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lundi 20 octobre 2014,
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Les premiers électrons verts de Nareva
Les sites Haouma et Akhfennir opérationnels
Début de livraison des turbines de Tarfaya en septembre
Des projets à 8,2 milliards de DH

   
Les premiers électrons verts de Nareva
La production du parc correspond à la consommation d’une ville de 1 million d’habitants. Le projet des 3 sites contribue à hauteur de 10% dans la réalisation de  l’objectif national d’installer 2.000 MW éoliens à l’horizon 2020 dans le cadre de la stratégie énergétique nationale

LES premiers électrons verts issus de la stratégie éolienne viennent d’être déployés. Mieux encore, ce sont les premiers à rentrer dans le cadre de la loi 13-09, promulguée en 2011, libéralisant la production et la commercialisation des énergies renouvelables au Maroc. A l’origine de cette réalisation, Nareva Holding, filiale de la SNI. Lancés en décembre 2011, les trois parcs éoliens situés à Haouma, Akhfennir et Foum El Oued disposent d’une capacité totale de 200 MW. Akhfennir est à 100 km au nord de Tarfaya, le site de Haouma surplombe le port Tanger
Med, alors que Foum El Oued est mitoyen des installations de l’OCP dans la banlieue de Laâyoune. Le projet est porté par la société Energie Eolienne du Maroc (EEM) détenue par Nareva (75%) et CIMR (25%). «Depuis janvier, des turbines tournent déjà à Haouma et Akhfennir», révèle Ahmed Nakkouch, PDG de Nareva Holding.  Cependant, il faudra attendre juin 2013 pour une mise en service totale des trois sites. Le coût global du projet est de 3,2 milliards de DH. Le financement est assuré par un mix de fonds propres apportés par les actionnaires de la société de projet et de dettes bancaires apportées. Dans le détail, les fonds propres représentent  800 millions de DH (75% Nareva et 25% CIMR) contre 2,4 milliards en dettes bancaires. Sur ce projet, Nareva a fait appel uniquement aux banques marocaines, notamment Attijariwafa bank, BCP et BMCI, avec les deux premières en tant que chefs de file. La composante locale du projet est de plus de 1,2 milliard de DH. «Les trois sites contribuent à hauteur de 10% dans la réalisation de  l’objectif national d’installer 2.000 MW éoliens à l’horizon 2020 dans le cadre de la stratégie énergétique nationale», explique Mohamed Sebti, directeur du Pôle énergie.  Le projet permettra de réduire la dépendance énergétique du Maroc d’environ 3% (sur la base de la consommation actuelle). Autre indicateur: la production du parc correspond à la consommation d’une ville d’1 million d’habitants. Cependant, le principal apport du projet est le retour d’expérience sur la loi 13-09. En fait, l’électricité produite par les trois sites est vendue par Nareva directement aux clients finaux. L’ONEE s’occupe uniquement du transport, moyennant une rémunération. La filiale de la SNI compte déjà parmi ses clients  Lafarge Maroc, Samir, OCP, Air Liquide, Sonasid et bien d’autres grands groupes.  Les ambitions de Nareva sont encore plus grandes. Le premier coup de pioche a été donné sur le projet de Tarfaya d’une capacité de 300 MW (le plus grand parc éolien d’Afrique). L’ONEE a sélectionné, en octobre 2010, le consortium Nareva/GDF Suez pour le développement du projet de Tarfaya suite à un appel d’offres international. Le projet se situe à 20 km environ au sud de la ville de Tarfaya dans la région de Tah longeant la route nationale (N1) reliant la ville de Tarfaya à Laâyoune. Tarfaya est le 4e partenariat public/privé (PPP) dans le domaine de la production d’énergie électrique au Maroc après JLEC, EET et CED. Cependant, le schéma retenu est différent des autres sites de Nareva. Pour Tarfaya, la vente de l’électricité est régie par un contrat de fourniture d’électricité conclu avec l’ONEE pour une durée de 20 ans, sur une base «Build, Own, Operate and Transfer» (BOOT). Concrètement, cela implique qu’au bout de 20 ans le projet sera la propriété de l’Office. La réalisation de la centrale de Tarfaya a nécessité la création de la société de projet Tarfaya Energy Company (Tarec), à parts égales entre Nareva et GDF Suez. Le coût du projet est de 5 milliards de DH, dont 1 milliard en fonds propres. La partie endettement est totalement convertie par des banques marocaines.  Les travaux de génie civil ont été confiés à l’entreprise marocaine Somagec. Le contrat de fourniture et de mise en service des turbines éoliennes ainsi que les travaux électriques a été conclu avec le groupement Siemens Wind Power et Siemens Maroc. Les premières turbines seront livrées dès septembre 2013.  Pour sa part, Delattre Levivier Maroc prend en charge la fabrication des tours. Le projet devra créer 500 emplois directs et indirects durant la phase de construction et plus de 150 emplois pendant l’exploitation. En termes de recrutement, Nareva dispose d’une stratégie particulière. «A compétences égales, nous privilégions le candidat local», précise Nakkouch.  Le projet contribue à hauteur de 15% dans la réalisation de  l’objectif national. La composante environnementale  est très importante.  A terme, le site de Tarfaya permettra la réduction des émissions de CO2 (gaz à effet de serre) de 900KT CO2/an. «Ces émissions évitées sont équivalentes à la quantité de CO2 absorbée annuellement par 150 millions d’arbres», tient à préciser Adil Khamis directeur Stratégie & Développement.
Sur Safi, Nareva codéveloppe avec des partenaires internationaux le projet de la centrale thermique au charbon. Ce projet est en phase de montage financier. Il nécessitera l’équivalent de 22 milliards de DH.

Carte de visite

Créée en 2005, Nareva Holding est une filiale à 100% du groupe SNI. Elle a pour mission d’assurer une présence du capital marocain, en partenariat avec des leaders mondiaux, dans les secteurs de l’énergie et de l’environnement. Cette structure d’une trentaine de personnes opère actuellement dans le domaine de la production électrique à partir des sources fossiles ou renouvelables et  de la gestion du cycle de l’eau (dessalement, transport, distribution/irrigation…). Avec une moyenne d’âge de 38 ans, le taux de féminisation de Nareva est de 50%. La filiale de SNI est pour l’instant en phase de développement.

Ilham BOUMNADE