Culture

Musée Mohammed VI
Une première carte blanche à Faouzi Laatiris

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4767 Le 06/05/2016 | Partager
Le volet intitulé «Les sept portes» de l’exposition «Volumes fugitifs» se tient jusqu’au 30 août
Avec la participation de 9 artistes qu’il a contribué à révéler dans les années 1990 et 2000
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La première porte de Faouzi Laatiris laissant entrevoir «Les oreillers» de Safaa Erruas ainsi que l’espace dédié à Mohamed Larbi Rahhali (Ph. Bziouat)

«A travers cette exposition qui donne une carte blanche à Faouzi Laatiris, le musée Mohammed VI remplit sa mission première, à savoir soutenir, encourager et appuyer la jeune création marocaine», précise Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées (FNM). Après avoir accueilli l’exposition de César et celle de Giacometti, toujours en cours, le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MM6) marque une nouvelle étape dans sa programmation en mettant en lumière la création contemporaine marocaine. “Volumes fugitifs. Faouzi Laatiris et l’Institut national des beaux-arts de Tétouan” se tiendra en deux volets. Le premier, intitulé “Les sept portes” se poursuit jusqu’au 30 août, quant au second, qui se recentrera sur l’œuvre de l’artiste, il se tiendra entre le 15 septembre et le 30 décembre.
Cette première carte blanche a été donnée à une figure importante de l’art marocain, Faouzi Laatiris, qui a étudié à l’Institut national des beaux-arts de Tétouan (INBA) dans les années  1980 où il enseigne depuis 1993 à nos jours. Il y a installé l’atelier “Volume et installation”, qui développera au Maroc les pratiques liées à l’espace, aux formes hybrides et dynamiques et à la mise en scène des objets. «Les sept portes» qu’il présente avec 9 artistes qu’il a contribué à révéler dans les années 1990 et 2000 propose de découvrir les œuvres d’une génération marquant l’histoire de l’art marocain. Le commissariat de cette exposition a été confié à une figure de renommée internationale, Morad Montazami, commissaire à la Tate Modern de Londres, et soutenu par Iran Heritage Foundation. Il dirige notamment la revue Zamân sur l’art moderne et contemporain du Moyen-Orient et du Maghreb, ainsi que les éditions Zamân Books. «Faouzi Laatiris est un artiste hors-circuit, que ce soit d’un point de vue commercial, institutionnel ou esthétique. Son langage visuel, son répertoire de symboles et son lexique échappent assez largement à

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«Monde sous pression» de Batoul S’himi, cette œuvre présente une double image entre l’expérience de la sculpture et de la projection dans laquelle l’on peut s’introduire et se balader
(Ph. Bziouat)

toute codification moderne et contemporaine», précise Morad Montazami. C’est d’ailleurs en sa compagnie que s’est tenue une visite guidée des «Volumes fugitifs» qui désigne cette capacité de repenser la ligne de partage entre le plan et l’espace, entre la toile et l’atelier, entre le trait d’union et l’ornement… L’exposition se déploie autour de la nouvelle installation de Faouzi Laatiris «Les sept portes», faisant référence aux 7 portes de Tétouan. C’est également une allégorie du passage qui s’ouvre avec une porte comportant plusieurs instruments de musique traditionnelle accompagnée d’un poème de Khalil Gibran. L’on retrouve ensuite les œuvres des artistes fondateurs de l’atelier «Volume et installation» avec notamment «Les oreillers» de Safaa Erruas, «Zahra sghira» de Younès Rahmounet, une œuvre de Batoul S’himi où elle réinterprète un travail qu’elle avait réalisé à la fin des années 90. Quant à Mohamed Larbi Rahhali, un espace lui a été dédié, car il assistait Faouzi Laatiris lors des ateliers, devenant artiste lui-même au fil des années. La deuxième porte s’ouvre ensuite sur les artistes des années 2000 qui se combinent avec ceux des années 90 avec tout d’abord «Betweentwo» de Mustapha Akrim. La sculpture performative invite le visiteur à découvrir une autre œuvre de l’artiste intitulée «Le musée des ouvriers». La visite se poursuit avec «Monde sous pression» de Batoul S’himi et Khalid El-Bastrioui avec son installation «Travelling» réalisée avec des répliques de tabourets de cireurs de chaussures.

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Installation «Anwar al noujoum» de Mohssin Harraki. L’œuvre intellectuelle, voire ésotérique, est inspirée de textes scientifiques et d’explorateurs arabes (Ph. Bziouat)

Derrière la troisième porte, se trouve une œuvre majeure de l’exposition de Safaa Erruas. La quatrième porte «Faracha» est constituée de poteries qu’on peut qualifier de monstrueuses, mixées à des éléments kitch, derrière laquelle l’on découvre la vidéo «Zaitouna» de Younès Rahmoun faisant écho à un dessin au sol de Mohssin Harraki, lui-même communiquant avec une de ses installations. Après la cinquième porte, le visiteur découvre, entre autres, un diaporama d’une performance réalisée par Mohamed Arejdal à Dakar.
Pour finir, les deux dernières portes ne se trouvent pas dans l’espace d’exposition, illustrant parfaitement l’idée de «Volumes fugitifs». L’exposition s’achève en apothéose avec la porte «Caid Allal» sur une réalisation exceptionnelle et impressionnante de Faouzi Laatiris.
Un ouvrage coédité par la FNM et Kulte Editions accompagnant l’exposition a également été publié. Le livre trilingue va au-delà du simple catalogue et constitue une véritable archive critique sur l’école de Tétouan. En effet, le livre croise des archives, des entretiens et des essais critiques inédits retraçant les trajectoires des professeurs et étudiants emblématiques de l’INBA des années 1950 à nos jours.

 

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