Competences & rh

Analyse/Enquête: Les salariés font grise mine

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4528 Le 19/05/2015 | Partager
Peu motivés et peu satisfaits de leur situation professionnelle, selon un sondage de Rekrute.com
Salaire, primes et bonus, ne figurent pas en tête de leurs stimuli
Ecoute, dialogue, reconnaissance et plan de carrière d’abord

Pas très rassurants les résultats de la dernière enquête de Rekrute.com

Pour motiver leurs salariés, les entreprises n’ont pas besoin de débourser de gros budgets, mais plutôt de politiques RH favorisant le dialogue, la reconnaissance et le développement des compétences

sur la motivation au travail. La moyenne attribuée par les 3.371 personnes sondées par le cabinet de recrutement à leur motivation est d’à peine 5,47/10. Qu’il s’agisse de cadres, employés ou managers, tous sont «moyennement motivés». Avec des troupes peu enthousiastes, difficile pour les entreprise d’atteindre leurs objectifs.
Chez 38% des répondants, la motivation reste stable, tandis que pour 37% d’entre eux, elle diminue. Seul un quart affirme qu’elle est en augmentation. Du côté des séniors (5 à 10 ans d’expérience), la moitié estime qu’elle est en baisse.
L’enquête s’est également intéressée au degré de satisfaction par rapport à la situation professionnelle. Là encore, 61% sont peu satisfaits à insatisfaits, notamment parmi les cadres moyens et les employés.
Pourquoi une telle morosité? Relents de crise, gel des salaires, précarité de l’emploi, déficit de management,…? L’enquête ne s’est pas penchée sur les causes de cette ambiance générale de démotivation. Mais elle s’est intéressée aux ingrédients de la motivation des salariés. Et contre toute attente, les facteurs monétaires, ce n’est pas ce qui les anime, mais plutôt «la motivation individuelle». La qualité des relations avec le management est ainsi placée en tête des 22 facteurs de motivation définis par Rekrute.com. Les salariés accordent une grande importante au sens de l’écoute et au dialogue avec leurs supérieurs. Ils évoquent ensuite la reconnaissance de leur travail, les perspectives d’évolution professionnelle, les avantages sociaux (retraite, mutuelle,…) et la stabilité de l’emploi à long terme. La rémunération fixe ne vient qu’en 9e position, après le degré d’autonomie dans l’exercice des fonctions, l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle et les relations avec les collègues. Salaire variable, primes et bonus sont classés 11e, juste après les possibilités de formation. En bas du classement, l’on retrouve le dialogue social. Seuls 31% des répondants en poste le considèrent comme important ou très important. Ce qui confirme le peu d’intérêt qu’ont les travailleurs marocains pour l’action syndicale (uniquement 3% sont syndiqués ou membres d’une organisation professionnelle, selon le HCP). La localisation géographique du travail et la prise en compte de la situation personnelle sont respectivement 20e et 21e, ce qui montre que les salariés sont prêts à faire des sacrifices, si les autres éléments de motivation sont garantis.

Les salariés et chercheurs d’emploi enquêtés sont certes démotivés, mais ils restent optimistes. 68% gardent espoir quant à l’amélioration de leurs conditions de travail pour les prochains mois
 

Auprès des chercheurs d’emploi, aussi, ce sont les facteurs de motivation individuelle qui l’emportent. Le salaire variable, primes et bonus ne sont placés qu’en 8e position dans l’ordre d’importance des critères sélectionnés. Le salaire fixe, lui, est classé 10e, après les relations avec les collègues. En revanche, les chercheurs d’emploi sont très à cheval sur les avantages sociaux qu’ils placent en premier. D’ailleurs, l’absence de protection sociale fait partie des raisons poussant les jeunes à préférer le secteur public.
A l’instar des travailleurs en poste, la relation avec le management compte beaucoup à leurs yeux. Elle est placée deuxième, suivie de la stabilité de l’emploi, de l’existence de plans de carrière, de la reconnaissance des efforts fournis et des possibilités de formation. Les chercheurs d’emploi manifestent eux aussi peu d’intérêt pour le dialogue social, classé dernier, après l’emplacement géographique du travail et les avantages en nature.
Motiver ses salariés, ce n’est donc pas une question d’argent. Grâce à des mesures simples et peu coûteuses, les entreprises peuvent garantir l’enthousiasme et l’adhésion de leurs ressources humaines à leurs projets. Il est néanmoins nécessaire d’élaborer une politique RH bien ficelée, ce qui manque à la majorité des PME…

 

Profil des sondés

Les 3.371 répondants à l’enquête de Rekrute.com sont en majorité des jeunes. 52% sont des 25-34 ans, et 25% ont moins de 25 ans. Il s’agit aussi en grande partie d’hommes (67%), célibataires (61%), en situation d’emploi (61%), travaillant dans une grande entreprise (52%, contre 34% dans des PME et 12% dans des TPE) et toujours juniors (54% justifient d’une expérience entre 1 et 5 ans). 40% sont des cadres moyens, 35% sont des employés et 21% sont des managers.

Ahlam NAZIH

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