Entreprises

Technopark: «Les meilleurs ont déjà connu l’échec»

Par Amine ATER | Edition N°:4796 Le 16/06/2016 | Partager
omar_balafrej_096.jpg

Omar Balafrej, directeur général du Technopark, revient sur les 15 ans d’existence de l’incubateur. Une pépinière qui commence à atteindre la maturité au niveau du 1er centre de Casablanca et qui commence à se constituer en réseau avec les unités de Rabat et Tanger (Ph. YT)

- L’Economiste: 15 ans après la mise en place du technopark, pouvez-vous nous dresser un état des lieux de l’incubateur Technopark?

- Omar Balafrej: Depuis son lancement en 2001, le technopark a accompagné près de 900 entrepreneurs à Casablanca, Rabat et Tanger. Le technopark aujourd’hui, c’est en permanence 250 start-ups et PME marocaines, près de 2.000 salariés d’une moyenne d’âge inférieure à 30 ans sur 3 sites avec plus de 60 nouvelles start-ups chaque année. Engagé dans une stratégie de duplication régionale de son modèle, le technopark a ouvert à Rabat en 2012 avec plus de 90 entreprises accueillies et à Tanger en 2015 (déjà 25 start-ups hébergées). Le technopark concentre plus de 15 structures d’accompagnement et de financements.

L’Apebi, MNC, l’Afem, le CJD, REM mais aussi Startup Maroc, Enactus, Impact Lab… sont autant de structures hébergées. Sans oublier le seul fonds de capital-risque dans le domaine du numérique (MNF) dans lequel MITC détient 20%. MNF a investi dans 16 start-ups innovantes dont plusieurs ont été ou sont encore hébergées au technopark.

- Est-ce que l’incubateur a réussi à s’imposer comme rampe de lancement?
- Le technopark a vu l’émergence de plusieurs success stories. A titre d’exemple, les sociétés M2T (Maroc Traitement des Transactions) ou encore Rekrute.com ont démarré au technopark en tant que SUP et sont aujourd’hui leaders dans leur domaine. On peut aussi citer Valuepass, intégrateur SAP ou Data Protect aujourd’hui hébergé à Casashore mais qui a démarré au technopark avant de prendre son envol et de devenir un des grands acteurs de la sécurité informatique en Afrique.

- Le technopark était à ses débuts complètement orienté IT, pour s’ouvrir aux start-ups spécialisées dans l’énergie, les smart-cities ou encore l’industrie culturelle. Est-ce que le spectre de l’incubateur va encore s’élargir?
- Depuis 2008, nous sommes engagés dans une stratégie de duplication territoriale et sectorielle. Nous avons ouvert l’accès aux green technologies en 2009 puis aux industries culturelles en 2015. Ces secteurs ont beaucoup de liens avec l’IT en plus d’avoir un fort potentiel pour le pays. Pour l’instant, ce sont les seuls secteurs qui donnent du sens au technopark.

- Après Rabat et Tanger, quelles villes sont susceptibles d’accueillir de nouveaux technoparks et sur quels critères vous vous basez pour le choix des villes?
- Toute ville de plus de 100.000 habitants devrait avoir un technopark de la taille de celui de Rabat qui accueille 35 start-ups et PME en permanence. Les villes de Marrakech, Agadir, Fès, Meknès ou encore Oujda seraient propices pour continuer notre processus de duplication régionale. Mais en 2016, nous devons d’abord finaliser la montée en charge du technopark de Tanger lancé en 2015.
Le critère principal, pour nous implanter en tant que technopark, est d’avoir un bâtiment à disposition en centre-ville. Condition pour que notre modèle fonctionne. Et cela, pour une raison simple: les meilleurs entrepreneurs débutent leurs entreprises sans voiture et ont besoin d’avoir un maximum de services de proximité (transport public, restauration à prix diversifiés, banques, administrations,…).
 
- Financement, accompagnement, formation... quelles sont les limites du concept ?
- Je pense que le technopark est le meilleur lieu au Maroc pour lancer son entreprise. Mais ce n’est pas une garantie de succès. L’entrepreneuriat est quelque-chose de risqué et de difficile. Les meilleurs entrepreneurs que j’ai eu le plaisir de rencontrer sont ceux qui ont déjà connu l’échec et ont par là même pris de la bouteille. Beaucoup d’initiatives pour accompagner (même financièrement), coacher et mentorer les entrepreneurs débutants ont été lancées ces dernières années. Là où nous n’avançons pas suffisamment, c’est dans la stimulation de la commande. Pour que les start-ups décollent, il faut que les grandes entreprises privées et publiques leur fassent confiance en leur achetant des services et des produits. Un bon de commande (payé dans les délais) vaut mieux que n’importe quel financement.
Propos recueillis par Amine ATER

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    courrier@leconomiste.com
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc