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Tourisme: « Il ne faut jamais dire: n’ayez pas peur!»

Par | Edition N°:4447 Le 23/01/2015 | Partager

Didier Heiderich, Président de l’Observatoire International des Crises

- L’Economiste : Ebola, Daech, crise économique…2014 a été tendue pour le tourisme
- Didier Heiderich:
L’impact de ces crises sur le secteur est certain. Il découle directement d’amalgames, d’incompréhensions et de confusions qui affectent les fondamentaux du secteur. Le concept touristique fait généralement allusion aux loisirs, à la culture et à l’évasion. Il y a donc un frein quasi naturel qui se développe chez les candidats au voyage vers des destinations dites à risque. Je pense qu’il faudrait d’abord saisir toutes les nuances entourant cette notion. Il y a des risques volontaires et acceptés, des risques courants et des risques non maîtrisés. Le problème sur ce dernier risque c’est qu’elle génère de la peur. Cette appréhension crée de l’imagination négative par rapport à une destination. Face à ce cas de figure, on ne peut opposer aucun argument d’ordre rationnel. On est face à de l’émotion et de l’imagination.

- C’est peut être là où il y a la vraie difficulté de la communication de crise : influer sur le mental…
- Dans un sens oui, par ce que ça se travaille dans le temps d’inverser les perceptions. Les impacts d’un attentat dans la tête d’un touriste sont quasi instantanés. Par contre, cela prend beaucoup plus de temps à lui faire refaire le chemin inverse, pour partir d’un point A de rejet à un point B de sentiment de confiance retrouvée. Ces phénomènes sont beaucoup plus complexes quand il s’agit du tourisme. Malheureusement, cela ne se joue pas uniquement sur la publicité ou en bradant les prix. Il faut aller bien au-delà…

- Pourriez-vous être plus explicite?
- Il faudrait identifier des intermédiaires, établir des réseaux d’influences auprès des marchés émetteurs les plus stratégiques, et faire du touriste, lui-même, un porteur de message positif quand il sera de retour dans son pays d’origine. Il y a surtout une chose qu’il ne faut jamais dire : n’ayez pas peur ! C’est le meilleur moyen de créer la panique. Ensuite on peut aussi s’appuyer sur des ancrages. Il y a déjà une vraie proximité diplomatique, culturelle et historique entre le Maroc et la France, par exemple. L’idée est de capitaliser sur ces acquis partagés. Ces méthodes sont généralement plus subtiles et peuvent être complémentaires aux formules publicitaires classiques.
Propos recueillis par Safall FALL

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