Entreprises

Rien n’arrête Uber...

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4600 Le 03/09/2015 | Partager
Rabat, Marrakech et Tanger dans le viseur
Un meilleur service, mais des tarifs beaucoup plus chers
Des bonus allant jusqu’à 2.000 DH/mois pour les chauffeurs

Après des débuts controversés à Casablanca, Uber s’attaque à Rabat. L’entreprise, qui a introduit une nouvelle conception du service de transport de la personne, compte y démarrer ses activités d’ici fin 2015. Marrakech et Tanger suivront en 2016.
«Notre démarrage à Casablanca en cette période estivale a permis d’avoir une clientèle composée surtout de MRE et de touristes internationaux, ayant déjà expérimenté la formule ailleurs», indique Meryem Belqziz, DG de la filiale marocaine. Celle-ci reste toutefois muette concernant les chiffres réalisés durant ces premières semaines d’activité. «Nous avons dépassé nos projections», se contente-t-elle de préciser.
Outre les touristes, Uber cible aussi une clientèle bien particulière: celle des hommes d’affaires. «Ceux-ci n’ont pas le temps de chercher une place de parking ou de subir les désagréments de la conduite dans les embouteillages», explique Belqziz. Uber se défend toutefois de marcher sur les plates bandes des taxis. «Nous sommes sur un marché de niche composé de gens qui n’utilisent pas le taxi habituellement», précise-t-elle. Autrement dit, Uber cible une clientèle haut de gamme, prête à mettre le prix pour un «service de qualité, rapide et en toute sécurité».
Il faut dire que les tarifs sont plutôt dissuasifs pour les clients habituels des taxis. A titre d’exemple, pour un trajet de boulevard Massira à Casa-Port (qui coûte en moyenne 10 DH), Uber peut facturer jusqu’à 40 DH, soit  4 fois le tarif!
Et pour expliquer ses tarifs supérieurs à la moyenne, la direction d’Uber évoque les «charges plus élevées pour les sociétés de transport touristique partenaires». En effet, le parc de véhicules, plus récents, consomme plus, ce qui se traduit par des prix plus chers.
En revanche, la DG de la filiale Uber à Casablanca se targue d’avoir créé un nouveau business pour les entreprises de transport touristique. «Beaucoup de nos partenaires ont recruté du personnel pour répondre à la demande croissante», affirme-t-elle. Parmi ces nouvelles recrues, certaines proviennent de secteurs sinistrés (comme le textile) ou d’entreprises ayant fait faillite. Les perspectives du gain attirent sans cesse de nouveaux profils. Et pour cause, un chauffeur qui gagne en moyenne 3.500 DH peut obtenir un bonus allant jusqu’à 2.000 DH/mois en travaillant avec Uber. Le système Uber a aussi l’avantage de permettre aux entreprises de transport d’optimiser l’utilisation de leurs véhicules et de les mobiliser en période de baisse d’activité.
Sur chaque course, Uber se réserve une part de 20% (les 80% restants vont à la société de transport). Une partie de cette commission est reversée aux chauffeurs en tant que bonus, qui peut aller de 2 à 8 DH par course.

Smart formule

Uber a trouvé la bonne formule pour réduire ses charges au minimum. Avec à peine 3 salariés, Uber Maroc est domicilié au «New Work Lab», un espace de travail collaboratif, dit «coworking space», situé au quartier Racine à Casablanca. De plus, le dispatching des courses se fait automatiquement à partir de la plateforme du siège à San Francisco (Californie) pour tous les pays du monde, dont le Maroc. La société californienne rêve de pouvoir pratiquer du «ride-sharing» (covoiturage) au Maroc. «On aimerait travailler avec les autorités pour une législation qui autorise le ride-sharing, une forte tendance qui s’imposera à l’avenir», affirme la DG de la filiale marocaine.

Aziza EL AFFAS

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