Culture

Quand Latifa Serghini retrace le destin de Ahmed Yacoubi

Par L'Economiste | Edition N°:4722 Le 04/03/2016 | Partager
«Life before thinking- sur les pas du peintre Ahmed Yacoubi», un récit de vie de l’artiste
L’auteure prévoit de publier d’autres ouvrages afin de «contrer l’amnésie»

Couverture de l’ouvrage de Latifa Serghini «Life before thinking- sur les pas du peintre Ahmed Yacoubi», un récit de vie d’un des pionniers de l’art contemporain marocain (Source : Editions Archives des Arts)

C’est à la Villa Delaporte à Casablanca que Latifa Serghini a présenté et signé son ouvrage «Life before thinking- sur les pas du peintre Ahmed Yacoubi» mercredi dernier. Lors de cette rencontre, l’auteure est revenue sur la genèse de l’écriture du récit de vie de ce grand artiste peintre marocain, dont l’histoire est relativement méconnue, en dehors du milieu artistique.
Raconter Ahmed Yacoubi s’est imposé comme une rencontre et non comme un choix pour l’auteure Latifa Serghini. C’est en travaillant sur un autre projet lié au monde de l’art qu’elle tombera sur Ahmed Yacoubi. Dès lors, elle s’attelle à rechercher des éléments sur l’artiste peintre. Une tâche qui s’avère laborieuse compte tenu de la rareté d’archives disponibles. «Je me suis impliquée dans cette aventure car j’ai été captivée par la personnalité de ce grand peintre. Son personnage est romanesque et intéressant.», souligne l’écrivaine. Bien que la chronologie soit présente, Latifa Serghini préfère tout  de même qualifier son ouvrage de récit de vie plutôt que de biographie.
Né à Fès en 1928, Ahmed Yacoubi a connu une vie très riche. Au-delà d’être l’un des  pionniers de l’art contemporain marocain, tout en étant illettré, il a touché au cinéma, à la cuisine, écrit des contes… C’est suite à sa rencontre, en 1947, avec Paul Bowles et sa femme, écrivain et compositeur américain, qu’il réalise ses premières œuvres, une retranscription des personnages de ses contes. Bowles retranscrira par la suite ses écrits en anglais. Sa première exposition sera organisée par le couple Bowles à la librairie Gallimard à Tanger, aujourd’hui Librairie des Colonnes. L’évènement a connu un franc succès, l’artiste y a vendu 28 œuvres. En 1952, il expose à la Betty Parson’s Gallery à New York, ce qui lui ouvre les portes du marché américain. Par la suite, Peggy Guggenheim exposera 3 de ses dessins, qu’elle a finalement acquis pour sa collection privée. Une autre rencontre influencera son art, celle de Francis Bacon, grâce à qui il commencera à réaliser des peintures à l’huile. A la fin des années 60, il s’installe à New York et continue à développer sa technique singulière. A travers ses nombreux voyages avec Paul Bowles, Ahmed Yacoubi a exposé et vendu ses œuvres aux quatre coins du monde, de l’Inde en passant par le Japon ou encore le Brésil.
Latifa Serghini est pédopsychiatre et passionnée d’art. L’écriture de cet ouvrage est pour elle une façon de «contrer la culture de l’amnésie plutôt que de la cultiver». L’auteure a pour ambition de publier d’autres ouvrages afin de poursuivre cette chaîne de transmission, afin de pouvoir léguer une partie de l’histoire aux générations à venir.
Aïda BOUAZZA
 

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