Economie

L’école veut réapprendre à lire

Par | Edition N°:4307 Le 27/06/2014 | Partager
Une étude pour déterminer les dysfonctionnements qui limitent les performances des élèves
L’analyse a porté sur le curriculum et les compétences des enseignants
L’apprentissage de la lecture dans le primaire est décisif face à la faiblesse du préscolaire

Rachid Benmokhtar, ministre de l’Education nationale, a souligné que «nous ne pouvons pas améliorer l’enseignement de l’arabe ou des autres matières, si les élèves ne maîtrisent pas les outils de lecture. C’est l’une des compétences les plus importantes que le système scolaire peut transmettre aux élèves».

LE ministère de l’Education nationale se penche sur un volet décisif pour la mise à niveau du système éducatif. Le département de Rachid Benmokhtar a organisé, hier jeudi à Rabat, une conférence pour la présentation d’une étude sur la lecture dans le primaire, en partenariat avec l’Usaid. Ceci est d’autant plus important que «nous ne pouvons pas améliorer l’enseignement de l’arabe ou des autres matières, si les élèves ne maîtrisent pas les outils de lecture», a souligné le ministre de l’Education nationale. En effet, «apprendre à lire dans les premières années du primaire est l’une des compétences les plus importantes que le système scolaire peut transmettre aux élèves», est-il indiqué. D’où l’importance de cette étude qui «nous permet de collecter les données sur la situation dans ce domaine complexe», a-t-il ajouté. Néanmoins, les éléments présentés lors de cette conférence «constituent seulement des résultats préliminaires, qui seront enrichis par les observations des professionnels», a affirmé Benmokhtar. Les résultats finaux de ces études seront rendus publics en septembre prochain.
Cette étude se décline en trois volets. Le premier porte sur l’enseignement de la lecture, à travers l’analyse du curriculum et des livres scolaires. L’objectif est de «déterminer si le programme officiel et les autres consignes destinées aux enseignants en primaire reflètent les meilleures pratiques dans l’enseignement de l’arabe». L’idée est «d’examiner les éventuels écarts entre ce programme et les connaissances récemment développées sur les approches de l’enseignement». Il ressort des résultats dévoilés qu’il est «nécessaire d’améliorer la qualité pédagogique ainsi que la présentation des manuels scolaires au niveau de l’école primaire». Car, «certaines compétences fondamentales de la lecture, comme la conscience phonémique et l’identification des lettres, ne sont pas abordées de façon suffisante dans les livres, avant de passer à des tâches plus complexes telles que la lecture des phrases et la compréhension», fait-on savoir. Pire, l’étude a aussi pointé la faible qualité visuelle des manuels scolaires, notamment en termes de choix des illustrations, la diversité des couleurs ou encore la densité des mots par page.
Cette étude s’est également penchée sur l’analyse du système de formation initiale des enseignants. L’objectif est de «découvrir comment les professeurs apprennent à enseigner la lecture dans les premières années du primaire». Les résultats soulignent que «différents facteurs limitent l’efficacité de la préparation initiale des professeurs à bien enseigner la lecture». Cela est dû notamment à «la durée relativement courte de la formation qualifiante, qui empêche l’enseignement en profondeur de la didactique de cette discipline». Pire, «il existe un écart important entre théorie et pratique qui nécessite des stratégies de rectification», est-il indiqué.
Cette étude a aussi porté sur l’analyse des perceptions et pratiques des enseignants. L’idée est de déterminer leur influence sur la pratique de l’enseignement. Il en ressort que «les professeurs ont une vision optimiste de leurs capacités à enseigner la lecture en arabe». Néanmoins, ces derniers «ne sont pas outillés pour enseigner ni dans une classe multigrade, ni dans celle à effectif élevé». Pire, «ils ne disposent pas d’une méthode unifiée et adoptée par tous. Surtout qu’ils sont contraints de s’adapter à l’environnement sociolinguistique et aux matériels pédagogiques qui s’avèrent trop difficiles pour la plupart des élèves qui ne sont pas passés par le préscolaire», fait-on savoir.

Modus operandi

L’ÉTUDE menée par le ministère de l’Education nationale, en partenariat avec l’Usaid, a été mise en œuvre par différents intervenants. Ainsi, l’ONG RIT internationale s’est chargée de la responsabilité scientifique, au moment où l’Université Al Akhawayn s’est penchée sur l’analyse des programmes et manuels. Le traitement des statistiques et l’analyse des données recueillies sur le terrain ont été effectués par le bureau d’études Varly project. L’objectif est d’identifier des pistes pour la mise à niveau des méthodes d’enseignement dans le primaire. Surtout que «le préscolaire n’est pas généralisé, les élèves sont issus de milieux très divers, et la langue d’instruction n’est pas la langue parlée à la maison».

M.A.M.

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