International

Zone euro: Petit coup de mou pour la croissance

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5327 Le 02/08/2018 | Partager
L’effet des tensions commerciales au 2e trimestre 2018
L’inflation accélère, selon les estimations d’Eurostat
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Une reprise fragile, un chômage en baisse, une inflation en hausse… c’est le tableau dressé par l’Office européen des statistiques, Eurostat, pour le deuxième trimestre 2018. Pour de nombreuses institutions internationales comme le FMI, les tensions commerciales pourraient faire chuter les prévisions

La croissance dans la zone euro (principal partenaire commercial du Maroc) a enregistré un coup de mou au deuxième trimestre 2018. Elle est visiblement affectée par les inquiétudes liées aux tensions commerciales.

D’avril à fin juin, le produit intérieur brut (PIB) pour l’ensemble des 19 pays ayant adopté la monnaie unique a crû de 0,3%, après 0,4% au premier trimestre, selon une estimation provisoire de l’Office européen des statistiques, Eurostat. Cette décélération à laquelle ne s’attendaient pas les économistes laisse à penser que la conjoncture s’est déjà quelque peu refroidie après l’excellent cru de la fin 2017.

Pour de nombreux observateurs cités par l’agence AFP, si «l’impact de ces tensions sur les exportations a été encore relativement faible au deuxième trimestre, il a été important sur le sentiment de confiance des entreprises comme des consommateurs». Ce qui a conduit à de moindres investissements.

Toujours selon une estimation provisoire d’Eurostat, l’inflation en zone euro a accéléré à 2,1% en juillet 2018. Elle est dopée par la cherté de l’énergie (+9,4% en juillet, contre +8% en juin). Ce chiffre, qui dépasse légèrement l’objectif fixé par la Banque centrale européenne, est un peu plus élevé que ce qu’escomptaient les analystes.

Ces derniers tablaient sur un chiffre identique à celui de juin: 2% (un taux considéré comme un signe de bonne santé de l’économie par la principale institution monétaire de l’UE).

Quant à l’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac, qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils), elle a aussi accéléré en juillet: +1,1%, contre 0,9% en juin.

«La BCE met en place aujourd’hui des taux d’intérêt réels négatifs en maintenant des taux d’intérêt nominaux très bas malgré le redressement de l’inflation de la zone euro», indique Natixis dans sa note économique «Zone euro: quels effets des taux d’intérêt réels négatifs?».

D’après ses experts, «l’institution de Francfort n’est certainement pas néo-fisherienne, car si elle l’était, elle penserait que sa politique va conduire à un retournement à la baisse de l’inflation». Aussi, «la BCE partage certainement la vue que les taux d’intérêt réels négatifs vont contribuer à la poursuite du redressement de l’investissement».

La Banque centrale européenne prévoit une sortie progressive d’ici fin décembre 2018 du QE (Quantitative Easing, assouplissement quantitatif).

Il s’agit du rachat massif de dettes publiques et privées, qui passera par une décrue de son rythme entre octobre et décembre, à 15 milliards d’euros mensuels contre 30 milliards actuellement.

Annoncé en janvier 2015, l’assouplissement quantitatif a permis à la BCE de déverser près de 2.500 milliards d’euros de liquidités sur le marché pour favoriser le financement des ménages et des entreprises afin qu’ils stimulent la croissance et l’inflation.

Le chômage au plus bas

Dans la zone euro, le taux de chômage s’est établi à 8,3% en juin 2018, stable par rapport à mai et en baisse par rapport au taux de 9% de juin 2017. Cela demeure le taux le plus faible enregistré depuis décembre 2008, indique Eurostat. Dans l’UE28, le taux s’est établi à 6,9% en juin, également stable par rapport à mai et en baisse par rapport au taux de 7,6% de juin 2017. Il s’agit du taux le plus faible enregistré dans l’Union depuis mai 2008.
Parmi les Etats membres, les taux de chômage les plus faibles en juin 2018 ont été enregistrés en République tchèque (2,4%) et en Allemagne (3,4%). Les taux les plus élevés ont quant à eux été relevés en Grèce (20,2% en avril 2018) et en Espagne (15,2%). Sur un an, le taux de chômage a baissé dans tous les Etats membres. Les baisses les plus marquées ont été observées à Chypre (de 11% à 8,2%), au Portugal (de 9,1% à 6,7%), en Croatie (de 11,1% à 9,2%), en Estonie (de 6,8% à 4,9% entre mai 2017 et mai 2018) et en Espagne (de 17% à 15,2%).

 

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