ses chansons pleines d’amour au rouge de l’alerte contre les attaques terroristes.- L’Economiste: Quels sont vos nouveaux projets?- Abdou Cherif: D’abord, une série télévisée pour le compte de la SNRT où le public me verra sous un angle complètement différent. Ce sera mon «baptême de feu» en tant qu’acteur. Ensuite, il y a le concert du 26 juillet. A la suite de l’alerte rouge donnée par les autorités, j’ai voulu apporter une touche de fête pour faire basculer la vie des gens du côté du rose. Mais, et c’est anecdotique, sur l’affiche annonçant le spectacle, j’ai mis la date du 26 en rouge! Si le public n’est pas au rendez-vous, c’est moi qui m’exploserais (rires).Enfin, il y a «les amis de la musique»: une comédie musicale rassemblant plusieurs artistes de renommée tels que Nouri, Rhani, Nouamane Lahlou, Karim Tadlaoui et autres. Une tournée internationale est prévue. L’idée est de présenter la richesse du patrimoine musical marocain.- Serait-ce le début d’une nouvelle lune de miel entre vous et les télévisions marocaines?- C’est ce que j’espère parce qu’aujourd’hui l’artiste marocain est sous-représenté sur nos écrans. Ces derniers sont plutôt peuplés par des stars étrangères. Je pourrais formuler le même constat de «mise en quarantaine» pour les festivals. Je ne suis pas contre l’ouverture sur l’Autre mais je demande juste qu’une clause de réciprocité soit activée. Sinon, que les nationaux aient un traitement de préférence comme partout où j’ai pu aller notamment dans les pays du Moyen-Orient.- Mais, ces étrangers chantent leurs propres chansons au Maroc. Pourquoi, vous, vous n’avez pas encore votre propre registre marocain?- La chanson marocaine est en mal de fonds. Le piratage ne fait qu’empirer la situation. Tant que ce laisser-aller est toléré, je ne trouverais jamais un investisseur prêt à parier sur un album marocain. Le gouvernement, qui est censé combler ce vide, a fait le choix de promouvoir les chansons dites de «Nouvelle Scène».Je me demande si, pour prospérer, je ne devrais pas plutôt me faire appeler «Abdou L’khasser» (rires).- Qu’est-ce qui peut faire changer la donne?- Après Dieu, j’ai tout espoir que la volonté royale puisse peser de tout son poids.
Patience mon coeur

ABDOU Cherif: le regard nostalgique à un (certain) passé. Lequel des deux, celui de Abdelhalim Hafez qu’il interprète si bien qu’on confond les voix? Ou celui, plus récent, où le chanteur marocain était «roi» chez lui? Ce «chez lui», Abdou l’a quitté, il y a 7, 8 ou 9 ans (il ne sait plus) pour partir au Caire, le Hollywood arabe. Là-bas, il ne s’est jamais senti chez lui. On le lui a toujours rappelé: «Bienvenu chez nous». Un de ces compliments minés qui brisent sa fierté d’être… Marocain. Il en citerait volontiers un autre: «En vous écoutant la première fois, je ne pensais pas que vous étiez Marocain!»Quand il est avec ses amis, Abdou Cherif déploie tout son talent. Une âme d’éternel enfant. Mais, lorsqu’il s’agit de parler de la situation du chanteur marocain, il place la voix au plus triste: «Ya l’babour, fi bladi rani mahgour».Cependant, derrière le visage lisse et éprouvé du chanteur romantique se cache un combattant infatigable. Abdelhalim l’était aussi. La cause que défend le Adbou national est de «montrer au monde entier que l’artiste marocain est l’égal de n’importe qui d’autres». Dans son combat, Cherif ne peut s’armer que de patience: «Ya qalbi sbar wa la taâjal, li sabrou nalou(1)», ne cessera-t-il de fredonner.-----------------------------------(1) Patience mon cœur, ceux qui savent patienter finissent toujours par gagner.Propos recueillis par Nabil TAOUFIK