Culture

Dans l’univers de Fathiya Tahiri

Par L'Economiste | Edition N°:4436 Le 08/01/2015 | Partager
Exposition de peintures et de sculptures intitulée «œuvres récentes»
A la Galerie 38 à Casablanca jusqu’au 15 janvier

Sirène (70x120x120cm), une sculpture de Fathiya Tahiri réalisée à l’aide d’un alliage de matériaux

«DECADE», ou encore décennie dans la langue de Molière, est le titre de la dernière exposition rétrospective de l’artiste Fathiya Tahiri à la Galerie 38. Depuis le 16 décembre dernier et jusqu’au 15 janvier, elle y revient avec une collection de ses «Œuvres récentes». Ses peintures et sculptures embarquent le spectateur dans un univers aux émotions diverses à travers un langage énigmatique intérieur. L’artiste pluridisciplinaire aux multiples facettes, traduit ses sentiments, ses méditations personnelles quotidiennes et ses pensées les plus intimes dans son travail. «Dans le travail de Tahiri, le mouvement, la force et la structure fonctionnent comme un motif répétitif à explorer l’art dans les détails de l’architecture. «Oscillant entre l’obscurité et la luminosité, la tristesse et le dynamisme, la vie et la mort, son travail révèle la logique interne de la matérialité et de la féminité.», souligne Pearl Lam, propriétaire de Pearl Lam Galeries à Shanghai et Hong Kong, ayant accueilli une de ses expositions. Lorsqu’elle peint en 2011 la toile «I live here» (je vis ici), c’est de la sérénité qui se dégage de l’œuvre où l’on se sent bien, une œuvre très claire où un ciel bleu surplombe des collines éclatantes de verdure. Dans ses sculptures des séries «Fourmi» et «Sirène», ou encore sur ses toiles de la série  «Collection songes et mensonges», c’est dans un monde Burtonien (du réalisateur Tim Burton), dans lequel elle plonge le spectateur.
Née en 1959 à Rabat, Fathiya Tahiri est une passionnée en herbe. Depuis sa petite enfance, elle sculpte tout ce qu’elle trouve, des bougies à la terre. Ses premiers dessins, elle les réalise à l’âge de 15 ans, sa vocation d’architecte se dessine alors. A 18 ans, elle fait ses études à l’Ecole Spéciale d’Architecture de Paris. Ces années passées dans la ville-lumière font mûrir ses travaux d’art. En 1986, elle travaille en tant qu’architecte-designer sur des grands projets à travers les villes du Maroc. En 2002, elle est invitée à exposer ses «Sculpture per il corpo» dans le «Salon Napoléonien» du Musée Correr de Venise. C’est la consécration. Les expositions s’enchaînent, de la Mostra de Venise en 2004 où elle expose une sculpture monumentale très remarquée, à la Biennale de Venise en 2005 où elle se fait connaître sur le plan international. Elle y représente le Maroc  dans sa première participation officielle à la Biennale. Ses peintures et ses sculptures arriveront jusqu’en Chine, où elle expose en 2011 au Shanghai Art Museum et en 2013 au National Art Museum of China (NAMOC) à Beijing. On retrouve également deux de ses sculptures monumentales à l’exposition «Le Maroc contemporain» à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris. Fathiya Tahiri dispose d’un musée qui lui est dédié à Rabat.

Aïda BOUAZZA

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