Entreprises

Laprophan met au point un nouvel antidouleur

Par L'Economiste | Edition N°:3876 Le 27/09/2012 | Partager
Le brevet d’invention déposé auprès de 140 pays
Le laboratoire a déjà inventé 4 autres médicaments

Créé en 1949, les Laboratoires de produits pharmaceutiques d’Afrique du Nord (Laprophan) distribuent une gamme de produits qui lui est propre, composée de 70 spécialités, couvrant la plupart des pathologies

ET de 5 pour Laprophan ! Le laboratoire national vient de décrocher un 5e brevet d’invention. Une distinction portant un nouveau traitement antidouleur, associant deux principes actifs, avec un meilleur effet thérapeutique. Pour l’heure, le nom de la formulation médicamenteuse ne peut être dévoilé pour des raisons de confidentialité. En effet, le médicament ne sera pas mis sur le marché dans l’immédiat. Le laboratoire va déposer son dossier auprès de la tutelle pour l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Une procédure qui prend environ un à un an et demi.
Laprophan compte déjà 4 brevets d’invention. Il s’agit de Ixor (contre les reflux œsophagiens), Di-Indo (anti-inflammatoire), Neofortran (antispasmodique) et Levamox (antibiotique). Ces quatre médicaments constituent tous des premières mondiales, mais la palme revient à Ixor, l’unique médicament anti-reflux effervescent. «Les chercheurs du laboratoire Laprophan sont les seuls à avoir réussi à mettre au point un antiacide effervescent tout en améliorant ses vertus thérapeutiques», explique-t-on auprès du management. Autant de médicaments déjà commercialisés et recelant de nouvelles opportunités à l’export.
Sur un tout autre chapitre, les laboratoires Laprophan ont décroché une série de distinctions internationales en matière de qualité et de normes, telles que le trophée de la qualité, attribué en 1998 par le ministère du Commerce et de l’Industrie. En outre, Laprophan a été le premier en Afrique et dans le monde arabe à décrocher en 2002 l’agrément de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps) en France, reconnaissant les process de fabrication comme conformes aux BPF (Bonnes pratiques de fabrication européenne). En 2008, le laboratoire obtient le premier prix d’innovation décerné par l’Association R&D pour Ixor. Le produit a ensuite été proposé lors d’un concours international, organisé par l’Organisation mondiale de la propriété industrielle (OMPI) à Genève. Le traitement anti-reflux œsophagiens s’est vu attribuer le premier prix de l’innovation, devant Sanofi. Forts de ses multiples distinctions et certifications de portée internationale et du dépôt de ses 5 brevets d’invention dans plus de 140 pays, les laboratoires envisagent de s’attaquer à l’international. Laprophan fabrique déjà près de 200 médicaments de large diffusion, dont une partie est exportée, mais il envisage de monter en gamme. L’objectif étant de se développer à l’international via ses propres médicaments.
Le scénario n’est pas encore arrêté, mais ce sera une première mondiale. En effet, jusqu’à présent, les laboratoires nationaux avaient toujours fabriqué des médicaments sous licence. Mais dans le cas de Laprophan, ce sera la première fois qu’un industriel du Sud tentera d’exporter dans les quatre coins du monde des médicaments inventés au Maroc. Le challenge sera intéressant : quel modèle économique sera-t-il choisi par l’industriel pharmaceutique ? De plus, comme c’est une première, comment sera déterminée la valeur exacte des licences de médicaments? Serait-il plus rentable de créer des filiales à l’étranger ou de nouer des partenariats avec des multinationales ? «Tous les scénarios seront étudiés avant d’opter pour la formule la plus avantageuse», annonce le management.
Créé en 1949, et repris par Abderrahim Bennis en 1960, Laprophan reste l’un des pionniers de l’industrie pharmaceutique au Maroc. Le laboratoire emploie actuellement plus de 820 salariés. En 2011, son chiffre d’affaires s’est élevé à 130 millions de dollars (environ 1,12 milliard de DH), dont 5% à l’export. Il affiche une croissance annuelle de 10 à 15%. L’opérateur, qui distribue et fabrique des produits pharmaceutiques sous licence, a investi près de 175 millions de DH au cours des dix dernières années pour se doter d’une technologie de pointe. Laprophan exporte vers l’UE, l’Afrique et le Moyen-Orient grâce à l’agrément de l’ANSM.
Et pour accompagner son développement, Laprophan finalise les plans pour la construction d’un grand projet d’une nouvelle unité industrielle aux normes internationales avec un investissement qui dépassera les 400 millions de DH!

Laprophan filialise la R&D

LAPROPHAN consacre chaque année plusieurs dizaines de millions de dirhams à la R&D. Une mission dévolue à Promindus, une société appartenant au groupe, qui emploie une trentaine de chercheurs marocains et qui a été à l’origine de l’invention de cinq nouveaux médicaments. Promindus a pour mandat de développer de nouvelles spécialités, d’optimiser l’efficacité des molécules existantes, de préparer les dossiers des AMM (autorisations de mise sur le marché) et d’effectuer une veille internationale. L’objectif étant d’assurer une mise à jour régulière des bases de données scientifiques des laboratoires.

Hassan EL ARIF

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