Société

Opération cataracte à Casablanca

Par | Edition N°:4144 Le 01/11/2013 | Partager
500 patients de la région des Rhamna opérés jusqu’à dimanche et 1.000 d’ici fin 2013
Distribution de lunettes de vue aux écoliers de Bouarfa

UNE grande campagne d’opération de la cataracte et de distribution de lunettes de correction a été lancée cette semaine. 500 personnes sont opérées par l’équipe du docteur Mohammed Chahbi, ophtalmologue à Casablanca. La campagne est une initiative de la Fondation suisse Althea qui a pour ambition d’opérer 1.000 personnes de la région des Rhamna. «L’objectif est d’opérer 500 patients d’ici dimanche 3 novembre. Nous sommes très satisfaits de l’implication et des résultats du Dr Chahbi. Ce qui nous encourage à nous investir pour opérer 500 autres personnes d’ici fin 2013», explique Aziz Drissi, président d’Althea Maroc. Cette campagne s’inscrit dans le programme «Cataract Free Zone» du ministère de la Santé. «Ce programme a pour avantage, contrairement aux caravanes que nous menions auparavant, d’opérer un suivi des patients et de nous focaliser sur une région pour y traiter toutes les cataractes dépistées», précise le Dr Chahbi.
La région des Rhamna compte 310.000 habitants. Un dépistage préalable a été mené  entre mai et septembre auprès de la population et environ 4.000 cas ont été dépistés. L’objectif est donc d’opérer 1.000 personnes par an dans cette même région. «Il nous faudrait donc 4 à 5 ans pour venir à bout de toutes les cataractes de la région».
L’ambassadeur de Suisse a visité la clinique de l’œil que le docteur Chahbi a dédiée exclusivement à cette campagne pendant 8 jours. Selon le président d’Althea Maroc, la technique du docteur et ses compétences impressionnent.  Celui-ci opère avec son équipe dès 5 heures du matin (100 cataractes par jour), nécessitant seulement 3 minutes par opération. «Dans notre spécialité, plusieurs problèmes sont soulevés. Pas plus de 100 opérations de la cataracte sont menées par an et par ophtalmologue. C’est dérisoire ! Quand on est bien organisé et qu’on maîtrise la technique, c’est une opération qui ne prend pas plus de 3 minutes chrono ! Alors, il faut se demander si la formation est adaptée aux besoins», ajoute Mohammed Chahbi. Le spécialiste a mis en place un nouveau système de formation. Ses étudiants sont formés sur un simulateur qui vient tout juste d’Allemagne. Sur cet appareil, les mêmes sensations sont ressenties que sur un œil humain. Une révolution selon le docteur qui a lui-même acquis cette machine. Cette campagne contre la cataracte a été lancée en 2002 mais a dû prendre fin en 2006. «C’est devenu difficile de trouver des médecins volontaires. On recevait le plus souvent des médecins de l’étranger. Seulement, ceux-ci ne maîtrisent pas les techniques d’opérations de cataractes dures», explique Aziz Drissi. En effet, selon le Dr Chahbi, en Europe, il est difficile de concevoir qu’une cataracte à un stade avancé puisse être opérable. Les médecins n’y sont pas habitués, car il est très rare de laisser s’aggraver ce genre de pathologie. «Au Maroc, c’est quand on ne voit plus d’un œil et que l’autre se met à faiblir fortement qu’on pense à se faire opérer», explique-t-il.

Distribution de lunettes pour une meilleure scolarisation

EN parallèle à cette semaine de la cataracte, et en collaboration avec le ministère de la Santé (division de l’Hygiène scolaire), la Fondation Althea relance également sa campagne optique annuelle.  Dans la province de Bouarfa, les écoliers du cycle primaire sont équipés de lunettes de vue jusqu’à ce vendredi 1er novembre. Celles-ci sont fabriquées sur place et livrées le jour même ou le lendemain aux enfants. La fondation compte intégrer un volet sur l’hygiène buccodentaire afin de sensibiliser la population et apporter aussi parfois quelques soins. Des kits sont distribués aux enfants en priorité. «Les enfants sont l’avenir, c’est eux qu’il faut sensibiliser en priorité », précise Aziz Drissi.

Sanaa EDDAÏF

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc