Société

Marche des syndicats: Un flop…

Par Mehdi LAHDIDI | Edition N°:4657 Le 30/11/2015 | Partager
Le nombre des marcheurs en deçà des attentes
Plusieurs couacs de l’organisation ont miné la manifestation
Deux «grandes» grèves prévues prochainement

Occasion ratée pour les quatre grandes centrales syndicales.

Miloudi Moukharik, Abderrahmane Azzouzi, Noubir Amaoui, secrétaires généraux de l’UMT, de la FDT et de la CDT n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs en termes de participation à la marche. Ils parlent de 300.000 manifestants alors qu’ils étaient 10 fois moins (Ph. Jarfi)

L’UMT, l’UGTM, la CDT et la FDT n’ont pas réussi à mobiliser leurs militants aussi massivement qu’elles souhaitaient pour la marche de Casablanca, ce 29 novembre. Selon Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, «quelque 300.000 personnes ont défilé tout le long du boulevard Lalla Yakout jusqu’à l’intersection avec boulevard Hassan II». Un chiffre qu’il faudra cependant diviser par dix au minimum pour s’approcher de la réalité sur le terrain. De plus, d’autres catégories de manifestants se sont accaparé ce mouvement. C’est le cas par exemple de la Coordination des enseignants stagiaires qui milite pour l’emploi direct après la formation, ou l’association des infirmiers qui réclame l’instauration du système LMD. Par contre, les membres de Al Adl Wa Al Ihsan qui avaient déclaré vouloir participer à la marche n’ont pas été aperçus. Cette marche n’avait pas la seule caractéristique d’être cosmopolite, elle était aussi assez mal organisée. En plus de bousculades récurrentes (même dans le «cortège» de l’état-major, en première ligne), un photojournaliste a été agressé par un membre du service d’ordre du syndicat.
Bien entendu, les slogans se sont voulu forts comme à l’accoutumée. «Benkirane, dégage» ou encore «le gouvernement du chômage» scandaient les marcheurs. Parmi les organisations syndicales qui ont été particulièrement visibles, les syndicats de Mondelez (ex-Bimo), Maghreb Steel et l’OCP.
Les groupes ont commencé à se former vers 8h30 à la place La Victoire, à Derb Omar (Casablanca).

Entre autres corportations, la Coordination nationale des enseignants stagiaires a massivement participé à la marche. Elle profite de l’occasion pour contester deux décrets concernant l’organisation de concours au profit des titulaires de diplômes de qualification du préscolaire, du primaire, et du secondaire qualifiant (Ph. Jarfi)

La marche n’a commencé que vers 10h passées, avec l’arrivée, sous les acclamations, des secrétaires généraux des centrales syndicales.
 «Nous voulons exprimer au chef de gouvernement notre colère face à son indifférence aux revendications des employés. Il ne peut pas se permettre d’ignorer cette grande partie de la population», explique Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la FDT. Pour Moukharik, «il s’agit d’une marche contre les politiques impopulaires du gouvernement. Elle n’est d’ailleurs que le début d’une série d’actions. Elle sera suivie par la grève nationale de la fonction publique et des collectivités locales, le 10 décembre, et une autre généralisée (secteur public et privé), dont la date n’a pas encore été fixée». Les syndicats tentent surtout de dissuader l’Exécutif de continuer sa réforme de la Caisse de compensation et entamer celle de la retraite. Ils réclament également une augmentation des salaires et des pensions, la réduction de la pression fiscale sur les salaires et la levée du plafond de l’exonération sur les salaires à 6.000. Ils ont également été particulièrement virulents quant à la loi sur la grève et la relance du dialogue social, surtout au niveau sectoriel pour concevoir de nouvelles conventions collectives. Le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane a toutefois répondu jeudi dernier, lors du conseil de gouvernement, insistant qu’il n’y a pas de retour en arrière concernant les réformes.

 

Mehdi LAHDIDI

 

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