Evénement

Des projets structurants pour le Sahara

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4493 Le 30/03/2015 | Partager
Des investissements de 6 milliards de DH
Plus de 10.000 emplois directs
Immobilier, BTP, tourisme, agro-industrie… les secteurs cibles

L’immobilier, le tourisme et les énergies renouvelables s’accaparent l’essentiel des 6 milliards d’investissements annoncés dans les provinces du sud
 

Laâyoune avait rendez-vous, samedi 28 mars, avec une journée historique. Comme nous l’annoncions en exclusivité dans notre édition du jeudi 26 mars, la CGEM a conduit une soixantaine d’investisseurs à Laâyoune, avec autant de projets dans leur attaché-case. La démarche du patronat intervient un an après y avoir tenu son conseil d’administration. «La CGEM est un syndicat des entreprises, qui défend l’investissement et l’emploi. Elle s’est mobilisée depuis plusieurs mois avec les hommes d’affaires des régions du sud et des autres régions du Royaume pour la réussite de cet important événement. Nous espérons que la même dynamique sera maintenue pour créer un climat favorable à l’investissement», déclare Miriem Bensalah Chaqroun.
Après avoir ouvert une antenne régionale à Laâyoune, représentant 800 entreprises locales, le patronat a procédé à l’élaboration d’une monographie pour identifier les opportunités d’investissement dans les provinces du sud. Un document qui a servi de travail pour l’organisation d’un forum économique, avec à la clé une soixantaine de projets. Immobilier, énergies renouvelables, tourisme, industrie, santé, grande distribution… pratiquement  tous les secteurs sont concernés. Les projets seront réalisés dans le cadre d’un partenariat public-privé puisque le ministère de l’Intérieur sera l’interlocuteur de la CGEM en termes de facilitation des procédures et d’accès au foncier. «Les efforts du gouvernement ont permis de mettre à niveau l’infrastructure et d’améliorer le climat des affaires dans les provinces du sud. Les projets qui seront déclinés marquent une nouvelle étape dans l’investissement privé, qui permettra le décollage économique de la région et l’émergence d’une élite locale», déclare Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, en charge de veiller personnellement sur la concrétisation des projets. Le patronat s’engage à assurer un suivi «quasi quotidien» de l’avancement des investissements, qui totalisent 6 milliards de dirhams. Un chiffre bouclé la veille du déplacement de Laâyoune. A la clé, la création de plus de 10.000 emplois.
L’immobilier, les énergies renouvelables et le tourisme se taillent la part du lion. Le plus gros projet reste celui porté par le groupe Addoha. Il s’agit de la construction de 10.000 logements dans différents segments à Laâyoune et à Al Marsa, environ 25 km plus loin, pour un montant prévisionnel de 2,5 milliards de dirhams. La construction, qui devrait démarrer dans quelques semaines, s’étalera sur une dizaine d’années et devrait générer environ 5.000 emplois. La première tranche devrait être livrée 24 mois après le lancement des travaux.
Le groupe Anouar Invest construira une unité de broyage et de conditionnement de ciment dans la région de Laâyoune pour un budget de 300 millions de dirhams. Située sur une douzaine d’hectares à Foum El Oued, Cimasud produira 500.000 tonnes de ciment par an. Cette capacité pourra atteindre 1 million de tonnes en fonction de la demande. Les travaux de construction sont prévus pour juin prochain et dureront 18 mois. La cimenterie devrait générer 170 emplois, dont une cinquantaine directe.
L’industrie n’est pas en reste. Le projet qui émerge parmi ceux annoncés consiste en la construction d’une usine de traitement des pneus usagés près de la décharge de Dakhla pour un investissement de 200 millions de dirhams. Le management de HMB Environnement, l’entreprise initiatrice, promet d’utiliser une technologie «propre» pour produire du gasoil et du noir de carbone pour l’impression.
L’agro-industrie figure également parmi les investissements annoncés par la CGEM. La holding Sanam réalisera trois projets via ses filiales Unimer, SMCA et Optifish, pour un budget global de 235 millions de dirhams dans la région de Dakhla. Le premier consiste en un complexe intégré, dédié à la valorisation du poisson pélagique. Le groupe construira également une unité pour l’élevage de mollusques bivalves. Le troisième projet porte sur l’extension d’une unité de réception, de triage et de calibrage de petits pélagiques et la mise en place d’installations de congélation. Plus de 600 emplois seront créés par la holding.
