Entreprises

OCP: Les économies d’échelle du pipeline

Par L'Economiste | Edition N°:4373 Le 07/10/2014 | Partager
Une révolution technologique dans le transport de la roche
Les multiples leviers économiques du nouveau procédé industriel
Réduction de 90% des coûts logistiques

La station terminale du pipeline de Jorf Lasfar incarne la flexibilité de l’outil de production et sa réorientation en fonction de la demande du marché mondial

Opérationnel, le pipeline de l’OCP achemine déjà ses premières tonnes. Le Souverain a donné le coup d’envoi, jeudi dernier, à la station terminale du pipeline reliant Khouribga à Jorf Lasfar. Un investissement global de plus de 5,4 milliards de DH. Suivi de près par la communauté internationale des producteurs de phosphates, ce dispositif industriel  devra générer des économies d’échelle, améliorer la productivité ainsi que la flexibilité de l’outil de production et faire monter la chaîne de valeur du groupe OCP. La partie du pipeline de Jorf constitue le dernier maillon d’un dispositif intégré situé dans une plateforme industrielle d’envergure mondiale.
Dans sa globalité, ce chantier est qualifié par les experts industriels de «révolution technologique», dans le sens où il va révolutionner le transport des phosphates et monter en puissance en termes de valeur ajoutée industrielle. De l’avis de dirigeants de l’OCP, le pipeline vient incarner la notion de flexibilité par la réduction des coûts logistiques et l’optimisation de l’appareil de production. Tout l’enjeu de cette technologie de pointe porte sur l’évolution vers un mode de transport totalement intégré de la roche entre le site minier de Khouribga et le site industriel de Jorf Lasfar. Selon les ingénieurs du groupe OCP, «cette intégration de l’amont à l’aval de la chaîne de valeur permettra d’accompagner le doublement de capacité de la mine et d’assurer une optimisation de la flexibilité de l’ensemble de la chaîne de production et logistique». En effet, le dispositif permet de supprimer de nombreuses étapes en amont. S’y ajoute la réduction de 90% des coûts de transport et logistiques (convoyeurs, camions, traitement…). La productivité sera désormais non seulement optimisée, mais aussi modulable en fonction de la demande sur le marché international. «L’enjeu est d’orienter l’outil de production en fonction de l’offre et de la demande mondiale tant en qualité qu’en quantité et cyclicité», explique un cadre à l’OCP. Ce qui permettra de gagner en compétitivité internationale à travers une veille intelligente de la demande sur le marché mondial des commodités. La force de frappe du phosphatier résidera désormais dans  la réorientation de l’outil de production en fonction de la demande et du potentiel de marges (roche, acide phosphorique, engrais). Ce qui est censé améliorer la compétitivité et le leadership du Maroc sur le marché mondial.
Autre argument fort, le souci du respect de la composante environnementale et de l’économie d’énergie. Le pipeline aura également un impact positif sur l’empreinte carbone, puisqu’il devra réduire les émissions de CO2 de 930 Kt par an et réaliser des économies de fuel de l’ordre de 160.000 tonnes par an. L’enjeu est de réduire de 45% le coût du phosphate rendu à Jorf Lasfar.
L’entrée en service de ce nouveau procédé devra générer des économies annuelles de près de 3 millions de m3 d’eau, compte tenu de la conservation  de l’humidité naturelle de la roche. La station terminale du pipeline de Jorf a nécessité un investissement de l’ordre de 800 millions de DH et près  d’un demi-million de journées/homme pour sa conception et sa construction. Le site est configuré principalement pour recevoir et stocker la pulpe de phosphates transportée pour ensuite assurer la distribution et l’alimentation de l’ensemble des unités de valorisation du hub de Jorf Lasfar ainsi que l’unité de séchage des phosphates destinés à l’export. La station est composée d’un site dit de choc qui réduit la pression de la pulpe à l’arrivée. Elle compte également huit bacs de réception et de stockage de pulpe de 5.500 m3 chacune ainsi qu’un réseau de distribution de la pulpe qui alimente la plateforme industrielle de Jorf. La station terminale s’étend sur une superficie globale de 6 ha.
Ces nouvelles infrastructures de dernière génération viennent confirmer le rang du Maroc dans les radars du marché mondial des phosphates. Elles sont un gage de confiance et d’audace dans un contexte mondial marqué par la morosité économique et le manque de visibilité sur les investissements lourds.

Une usine aux standards internationaux!

Parallèlement au lancement du Minéroduc, le Souverain a inauguré la première usine  de production d’acide phosphorique, qui est alimentée par la pulpe provenant de la station terminale. Forte d’un investissement de 700 millions de DH, l’usine flambant neuve a une capacité de production de 450.000 tonnes d’acide phosphorique par an. Elle vient ainsi augmenter la capacité de production en acide et assurer plus de flexibilité à la production avec une nette amélioration du rendement. La nouvelle usine est composée d’un réservoir de stockage de la pulpe, de plusieurs unités d’épaississement, d’un réacteur et de quatre digesteurs. S’y ajoutent des unités de refroidissement et de lavage de gaz.  Le site de production d’acide de Jorf «répond aux normes internationales les plus strictes en termes de rejets», tient à préciser Brahim Ramadani, directeur du site.

Amin RBOUB

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc