Entreprises

Ciments du Maroc
Indusaha inaugure son parc éolien de Laâyoune

Par L'Economiste | Edition N°:3640 Le 19/10/2011 | Partager
Le site a une capacité de production de 16 GWh par an
Il fournit 80% des besoins en énergie du centre de broyage
Un investissement de 100 millions de DH

Le parc éolien réalisé à Laâyoune est destiné à alimenter le centre de broyage de Ciments du Maroc. Il peut répondre à 80% des besoins de ce centre

Ciments du Maroc inaugure officiellement son parc éolien de Laâyoune, vendredi 21 octobre. Le site est destiné à alimenter le centre de broyage local de Ciments du Maroc. Le montant de l’investissement s’élève à 100 millions de DH et la construction du parc éolien a nécessité sept mois de travaux. Ciments du Maroc a opté pour un projet clefs en main, livré par le constructeur mondial Gamesa.
Le parc éolien est doté d’une puissance installée de 5 MW et dispose d’une capacité de production annuelle, tenant compte du rendement du site, de 16 GWh. Le site peut répondre à 80% des besoins du centre de broyage en énergie. «En réalité, le parc produit plus que la demande du centre de broyage, mais pas toujours au moment où le centre a besoin de cette énergie», explique-t-on auprès du cimentier. En fait, la production d’énergie est tributaire de la puissance, mais aussi de la régularité du vent. Dans l’éolien, l’on sait qu’il y a une saisonnalité journalière et annuelle. Rappelons que Indusaha, filiale de Ciments du Maroc, possède deux centres broyeurs à Laâyoune. Par conséquent, «il y a un excédent de production vendu à l’Office national d’électricité et un besoin complémentaire racheté à l’Office», explique une source à Ciments du Maroc.
Le parc éolien est entré en service en juillet 2011, mais c’est la première fois qu’il sera officiellement dévoilé.
L’industrie cimentière est connue pour être énergivore. Par conséquent, ce n’est pas la première fois qu’un cimentier réalise un projet destiné à alléger sa facture énergétique. Lafarge a été pionnier à ce niveau, en construisant un parc éolien à Tétouan. Un projet considéré en son temps comme une première mondiale.
Le choix de l’énergie éolienne comme solution d’appoint s’inspire un peu des moulins à grains, qui fonctionnaient au vent. Il est donc naturel de «faire fonctionner des broyeurs de clinker à forte consommation électrique avec l’énergie du vent». L’image sied donc parfaitement aux broyeurs d’Indusaha. Un centre doté d’un volume de production de 500.000 tonnes, avec une capacité de 12 GWh par an, appelée à augmenter en fonction de la consommation de ciment. 80% de cette énergie est désormais fournie par le parc éolien. Ce qui permettra de réduire la facture énergétique d’Indusaha, qui s’élève à 15 millions de DH par an. De plus, cet investissement permettra d’épargner près de 11.800 tonnes de CO2 par an ainsi qu’une quantité équivalente d’énergie électrique pour les besoins de la région.
Ciments du Maroc ne compte pas se limiter au parc éolien de Laâyoune. «En partenariat avec Italgen, filiale d’Italcementi Group, spécialisée dans la production d’énergie, Ciments du Maroc envisage de poursuivre le développement des énergies renouvelables et accompagner le plan marocain d’énergie éolienne», explique le management.
La stratégie éolienne du Royaume vise à porter la puissance électrique installée à 2.000 MW à l’horizon 2020.
«A terme, Italcementi Group prévoit d’assurer environ 30% de la consommation de sa filiale Ciments du Maroc en énergie propre et d’accompagner la stratégie nationale de développement des énergies renouvelables à travers d’autres projets». D’ailleurs, plusieurs études sont lancées. L’objectif étant d’atteindre, à terme, une capacité de 50 MW pour les besoins de Ciments du Maroc et pourquoi pas d’autres partenariats à travers Italgen avec des industriels marocains.
Les promoteurs des projets de production d’énergie propre peuvent effectuer une démarche de certification pour bénéficier du crédit carbone dans le cadre du protocole de Kyoto. Pour le cas des éoliennes installées par Ciments du Maroc à Laâyoune, la capacité n’est pas encore suffisante pour justifier les frais de certification. Mais le processus pourrait être envisagé pour les extensions futures.

Hassan EL ARIF

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