Dossier Spécial

Marche Verte/Provinces du Sud: 77 milliards de DH engagés

Par L'Economiste | Edition N°:5141 Le 03/11/2017 | Partager
La réalisation du programme d’investissements dépasse 40%
Des projets livrés, d’autres en cours
Une unité de production d’engrais et de produits chimiques déjà lancée
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La construction du nouveau port de Dakhla fait partie des investissements stratégiques de ces dernières années. L’idée est de renforcer les capacités existantes et l’attractivité économique de la région (Ph. dakhla-lagouira.ma)

Depuis la récupération du Sahara, le Maroc a opté pour le développement. C’est ainsi que les pouvoirs publics se sont engagés dans des investissements colossaux destinés à financer les infrastructures publiques. Pendant longtemps, la part apportée par le secteur privé était très limitée dans cette région.

Le grand tournant a été marqué par la mise en place du modèle de développement des provinces du Sud, avec un budget de 77 milliards de DH à réaliser au cours de la période 2016-2021, annoncé par le Souverain lors de sa visite à Laâyoune en 2015. Avec les engagements de cette ampleur, le Maroc veut faire des provinces du Sud une plateforme d’échanges avec l’Afrique subsaharienne.

La construction de la voie expresse atlantique vise à développer la connectivité de cette région avec le reste du Maroc. Les conventions de réalisation pour ce projet comme pour les autres, ont été signées sous la présidence du Souverain lors de ses deux dernières visites au Sahara marocain. Depuis ce programme qui a donné de la visibilité au monde des affaires, plusieurs entreprises du secteur privé se sont engagées dans une dynamique avec une soixantaine de projets d’investissement et une enveloppe de plus de 6 milliards de DH.

Pour les investissements publics, il est hors de question de lanterner dans la réalisation. On l’a vu, depuis une quinzaine de jours, avec la destitution de quatre ministres et le bannissement de cinq autres de l’ancien gouvernement, aucun responsable public ne se hasardera à jouer avec le feu. D’autres hauts fonctionnaires, au moins 14 dans un premier lot, devront passer à la trappe.

Le Chef du Gouvernement met les dernières touches avant de rendre  publique la «liste des contrevenants». Son ministre de l’Intérieur a été chargé par le Roi de lancer les investigations au niveau de l’administration territoriale. Donc, il est recommandé de ne pas badiner avec les programmes dont les conventions sont signées devant le Souverain.

Pour ce qui concerne la mise en œuvre des projets arrêtés dans les trois régions du Sahara, Abdelouafi Laftit, qui s’est rendu sur place en septembre, est formel. «Le taux de lancement effectif global des travaux a dépassé 40% pour les trois régions et plus de 50% dans celle de Laâyoune-Sakia-El Hamra, ce qui illustre que le processus d’intégration économique et sociale est irréversible .

Le ministre a fait cette déclaration à l’issue d’une réunion du Comité de pilotage et de suivi de la mise en œuvre  du nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Plus de 30 projets sont achevés pour une enveloppe de près de 3 milliards de DH. C’est le cas du renforcement du réseau de l’eau potable et l’assainissement liquide à Dakhla. A Boujdour, le renforcement de l’eau potable se fait via le dessalement de l’eau de mer. Quant au site d’énergie éolienne à Akhefennir, il a été livré, pour un coût de 1,6 milliard de DH.

Les pouvoirs publics poursuivent la réalisation de 161 projets pour un coût de 30 milliards de DH. L’un des plus importants concerne les deux unités industrielles d’extraction et de valorisation des phosphates. Toutefois, dans le programme de développement des provinces du Sud, une composante a trait à l’exploitation des ressources naturelles locales. En effet, il s’agit de la valorisation, sur place, du phosphate de Phosboucraâ.

L’investissement retenu intègre toute la chaîne de production depuis le site minier jusqu’à l’exportation du produit. Cela se fera grâce à un investissement de 16,8 milliards de DH. Il s’agit de mettre en place les unités de fabrication des engrais et des produits chimiques. En outre, l’OCP dotera la région de Laâyoune d’une technopole à Foum El Oued, dont les travaux ont été lancés par SM le Roi en 2016. Il s’agit aussi d’une cité du savoir et de l’innovation, pilotée par la Fondation Phosboucraâ dont la vice-présidente n’est autre que Hajbouha Zoubeir. L’investissement s’élève à 2 milliards de DH et permettra la création de 1.200 emplois à l’horizon 2022.

Des projets de grande envergure comme le projet de port atlantique de Dakhla d’un coût de 6 milliards de DH. D’autres sont relatifs à la valorisation des petits pélagiques et l’agriculture, avec la création de plusieurs milliers d’emplois.

La voie express en chantier

La réalisation de la voie express Tiznit Dakhla, sur une longueur de 1.055 km, nécessite la mobilisation de 8,5 milliards de DH. C’est un projet d’infrastructure phare sur lequel les pouvoirs publics concentrent les efforts. En effet, au Ministère de l’Equipement, une structure chargée du suivi de ce projet a été mise en place. En fait, entre Tiznit et Laâyoune, il faudra réaliser cette voie de 555 km, avec la mobilisation de 6,2 milliards de DH. Mais entre cette ville et Dakhla, il s’agira d’élargir et de renforcer la liaison existante sur 500 km qui devra coûter 2,3 milliards de DH. 

 

 

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