Le groupe Holmarcom, à travers sa filiale Eaux Minérales d’Oulmès, investira 60 millions de dirhams pour la construction d’une unité d’embouteillage d’eau et de boisson à Bir Guendouz, ainsi qu’une plateforme de logistique pour le stockage. L’approvisionnement en eau sera assuré par une source locale. Le projet, qui sera achevé dans six mois, devrait générer 50 emplois directs et d’autres dans la distribution. La holding profitera également du nouveau cadre fiscal spécifique à l’industrie du thé. Somathes compte lancer une unité d’importation et de conditionnement du thé pour un montant de 21 millions de dirhams. L’usine devrait employer une trentaine de salariés pour l’emballage et la distribution du thé dans les régions du sud et peut-être aussi pour exporter en Afrique subsaharienne. La capacité de production est estimée à 1.500 tonnes de thé par an. L’unité de production de thé devra jouer des coudes pour se créer une place aux côtés des opérateurs locaux. Les autres investissements seront réalisés dans le secteur de l’agro-industrie par le groupe Zine Capital Invest pour un montant global de 127 millions de dirhams. Les projets consistent particulièrement en la construction d’une minoterie nouvelle génération dans la région de Laâyoune. D’une capacité de production de 300 tonnes par jour, l’unité se spécialisera dans la fabrication de blé tendre et de son de blé. Le groupe investira également dans la réalisation d’un dépôt de stockage d’engrais et d’aliments de bétail.
Pour sa part, SECU Kleen annonce la construction de la première plateforme spécialisée dans le nettoyage industriel pour un montant de 200 millions de dirhams à Laâyoune. Guelmim accueillera sa première usine de textile. Doté d’un budget de 25 millions de dirhams, le projet est porté par la société Datma dont le siège est situé à Casablanca et devrait générer un millier d’emplois. Selon le management qui table sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 75 millions de dirhams, la production est destinée à l’export.
La réalisation d’une soixantaine de projets représente une nouvelle approche dans le développement des provinces du sud. Outre l’impact économique et en termes d’emploi, la CGEM souhaite déclencher un effet d’entraînement pour attirer de nouveaux investissements.
L’enjeu maintenant pour le gouvernement sera de clarifier définitivement le statut fiscal de la région. L’imbroglio profite à des rentiers, et reste pénalisant. «Quand un investissement étranger vient dans la région pour faire de la prospection, il réclame un texte écrit sur le régime fiscal en vigueur dans les provinces du sud. L’absence de ce texte constitue un handicap pour toute la région», précise Ahmed El Jamri, président de la Banque Populaire de la région de Laâyoune.
Les membres de la CGEM Sud réclament la création de zones franches à l’image des îles Canaries et de Nouadibou. Une mesure qui devient urgente, d’autant plus que certains investisseurs souhaitent exporter notamment en Afrique subsaharienne et pourquoi pas aux îles Canaries.
L’autre handicap qui pénalise la région concerne l’absence d’une connexion au réseau autoroutier. Les opérateurs locaux réclament la construction d’une autoroute reliant, dans une première étape, Agadir à Laâyoune, puis, dans une seconde étape, Dakhla.

De quoi éclairer une ville de 500.000 habitants

Après l’immobilier, les énergies renouvelables restent le secteur qui s’accapare les plus gros investissements. Energie Eolienne du Maroc (EEM), filiale de Nareva, vient de signer avec Attijariwafa bank, la Banque Centrale Populaire et la BMCI une convention pour le financement de l’extension du parc éolien d’Akhfennir à 202 MW contre 102 actuellement. Le projet coûtera 1,8 milliard de dirhams, dont un peu moins de 800 millions en fonds propres. Il permettra de produire l’équivalent de 400 GW, soit l’équivalent des besoins d’une ville de 500.000 habitants. L’extension du parc éolien devrait générer une centaine d’emplois pendant les travaux de construction et autant pendant l’exploitation. L’ordre de service vient d’être donné. Le chantier sera lancé ce lundi 30 mars, et durera 18 mois. Les turbines éoliennes seront fournies par le géant General Electric. «Nous sommes à notre cinquième gros investissement dans la région du sud, où nous comptons trois parcs éoliens d’une capacité globale de 450 MW, totalisant un investissement de plus de 7 milliards de dirhams», explique Adil Khamis, directeur Stratégie & Développement à Nareva Holding.

Hassan EL ARIF

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