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samedi 25 octobre 2014,
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M'hamid El Ghizlane
Polémique autour de l'arrachage de palmiers
Le programme national prévoit une route rurale traversant la dernière oasis du Draâ
Des dizaines d’arbres déracinés, d’autres pillés à des fins mercantiles
ONG et villageois crient au scandale

   
M'hamid El Ghizlane Polémique autour de l'arrachage de palmiers
On arrache les palmiers depuis plus d’une semaine à Mhamid Ghizlane sans se soucier de la protection des oasis

Sacré choc pour les habitants des 7 petits villages de M’Hamid El Ghizlane qui voient leur seul bien périr sous leurs yeux. Chaque jour depuis plus d’une semaine, des dizaines de palmiers sont déracinés dans l’objectif de construire une route rurale et cela malgré les nombreuses oppositions. Un projet dont la population ignorait jusqu’à l’existence et qui, pourtant, traverse les sept villages. Alors qu’ailleurs on préserve les oasis, ce projet bafoue tout simplement le règlement de protection et encourage leur destruction, estiment des associations. L’affaire a pris une telle ampleur qu’elle mobilise aujourd’hui plusieurs ONG pour la préservation de l’environnement, comme l’association Zaïla. Pour son président, Halim Sbaï, «le projet de route n’est pas critiqué, mais c’est la manière dont il est mené qui est mise en cause».
En effet, cette oasis est la dernière avant le désert. Elle démarre de Ksar Mhamid et se termine à Ouled Youssef.  «Détruire plusieurs centaines de palmiers est un crime contre l’environnement». Ce projet a été décidé soudainement sans prévenir, d’après les habitants des villages. A la direction de l’équipement de Zagora, les explications sont tout autres. Cette route est inscrite dans le cadre du programme national de routes rurales pour le désenclavement. Sa programmation a fait l’objet d’une convention avec la commune rurale qui prenait à sa charge l’indemnisation des propriétaires qui seront impactés par ce traçage.  Le président de la commune, injoignable, aurait signé le PV de convention en mai 2011, indique Mohamed Hamdi, directeur provincial de l’équipement et des transports à Zagora.  «Nous avons convenu par ailleurs de transplanter les palmier sains. Seuls les dattiers atteints de bayoud sont arrachés», insiste Hamdi.
En revanche, il n’y a pas eu d’indemnisation d’après Sbaï et des habitants de la région. Plus, personne ne s’est déplacé pour expliquer à la population locale les projets en cours. L’absence de communication et de concertation sont les premiers reproches des associations et des villageois qui soupçonnent un marché illicite confié par les responsables à des «amis entrepreneurs».  Contactés à plusieurs reprises, les responsables de la commune rurale comme ceux de la préfecture sont restés injoignables.

 

B. B.