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jeudi 28 août 2014,
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Changement climatique
La Banque mondiale pointe les gros polluants
Les fumées dégagées par la cuisson des aliments, un danger
Elles causent chaque année la mort de 4 millions de personnes
Les experts se réunissent à Varsovie jusqu’au 22 novembre

   
Changement climatique La Banque mondiale pointe les gros polluants

L’OMBRE du typhon Haiyan plane sur la 19e conférence de l’ONU sur le changement climatique qui s’est ouverte, lundi 11 novembre à Varsovie. L’événement qui se poursuivra jusqu’au 22 novembre a pour objectif de poser les bases de l’accord attendu en 2015 sur la limitation des gaz à effet de serre (GES). La délégation marocaine est conduite par la ministre déléguée chargée de l’Environnement, Hakima El Haiti.
La communauté internationale s’est fixé comme objectif de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. «Or si rien n’est fait, la température pourrait encore croître de près de 5°C d’ici à la fin du siècle et les événements extrêmes se multiplier», ont rappelé en septembre les experts du climat du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).
Un constat partagé par les experts de la Banque mondiale pour qui «le changement climatique affecte la cryosphère, à savoir les chaînes de montagnes couvertes de neige, les glaciers étincelants et les vastes régions recouvertes par le pergélisol».
«Réduire des polluants communs tels que les suies (encore appelées noir de carbone) et le méthane permettra à la fois de ralentir le réchauffement planétaire et de sauver des millions de vies humaines», relève un nouveau rapport de la Banque mondiale sous l’intitulé: «Glaces éphémères: L’élimination des polluants peut ralentir le réchauffement climatique et sauver des vies».
«Les fumées dégagées par la cuisson des aliments à l’intérieur des habitations ont des conséquences épouvantables, et causent chaque année la mort de 4 millions de gens qui y sont exposés. En purifiant l’air, les villes deviendraient plus productives, la production alimentaire augmenterait et les enfants seraient en meilleure santé», selon Jim Yong Kim, président du groupe de la Banque mondiale.
Les signaux d’alerte se multiplient. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) avait classé la pollution de l’air extérieur comme cancérogène pour l’homme. Pour plusieurs études, l’air à Casablanca n’est plus respirable et le tissu industriel très développé ne fait qu’empirer les choses (cf. notre édition N° 3304 du 23/06/2010, Casablanca: un bien inquiétant rapport sur la pollution). Des effets qui accentuent la mortalité prématurée liée à l’exposition aux polluants.
Le rapport expose en outre les mesures qui peuvent être engagées pour ralentir la fonte des glaces. Il cite notamment «la réduction des émissions de noir de carbone des véhicules à moteur diesel et des foyers de cuisson à combustibles solides, car ces émissions diminuent la réflectivité de la neige et de la glace et accélèrent la fonte». «Si rien ne vient entraver le réchauffement climatique, les risques liés à la poursuite de l’élévation du niveau de la mer, des inondations et de la perturbation des ressources en eau augmenteront de façon spectaculaire», souligne pour sa part Pam Pearson, directrice de l’Initiative internationale changement climatique et cryosphère, qui a produit le rapport pour le compte de la Banque mondiale.

Fatim-Zahra TOHRY