Economie

Le Maroc à la recherche d’une nouvelle percée en Asie
DNES à Hanoï,Mohamed Ali MRABI

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4494 Le 31/03/2015 | Partager
Une délégation de professionnels en prospection au Vietnam
Des rencontres B to B pour identifier les opportunités d’affaires
Huile d’olive, TIC, produits pharmaceutiques…

Les exportations marocaines vers le Vietnam restent faibles et peu diversifiées. Seule une quarantaine d’entreprises exportent vers ce pays, qui a réussi à mieux pénétrer le marché marocain
 

Le Maroc poursuit sa dynamique d’ouverture de nouveaux horizons à ses exportations. Après l’Europe, les Etats-Unis et l’Afrique, Rabat se tourne vers les marchés asiatiques. D’où l’intérêt de la mission exploratoire, organisée par Maroc Export, hier et aujourd’hui à Hanoï au Vietnam. Surtout qu’il s’agit de marchés émergents, qui présentent de grandes opportunités au développement des exportations marocaines. En effet, le Vietnam est un marché de 90 millions d’habitants. C’est aussi un pays où la croissance annuelle du PIB atteint 6% durant les dernières années. D’où l’intérêt du déplacement d’une délégation d’opérateurs, représentant les fédérations et les associations sectorielles, présidée par Mohamed Abbou, ministre délégué en charge du Commerce extérieur. Celui-ci a souligné que cette rencontre est une occasion pour «identifier de nouveaux créneaux, à même de renforcer davantage nos relations de partenariat». D’ailleurs, ce forum d’affaires a été marqué par des séances de rencontres B to B, pour favoriser la concrétisation de partenariats entre les entreprises des deux pays. Surtout que le potentiel est énorme, et reste encore très peu exploité. Le volume global des échanges commerciaux entre Rabat et Hanoï s’élève à 151 millions de dollars. Néanmoins, la balance commerciale reste déficitaire au profit du Vietnam. Ce pays asiatique a réussi à développer ses exportations vers le Maroc, avec une progression annuelle moyenne de 54%, passant de 40 millions de dollars en 2010 à 147,26 millions en 2013. En face, les exportations marocaines vers ce pays sont passées de 2,3 millions de dollars en 2010 à 4,03 millions en 2013, soit une évolution annuelle moyenne de 20%. Hanoï a ainsi pu diversifier les produits destinés au marché marocain, notamment avec les machines automatiques de traitement de l’information, les appareils d’impression et les vêtements confectionnés. En face, les exportations marocaines vers ce pays restent peu diversifiées. Elles portent notamment sur le plastique, les produits chimiques, les chaussures, ainsi que les poissons et crustacés qui représentent près de 83% des exportations vers ce pays. Néanmoins, aujourd’hui, des opportunités sont à saisir dans d’autres domaines, comme l’a indiqué Zahra Maafiri, directrice générale de Maroc Export. Elle a cité notamment des secteurs comme les TIC, la téléphonie, les produits pharmaceutiques, les produits du terroir, l’huile d’olive, les engrais et les produits pétroliers raffinés. D’ailleurs, les responsables de Maroc Export ont tenu une séance de travail avec leurs homologues de VietTrade, afin de déterminer les secteurs dans lesquels des partenariats peuvent être concrétisés. Parallèlement, un mémorandum d’entente pour la promotion des exportations a été signé entre les deux organismes. Les représentants des fédérations et associations professionnels marocains ont mis l’accent sur les domaines où des relations win-win peuvent être nouées. Par exemple, Abdelmajid Belaiche, directeur de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique, a insisté sur les opportunités qu’offre ce secteur en termes d’exportation, en misant sur le facteur qualité. Surtout que les unités de fabrication de médicaments au Maroc ne sont opérationnelles qu’à hauteur de 40% de leur capacité, et n’exportent actuellement que 8% de leur production. De son côté, Bassma Guasmi, chef du département de promotion à l’Agence marocaine de développement de la logistique, a mis l’accent sur les infrastructures mises en place pour favoriser les relations commerciales internationales du Maroc.
De son côté, Hassan Sentissi, président de l’Asmex et de la Fédération nationale de pêche, a estimé que les opérateurs vietnamiens peuvent faire du Maroc un hub vers l’Afrique. Il a appelé les entreprises vietnamiennes à mettre en place un chantier naval au Maroc, pour la construction de bateaux de pêche pour d’autres clients africains. Idem pour les NTIC. Yassine El Bahlouli, secrétaire général de l’Association des sociétés technologiques, a affirmé que des projets peuvent être développés en commun avec des entreprises vietnamiennes, leaders dans le domaine de la production des logiciels métier.

Coopération triangulaire

Les responsables marocains et vietnamiens s’accordent à dire que les relations entre les deux pays doivent s’inscrire dans une logique win-win, dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud. Mieux, les deux pays veulent se baser sur les accords préférentiels qu’ils ont signés avec d’autres partenaires, pour déployer un mécanisme de coopération triangulaire. En effet, si le Maroc a signé 56 ALE et 23 accords préférentiels, le Vietnam s’apprête à parapher une quinzaine d’accords de même nature, dont un avec l’Union européenne. Une destination sur laquelle Rabat veut accompagner le Vietnam, comme l’a indiqué Zahra Maafiri, qui a insisté sur la grande connaissance du marché européen par les institutions et les opérateurs marocains. En face, les responsables vietnamiens ont appelé les professionnels marocains à faire de leur pays une plateforme pour atteindre d’autres marchés limitrophes.
 

 

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