Société

Microfinance
Al Amana leader d’un marché en croissance

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4748 Le 11/04/2016 | Partager
Reprise progressive à l’échelle mondiale et au Maroc
L’Association tire le marché national et réalise une belle performance en 2015
Son encours a progressé de 12,4% et son coût du risque est passé à moins de 2%
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L’offre mondiale de la microfinance continue à se développer avec un montant de 105, 9 milliards de dollars de prêts octroyés. La valeur du portefeuille mondial est davantage concentrée en Asie et  en Amérique latine alors que la région Mena reste encore timide bien qu’elle ait enregistré une progression

Leader dans la microfinance au Maroc, Al Amana compte bien le rester malgré la concurrence. Celle des institutions concurrentes mais aussi celle des banques de plus en plus intéressées par ce segment. C’est le message que l’on pourra retenir de la conférence des cadres de  l’association organisé le week-end dernier à Marrakech sous le thème «Ensemble vers les plus hauts sommets». Objectif: mobiliser les cadres pour les challenges fixés à l’horizon 2018.  Et c’est tout naturellement que l’association du microcrédit (AMC) a fait appel au seul Marocain qui a réussi à gravir l’Everest,  Nacer Ibn Abdeljalil, pour animer cette rencontre.
Ce financier, qui a troqué son costume de banquier - à la Morgan Stanley- contre une tenue d’alpiniste, a réussi littéralement à gravir les hautes montagnes grâce à sa persévérance.  Il résume sa philosophie de la vie par la célèbre phrase du parlementaire anglais: «Avec un talent ordinaire et une persévérance extraordinaire, on peut tout obtenir», dixit Thomas Foxwell Buxton. Et c’est cette volonté qu’il a voulu partager avec des cadres d’Al Amana, très motivés et  fiers de fournir un travail à forte valeur sociale pour la lutte contre l’exclusion. C’est que la microfinance se positionne comme un instrument majeur d’inclusion financière.  

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C’est à Marrakech, lors d’une convention des cadres, que l’association a présenté son bilan et ses perspectives 2018 déclinées dans son programme Oufouq. Ci-dessus, son DG, Youssef Bencheqroun, présentant les axes de ce programme (Ph. Mokhtari)

Dans le monde, son offre continue à se développer avec un montant de 105,9 milliards de dollars de prêts octroyés   (chiffres de 2014).  L’Asie du Sud, l’Asie de l’Est et l’Amérique latine mènent le marché.  En effet, parmi les 100 plus grandes institutions de la microfinance, la moitié se trouve en Asie. Et bien qu’elle ait enregistré une croissance de 9%, la région Mena reste encore très timide avec un montant de 2 milliards de dollars. C’est dire le potentiel à exploiter. Sur le plan national, il y a eu aussi une reprise progressive de la croissance.  Les encours de crédit ont augmenté de 10% à fin juin 2015 alors que l’évolution du nombre de clients a progressé de 4%. «Il y a un regain d’intérêt pour le secteur de la part des pouvoirs publics, grâce notamment au Fonds MCC, Fonds de Deauville consacrés à la mise à niveau institutionnelle, et la prédisposition affichée de Bank Al-Maghrib à soutenir le secteur  pour élargir ses capacités d’intervention, confirme Youssef Bencheqroun, directeur général d’Al Amana. Dans ces chiffres satisfaisants de la microfinance, Al Amana se taille la part du lion. Avec 38% du marché, l’association, qui dispose d’un réseau de plus 597 agences, a terminé l’année 2015 sur un encours de 2,2 milliards de DH de microcrédit. Il s’agit d’une progression de 12,4% par rapport à l’exercice précédent.  Un record pour l’institution qui achève son programme  Oufouq 2015 en beauté.  Sur 4 ans, Al Amana a engrangé (entre  2011 et 2015) 436 millions de DH de fonds propres qui ont quasiment doublé, et a remboursé 87 millions de DH de dette subordonnée. Elle a aussi réduit le coût du risque qui est passé de 7% à moins de 2%, indique Bencheqroun.  Et ce n’est pas fini.  L’AMC vient d’initier un nouveau plan de développement, Oufouq 2018, qui prévoit d’augmenter de près de 16% sa production de crédit et de 18% le nombre de ses clients actifs. Dans les assurances, Al Amana espère passer de 738.465 assurés à 1,4 million. Dans l’optique 2018, l’association compte poursuivre l’extension géographique de son réseau de points de vente pour atteindre les 666 agences et poursuivre sa politique de diversification, notamment dans les nouveaux segments comme la TPE.  Parallèlement, Al Amana démarre sa transformation digitale avec la mise en place d’une gestion électronique, le renforcement de sa présence sur les réseaux sociaux. De même qu’elle entame sa certification Iso 9001 (version 2015) et vient d’adopter un code d’éthique, signé symboliquement lors de la convention des cadres organisée à Marrakech.

 

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