Economie

Enseignement supérieur: Le système LMD déçoit

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5327 Le 02/08/2018 | Partager
L’accès aux masters publics limité, et le secteur privé trop cher
L’ISGA plaide pour la réactualisation de la loi 01-00
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L’évaluation de l’enseignement supérieur fait aujourd’hui  l’objet d’un rapport préparé par l’Instance nationale d’évaluation du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). Sa publication se fera probablement lors de la prochaine rentrée (Ph. L’Economiste)

Le système LMD (Licence-Master-Doctorat) introduit en 2003 semblait être une révolution. Il a, par exemple, favorisé le développement d’une offre d’enseignement supérieur, public/privé, complémentaire. Il a aussi permis au secteur de se conformer aux standards internationaux et de promouvoir la mobilité des étudiants. 

Toutefois, ce concept censé mettre en place un système modulaire, où l’étudiant a la possibilité de choisir des modules en fonction de ses «aspirations» et objectifs d’apprentissage, peine à atteindre ses objectifs. C’est le constat ressorti de la table ronde organisée récemment à l’Institut supérieur d’ingénierie et des affaires (ISGA), sous le thème: «Le système LMD au Maroc et les défis de la poursuite des études».

Aujourd’hui, après la licence, les étudiants ont le choix entre les Masters des universités publiques. Toutefois les places y sont limitées. Et faute de moyens, très peu de jeunes titulaires de licences se dirigent vers le privé, qui d’ailleurs, voit le nombre de ses effectifs diminuer. «Nous captons à peine 4,5% des bacheliers, alors qu’en 2009 nous en étions à près de 11%», précise Mohamed Diouri, fondateur de l’ISGA.

Par ailleurs, l’absence d’arsenal juridique régissant la formation continue décourage les entreprises à accompagner leurs collaborateurs dans le développement de leur carrière. En effet, selon le ministère de l’Education nationale la part des entreprises souscrivant aux Contrats spéciaux de formation (CSF) et le nombre de salariés qui en bénéficient est en stagnation.

Seules quelque 1.100 entreprises y souscrivent à ce jour (dont 48 établissements publics), soit 1,2% des entreprises affiliées à la CNSS. 391.553 salariés en profitent (dont 61.742 relevant du public), soit 10% du total des travailleurs déclarés.

La mise en place de ce système n’a pas été accompagnée des moyens financiers, logistiques et humains nécessaires. «La tutelle manque de moyens pour la mise en place de ce système, et elle le dit clairement», appuie Mohamed Diouri, fondateur du groupe ISGA.

Il est temps d’avoir une nouvelle réforme dans le secteur de l’enseignement supérieur, espère-t-il. Des changements doivent s’opérer pour démocratiser l’accès à l’enseignement pour tous. Cela devrait passer par la réglementation des formations continues, à distance et en alternance. «Cette loi est devenue obsolète, il faut la réaménager. Nous sommes conscients qu’il est plus facile de mettre en place un nouveau texte que d’en modifier un déjà en vigueur», indique Mohamed Diouri.

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, avait bien lancé la révision de la loi 01-00 avant de céder son fauteuil au ministère. Toutefois, la réforme ne pourrait aboutir avant l’adoption du tant attendu projet de loi cadre pour l’enseignement.

T.E.G. & S.B.E.

 

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