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Entreprises

L’export passe aussi par les start-ups

Par Ayoub IBNOULFASSIH | Edition N°:4694 Le 26/01/2016 | Partager
Algo, PayLogic et Caciopee… témoignent
Un vrai écosystème fait toujours défaut

«Morocco is a good school but the university is Africa»-le Maroc est une bonne école, mais l’Université reste l’Afrique-, fait valoir Tarik Fadli, CEO d’Algo Consulting Group. C’était à l’occasion de la première édition du StartUp Africa Summit tenu samedi dernier à Casablanca. Algo, PayLogic ou encore Caciopee, des start-ups marocaines qui ont réussi leur pari à l’international, avec un point en commun: l’ouverture sur le marché africain.
Pour changer de dimension, il est indispensable pour une start-up de s’exporter. Et l’international ne s’improvise pas. Intégrer de nouveaux marchés requiert une réflexion approfondie sur la stratégique à mettre en place. En vue de réussir leur «scale up» -terme employé par les entrepreneurs et qui désigne «expansion»-, la plupart optent pour l’Afrique dans leur processus de développement à l’étranger. «L’Afrique est un très bon départ pour les startups désireuses de s’exporter», insiste Aissa Slimani, directeur général de PayLogic, entreprise spécialisée dans l’édition de solutions électroniques pour les banques.
Pour parvenir à s’imposer dans un environnement extrêmement compétitif, ces start-ups affrontent de nombreux obstacles d’ordre pécuniaire, réglementaire… Faute de moyens ou d’expérience, la plupart d’entre elles se montrent peu résilientes face à la concurrence rude que leur impose le marché. «Les premiers partenariats sont en général les plus difficiles à décrocher», témoigne le représentant de PayLogic lors de l’événement organisé par Start Up Maroc. Mais pour un entrepreneur, l’échec n’est qu’une phase dans le processus de réussite. Pour croître et engendrer du profit, l’entreprise doit prévoir une assise financière solide pour affronter les divers aléas lors des premières étapes de lancement en vue de devenir TPE/PME.
Un écosystème favorable à l’éclosion de start-ups innovantes, fait encore défaut. Les start-ups qui servent d’exemple à suivre, à l’instar d’Eyeris et Linkry, deux entités qui opèrent dans le domaine de l’intelligence artificielle, ont vu le jour à la Silicon Valley. «A vrai dire, nous n’aurions pas réussi à monter notre projet si nous avions été au Maroc», avoue Modar Alaoui, CEO d’Eyeris, devant une audience composée par de jeunes entrepreneurs. Ces startups ont en effet pu bénéficier de l’écosystème de la Silicon Valley. Un environnement propice à l’émergence de nouvelles ruptures technologiques. Le secret de réussite de cet écosystème réside dans le fait qu’il rassemble des banques, des fonds d’investissements spécialisés dans le capital-risques, prompts à dégainer le portefeuille. Auxquels s’ajoutent l’agglomération de fournisseurs et de services spécialisés, la disponibilité des infrastructures, en capital humain hautement qualifié. Ce qui, in fine, a favorisé l’émergence des «licornes» (voir encadré). Des startups qui ont enregistré une croissance fulgurante seulement en quelques années.
Le continent africain n’a cependant toujours pas sa «licorne». Le lancement des fonds incubateurs dans plusieurs pays africains notamment à Casablanca, à Lagos… vise à créer des véhicules d’investissements favorables à l’émergence de nouvelles structures susceptibles de booster la croissance du continent.
Afin de croître sur le marché africain, il est important de prendre en considération l’aspect culturel particulier de chaque pays. «Nous avons souvent tendance à aborder l’Afrique comme un seul marché. Or, l’Afrique c’est 55 pays différents avec chacun ses propres spécificités», relève Samir Abdelkrim, fondateur de StartupBRICS.com.

Pas de licornes en Afrique

Dans le monde du business, une licorne est une start-up valorisée à plus d’un milliard de dollars. Selon une récente étude du Wall Street Journal, le monde en compte 73, dont 50 basés aux Etats-Unis. La plupart d’entre elles n’ont vu le jour qu’après la crise de 2008. En tête du classement «Xiamo», une start-up chinoise créée en 2010. Le continent africain n’a cependant toujours pas encore sa «licorne».

A.I.L

 

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