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Les Cahiers de l'Émergence

Les études de médecine «libéralisées»

Par | Edition N°:4314 Le 08/07/2014 | Partager
Une deuxième faculté à Casablanca
L’établissement est porté par la Fondation Cheikh Khalifa
Parmi ses innovations, le système LMD, l’anglais…

Comme pour la réforme des cliniques privées, les étudiants, souvent poussés par leurs professeurs, ont manifesté pour exprimer leur opposition au projet de l’Université des sciences de la santé de Casablanca. Par méconnaissance des enjeux et par corporatisme aussi

 A partir de la rentrée universitaire de septembre, l’offre de formation sera enrichie par l’ouverture d’une deuxième faculté de médecine à Casablanca. L’Université des sciences de la santé de Casablanca est portée par la Fondation Cheikh Khalifa. Le Conseil de gouvernement du 17 avril a adopté le projet de loi 29-14, complétant la loi 12-07 relative à la création de la fondation. Cette dernière était autorisée à exploiter sa propre faculté de médecine depuis 7 ans.
Le texte, qui a été amendé pour plus de précision, est actuellement en discussion au Parlement. Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur, impatient de voir le projet de loi adopté, a demandé aux députés de lui transmettre dans les meilleurs délais leurs propositions. A peine annoncée, la nouvelle faculté de médecine de Casablanca fait déjà des remous. Manifestations et sit in, sans doute téléguidés, d’étudiants de la faculté de médecine de Casablanca n’ont pas tardé à éclater. A l’origine, une rumeur savamment entretenue par des syndicats des profs et quelques forces d’inertie sur la «privatisation de l’enseignement de la médecine». Ce qui a le don de sortir le ministre de l’Enseignement supérieur de ses gonds: «La faculté de médecine est rattachée à la Fondation Cheikh Khalifa. Elle a été créée en vertu d’une loi votée au Parlement. Par conséquent, c’est une institution de formation purement publique au même titre que les autres facultés de médecine que compte le pays», insiste le ministre Daoudi. Ce dernier affirme que l’investissement ne comprend pas de capitaux privés. Cette faculté sera le premier établissement d’enseignement créé dans le cadre d’un partenariat «public-public » et ne jouira d’aucun régime d’exception.
Les conditions d’admission seront alignées sur celles des autres établissements d’enseignement de la médecine. Elle ne servira donc pas d’échappatoire aux recalés des autres facultés de médecine. Le gouvernement gardera la main sur le contenu des programmes, qui sont inspirés des cursus internationaux. Le ministère exercera d’ailleurs ses prérogatives en matière de contrôle pédagogique et scientifique.
La faculté de médecine de la Fondation Cheikh Khalifa sera précurseur avec l’introduction d’un certain nombre d’innovations. «Outre le schéma LMD (Licence, Master, Doctorat), qui enregistre 13 ans de retard dans les autres facultés de médecine, le programme comprendra l’enseignement de la langue anglaise. Nous avons réglé également le problème du TPA (temps plein aménagé) et des plateaux de stage», précise le ministre.
De plus, la faculté devra compter un quota minimal de 20% d’étudiants boursiers. Pour les autres, des frais d’inscription seront appliqués.
D’aucuns s’attendent à une ruée des enseignants des autres facultés vers la nouvelle institution, attirés par une rémunération plus élevée. Pour prévenir d’éventuels transferts, le gouvernement a signé un deal avec la Fondation: «Nous n’allons pas détruire un établissement existant pour en créer un nouveau. Par conséquent, aucun enseignant démissionnaire des autres facultés de médecine ne pourra être recruté dans le nouvel établissement», assure Daoudi. En revanche, les portes de la faculté Cheikh Khalifa, qui sera dotée d’équipements ultramodernes, seront ouvertes aux étudiants et enseignants de l’Université Hassan II. Le ministre annonce que «cette dernière est prioritaire en 2015 en postes budgétaires et en investissement pour l’amélioration des conditions de travail». Pour la première fois de l’histoire, la faculté de médecine de l’Université Hassan II bénéficiera d’un financement de plus de 10 millions de dirhams, dédiés à la recherche scientifique. Des ressources qui tombent à pic puisque la faculté a décroché plusieurs projets dans le cadre de la consultation publique lancée par le ministère de l’Enseignement supérieur. La faculté de médecine Hassan II se positionnera dans la production des anticorps. Une convention sera bientôt signée avec l’Institut Pasteur pour l’élargissement de la gamme des anticorps produits au Maroc.

Le Maroc se positionne sur le business du savoir

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique lancera bientôt la construction de deux nouvelles facultés de médecine à Agadir et Tanger, et d’un CHU moderne à Rabat. «A travers le renforcement de notre offre de formation, le Maroc souhaite s’ouvrir sur l’Afrique. Des milliers d’étudiants veulent venir continuer leurs études au Maroc, mais il n’y a pas suffisamment de places. Il est aberrant que notre capacité d’accueil des étudiants étrangers soit limitée à 5%», fustige Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur. Ce qui réduit l’attractivité du Maroc à l’international. A contrario, la Jordanie génère plus d’un milliard de dollars de recettes par an grâce à ses universités.

Hassan EL ARIF

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