Economie

Déchets industriels
Les usines encore réticentes

Par | Edition N°:4135 Le 21/10/2013 | Partager
1,6 million de tonnes produit chaque année au Maroc
260.000 tonnes classifiés dangereux dont 8% traités

CETTE fois c’est la première communauté en ligne dédiée aux technologies vertes et à l’environnement au Maroc, Massolia, qui tire la sonnette d’alarme. Elle dédie sa première session d’hiver de cycle de conférences, aujourd’hui lundi 21 octobre à Casablanca, aux questions de gestion et de valorisation des déchets industriels banals et dangereux (voir encadré). Ceci d’autant plus que pour la plateforme d’informations «vertes», «la valorisation de ces déchets constitue une source d’approvisionnement en matière première secondaire non négligeable, offrant un double bénéfice au profit de l’industrie et de l’environnement». En son temps d’ailleurs (octobre 2011), la Commission développement durable de la CGEM avait initié un projet baptisé Bourse de déchets industriels, soumis au Centre de production propre (CMPP). Une plateforme virtuelle permettant d’organiser l’échange de déchets via une mise en relation entre les industriels à la recherche de filières pour leurs déchets-ressources (détenteurs) et ceux à la recherche d’une matière première secondaire pour leurs procédés, les repreneurs. Un gros tapage médiatique a été battu pour promouvoir cette offre mais depuis, l’intérêt semble retomber. Ce n’est pas faute d’offre, loin s’en faut. Le Maroc produit chaque année 1,6 million de tonnes de déchets industriels traçables. Bourse de déchets ou pas, 260.000 tonnes de ces déchets sont classifiés dangereux dont 8% seulement sont traités et valorisés par Ecoval, filiale du cimentier Holcim Maroc. A ce jour, Ecoval et dans une moindre mesure le groupe français SITA sont les seuls opérateurs présents dans le Royaume sur la filière de valorisation des déchets industriels. De ce fait, ces plateformes contribuent à améliorer l’environnement, en apportant à leurs clients (industriels, tertiaires et collectivités) des solutions innovantes et performantes de gestion des déchets. Pour autant, très peu d’entreprises, surtout industrielles, recourent à leur service. La loi cadre régissant la gestion et l’élimination des déchets industriels promulguée en 2006 n’a pas changé grand-chose à la réticence des industriels. Elle instaure pourtant le principe de pollueur-payeur, que personne ne respecte bien évidemment et de la responsabilité partagée entre les différents acteurs concernés, selon la nature du déchet.
Quoi qu’il en soit, au-delà des questions de réglage et de réglementation, la prise de conscience des enjeux environnementaux est réelle. En atteste la Conférence pour le développement durable des 13 et 14 novembre prochain à Rabat, en partenariat avec l’Union pour la Méditerranée. Une rencontre qui, selon le président de la conférence, Albert Mallet, également président du Forum de Paris, doit répondre à tous les défis du développement durable. La gestion et la valorisation des déchets en font partie.

Deux types de déchets industriels

LES déchets industriels sont les rejets produits par l’industrie, le commerce, l’artisanat et les transports. Ils sont de deux catégories: les déchets industriels banals et ceux industriels dangereux. Les premiers sont en partie collectés séparément des déchets ménagers et assimilés, mais les modalités et les conditions de traitement sont les mêmes. Ces déchets ne présentent pas de caractère toxique ou dangereux et la manutention ou le stockage ne nécessitent pas de précaution particulière. Par contre les seconds exigent des modalités particulières de collecte et de traitement car ils peuvent contenir des éléments polluants. Ce sont généralement des huiles usagées, piles, accumulateurs, batteries, amiante, cyanures, mercures, chromes ou contenant des PCB (PolyChloroByphényles) ou PCT (PolyChloroTriphényls), solvants, emballages souillés, boues industrielles…

B. T.

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